« Entre l’Irak et l’Ukraine, j’ai noirci des centaines de calepins dans une quarantaine de pays. En bouclant ma valise, la question m’a parfois traversé l’esprit. J’y vais ou pas ? Bagdad, Kaboul, Tripoli, Raqqa, Bakhmout. Est-ce que ça vaut le coup ? Chaque fois, la conclusion est la même : j’y vais. Parce que la place d’un reporter est sur le terrain. Et parce que c’est ce que j’ai toujours voulu faire. »
Entre la guerre d’Irak, en 2003, et l’invasion russe en Ukraine, en 2022, la journaliste Isabelle Hachey a réalisé des reportages fouillés aux quatre coins du monde, notamment sur l’esclavage moderne en Mauritanie, la destruction à grande échelle des fœtus féminins en Inde ou les ravages du volontourisme au Cambodge.
Journaliste d’enquête, elle a démasqué de célèbres impostures, des reportages inventés de François Bugingo à la vie romancée du chef Giovanni Apollo. Quand la pandémie de COVID-19 a frappé, au printemps 2020, elle s’est enrôlée dans un CHSLD durement touché afin de prêter main-forte au personnel décimé.
Avec finesse, sensibilité, humanité et rigueur, elle n’hésite pas, à titre de chroniqueuse, à aborder des sujets de société qui font polémique – la liberté académique, l’influence des média sociaux et les dérives du mouvement de dénonciations #MoiAussi – pour le plus grand bonheur des lecteurs de La Presse
4 étoiles, sauf pour l'inclusion dans le livre de la section « Guerres culturelles ». Le torchon sur Julien Lacroix avait gâché ma matinée quand il est sorti, pas besoin de le relire. On doit se rappeler que ce n'est pas parce que certaines victimes se sentent mal d'avoir dénoncé que les gestes n'ont pas été posés, que les autres victimes se rangent de leur côté. Le gars a avoué en plus et on repassera sur son comportement en entrevue et sa grosse non-réflexion. Il peut très bien travailler dans l'ombre comme il a fait lors des dénonciations, pas besoin de revoir sa face partout.
Ps: Rappel que Marie-Ève Tremblay, qui a collaboré avec Hachey pour ce pamphlet anti-metoo, est amie avec la blonde à Lacroix. On jase.
Ce livre contient quelques-uns des articles de fond que la journaliste Hachey a publié durant sa carrière. Elle mène une vie passionnante au milieu de la misère du monde, ses premiers reportages portent sur l'adoption québécoise d'enfants haïtiens (une adoption pas toujours kosher), le génocide des Tutsis au Rwanda et la période de paix qui, depuis, suit les violences, une paix fragile bâtie sur un volcan prêt à faire irruption. Ce sont des reportages intenses, elle analyse ensuite l'affaire Julien Lacroix, pour clore cet excellent livre avec une série de reportages sur la guerre actuelle en Ukraine.
Il se publie trop peu de ce type d'ouvrages au Québec. À lire.