Une chaîne de Markov est un processus mathématique dont se servent les météorologues, les physiciens pour prévoir des changements à partir de l'observation du présent. Ainsi Ezra, jeune enseignant en mathématiques, pense-t-il anticiper les aléas de sa vie amoureuse en appliquant ces calculs au couple qu'il forme avec Ève. Leur histoire est récente, encore pleine d'incertitudes, de maladresses, qui sont attisées par leur éducation dans des milieux culturels différents. Les parents d'Ezra sont des Juifs ashkénazes qui exercent la médecine à Montpellier. Ceux d'Ève appartiennent à la vieille noblesse de Besançon et ils sont très attachés à leur patrimoine familial. Lassé d'enseigner, Ezra décroche un emploi rémunérateur de consultant pour le gouvernement, tandis qu'Ève continue d'être professeure de français. Les écarts entre leurs modes de vie exacerbent les tensions, alors même qu'ils envisagent d'avoir un enfant. La théorie mathématique pourra-t-elle aider Ezra à surmonter les divergences avec Ève et éviter la dislocation de leur histoire d'amour ? Dans ce premier roman traversé par une ironie désopilante, l'auteur fait le portrait d'une génération confrontée à des injonctions contradictoires - épanouissement, générosité, cynisme, corruption - et qui cherche par tous les moyens à tenir en équilibre. En lire moins
J’y connais rien aux maths, mais après la lecture de ce livre j’ai l’impression que les chaînes de Markov sont une théorie selon laquelle si vous amenez votre petite copine en vacances dans trop de plans foireux, elle vous quittera éventuellement.
Il y avait des choses intéressantes dans ce livre houellebecquien, mais sans que les idées soient parfaitement approfondies, sans qu’on s’attache aux personnages (soit trop caricaturaux, soit tête à claques). Ca se lit vite, ça n’est pas désagréable, mais n’est pas Houellebecq, Abel Quentin ou Gaspard Koenig qui veut. Reste que ce premier roman a quelque chose d’honnête (un peu autobiographique) et que l’auteur pourrait avoir des choses à dire dans un prochain roman
Bien qu’on ne voit pas très bien ce que les chaines de Markoff viennent faire dans cette histoire, la lecture de ce roman sentimental reste très plaisante. Mais c’est probablement dû à notre ignorance en matière de mathématiques. Par contre, pour ce qui est des histoires d’amour, celle-ci est originale, honnête et donc pleine de sentiments.
Rien ne marche dans ce roman terriblement décevant, dans cet horripilant ratage.
L'argument d'une science des sentiments tout d'abord. Les chaînes de Markov sont en effet ici prises comme prétexte à analyser les relations humaines en termes de structure, où chacun serait déterminé par sa place au sein du système ; ainsi, de la famille d'Eve, ou chacune des trois filles s’empare du rôle social laissé vacant par son aînée. C'est faire preuve d'une inculture psychologique crasse, fort dommageable à quiconque se pique de faire œuvre de romancier, à l'heure où toutes les méta-analyses confortent inéluctablement les déterminations très majoritairement génétiques du tempérament. En outre, la prétention d'utiliser les chaînes est mensongère dès l'amorce, puisque les systèmes humains étudiés sont, par essence, riches d'une histoire qui fait peser son lot de déterminations elle aussi. Mais le texte est tellement sec, tellement pauvre pour tout dire, que ses personnages sont en effet presque entièrement dépourvus de passé.
Une autre grave faiblesse de l'auteur est que, outre qu’il est dépourvu de la moindre notion de psychologie différentielle, il semble également manquer de toute épaisseur littéraire. Si son récit est bref, ça n'est pas le fait d'un élagage au terme duquel dégager une langue cristalline ; c'est, bien plutôt, porté par la conviction spécieuse d'être irrésistiblement spirituel, parce que Selcer est incapable de caractériser un personnage ou de donner chair a une scène. Dans sa construction maladroite, les amants sont diaphanes, et il consacre sans doute davantage de pages au navrant oncle Robert qu'a son anti-héros Ezra, tête-à-claques falot.
La dimension sociologique, enfin, est tout aussi fautive. Selcer prétend motiver par un conflit de classe l'incompatibilité d'Eve et d'Ezra. Celui-ci, fils de médecins, enseignant en prépas et vraisemblablement agrégé, d'une judéité certes diluée, serait censément écrasé par le catholicisme solide et l'enracinement provincial de sa maîtresse, enseignante en lycée par sacerdoce. On a plutôt le sentiment de la confrontation d’un connard et d’une chieuse. Ou encore, l’auteur met fugitivement en scène la honte nationale que fut le mandat présidentiel de François Hollande - comme s'il s'agissait d'une irrévérence romanesque folle, que la moitié de la scène littéraire française n'avait pas déjà traitée depuis dix ans.
Noham Selcer est vraisemblablement très diversement doué - on nous l'apprend suffisamment dès les premières lignes de toutes ses notices biographiques. Mais être Solal ne fait pas de vous un Albert Cohen ; qu'il retourne enseigner les maths, ou que sais-je.
Un peu comme Pourchet, c’est sec drôle et bourgeois. J’aurais bien aimé plus de liens mathématiques encore, ici c’est encore peut-être un peu trop un prétexte
Pas toujours inspiré, parfois très juste, sur le rapport entre les chaînes de Markov et le destin d'un couple notamment. Style agréable, j'ai apprécié ma lecture.