La Prusse vient de déclarer la guerre à la France. Du haut de ses douze ans, Jean s'enthousiasme avec sa famille d'une guerre à venir. Chacun d'eux l'assure : l'armée française est glorieuse, et jamais les prussiens n'en viendront à bout. Mais à la grande surprise de Jean, les valeurs patriotiques de sa famille changent de camp à l'approche de l'envahisseur victorieux. Prêts à verser leur sang jusqu'à la dernière goutte pour la France quand l'ennemi était encore aux frontières, ils admirent désormais la discipline des prussiens. Il n'hésitent pas non plus à commercer avec le nouveau maître des lieux, et d'obtenir à coups d'hypocrisie quelques avantages personnels...
Inspiré par ses souvenirs d'enfant au moment de la guerre franco-prussienne de 1870, Georges Darien révèle la France en pleine occupation, ainsi que ses conséquences sur la nature humaine : collaboration, enrichissement illicite, dénonciations, jugements hâtifs...
Georges Hippolyte Adrien, French author, playwright and anarchist.
Georges Darien (1862-1921) est un écrivain français connu pour ses tendances anarchistes et antimilitaristes. Ayant lui-même connu les camps disciplinaires lors de la guerre en Tunisie en 1883, la majorité de ses œuvres sont marquées par la haine de l’hypocrisie, de l’injustice et de la violence gratuite. Admiré par Alfred Jarry, Alphonse Allais et plus tard par André Breton, Georges Darien est un des auteurs fondateurs du mouvement libertaire. Ses ouvrages les plus populaires sont : « Le Voleur », « L’Épaulette » et « Biribi, discipline militaire ».
Un enfant, depuis Versailles où il vit, conte sa guerre de 1870. C'est drôle et terrible dans sa description de la lâcheté bourgeoise patriotarde et sa capacité à tout défendre successivement par cupidité et opportunisme. Vive Darien !
Une histoire illuminante d'une guerre un peu oubliée, la guerre Franco-Prussienne de 1870. Les résidents de Versailles sont pris entre deux belligérants: la Prusse de Guillaume I (la marionnette de Bismarck) et le Second Empire de Napoléon III (l'incompétent)... euh, et la Troisième République.
Presque tous les citoyens sont 'patriotiques', ce qui veut vraiment dire qu'ils et elles ne sont que des perroquets de voisins peu enclins à considérer un sujet si mal compris. Le problème est que les dirigeants ont les mêmes faiblesses humaines que les gens ordinaires: avares, stupides, égoïstes, malhonnêtes et cruels.
Quelques choix de Darien sont décevants: prose ordinaire pour un événement si important de l'histoire et certains personnages non développer (dont père Merlin). Le commentaire sur l'impôt du sang et les nombreux sourires cyniques pendant les discussions sur les motivations des Versaillais ajoutent de la valeur à une histoire fâcheusement banale.