"Tu as craint longtemps que les baisers, même parcimonieux, que tu te résolvais toujours difficilement à leur donner, fussent des douceurs empoisonnées, ne continssent de la mort, une mort invisible que tu aurais inoculée sciemment." Alors que l'épidémie de sida fait des ravages, Christophe Bourdin apprend sa séropositivité. Il n'a pas encore trente ans. Étudiant en lettres, bientôt professeur, il est habité par le désir d'écrire. Dans le roman et les pages du journal, il raconte la crainte de la maladie, puis la maladie elle-même. L'auteur s'y donne tout entier, sans rien cacher. Le livre, l'un des premiers grands textes littéraires sur le sida, forme une prouesse d'écriture inouïe, dont la structure épouse le cours du temps. Celui des hypocondries, d'une vie qui bascule l'air de rien. Celui de l'agonie, racontée sans détourner le regard. Et le "temps du rêve", pourtant sans futur. Dans la veine d'Hervé Guibert, le texte est à la fois récit d'apprentissage, vision d'une souffrance qui arrache le coeur et souvenir d'une mémoire commune.
je suis à deux doigts de lire Heartstopper car ça devient dur d'enchaîner les histoires de P🎲 qui meurent du sida 😭😭😭
sans blaguer, ce livre est génial par la forme. l'effort faire sur la construction, les emplois grammaticaux, les pronoms qui se succèdent dans les différentes parties etc. j'ai rarement lu livre aussi bien écrit sur la période.
Le fil est un roman extrêmement impressionnant sur tout ce qui relève de la forme: la structure en trois parties, mettant de l’avant chacun un temps de verbe et une personne pronominale distincts rendent l’œuvre surprenante et novatrice. La prose y est aussi superbe, avec ses longues phrases élaborées (mais très lisibles). J’ai trouvé les première et dernière parties exceptionnelles: la première montre d’une manière si émouvante la réalisation de la maladie et l’état psychologique de celui qui se découvre malade; tandis que la dernière, très courte, est une uchronie lyrique, une rêverie, une poignante description d’une vitalité et d’une beauté volées par la maladie. Malheureusement, la deuxième partie m’a considérablement moins plu: je l’ai trouvée trop longue, répétitive et beaucoup moins captivante. Ce n’est cependant pas cette petite déception qui m’empêcherait de recommander le roman.
4/5 Une bonne surprise. Mon ami me l'a prêté et chaudement recommandé mais le sujet me faisait hésiter (dès qu'un livre parle de thématiques un peu difficile ou triste, je recule). Et finalement, j'ai beaucoup aimé. Essentiellement en raison de cette belle écriture. Je suis très partiale aux répétitions.