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Vivre sans: Une philosophie du manque

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Le manque est au coeur des relations humaines et de la pensée, de l’économie et de la recherche, du désir et de la quête, de l’attente et de l’espoir. Peut-on réellement s’en passer ? Qu’appelons-nous au juste « manque » ? Nous pouvons manquer d’une chose, nous pouvons manquer de sens, nous pouvons manquer à quelqu’un ou quelqu’un peut nous manquer.
Ce manque a trouvé son expression dans un terme devenu incontournable en marketing : le « sans ». Sans sucre, sans gluten, sans lactose, sans calorie, sans nicotine, sans adjuvant, sans huile de palme, sans colorant, sans contact : par un tour de passe-passe extraordinaire, nous avons su transformer l’absence en valeur, le manque en objet de convoitise.
Et si, sous cet angle, nous pouvions relire l’histoire de la pensée, entre plein et manque, désir et néant ? Et si l’histoire de nos sociétés de consommation révélait en creux une autre histoire, celle de la métaphysique de nos temps troublés ?

272 pages, Paperback

Published January 24, 2024

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Mazarine Pingeot

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Displaying 1 - 2 of 2 reviews
Profile Image for Night.
11 reviews
October 13, 2024
Le manque manque.

Tout ouvrage se gaussant - en guise de première phrase - d'une formule heideggero-sartrienne m'invite irrémédiablement à le refermer aussi sec.

Mais voilà, il se trouve que le dernier livre de Mazarine Pingeot a été sélectionné pour l'édition 2025 du Prix lycéen du livre de philosophie. Au vu des années précédentes et des crus tout à fait respectables qu'il m'a été donné d'apprécier, on s'attendrait donc à un essai accessible, pédagogue, qui fait état de qualités philosophiques, reconnues sinon garanties par l'APPEP (Association des Professeurs de Philosophie de l'Enseignement Public, organisatrice du prix). Il n'en est pourtant rien.

Après une introduction et un prologue si étonnamment lunaires qu'ils en deviennent hilarants - j'en veux pour preuve l'extrait suivant :

Or ce qui peut être mangé doit d’abord être moral. Manger devient un acte moral, qui profite à la fois aux producteurs engagés (car l’engagement est souvent le condisciple du « sans »), au vendeur courageux (contraint de vendre plus cher que dans les grandes surfaces) et au consommateur éthique, qui, en dégustant un morceau de chocolat, fait en réalité un acte politique : il plaide pour une société meilleure, où tout sera beau, où tout sera sain. La grande santé est revenue par la bande, elle qui avait fait un peu profil bas après les eugénismes meurtriers et les fascismes qui l’avaient érigée en valeur éminente. La crise du Covid l’a remise au cœur du système politique et économique. La Vie sacrée, tel est le mot d’ordre de la nouvelle éthique et la clé des décisions politiques. Derrière, la menace écologique gronde, qui vient adouber ce combat et sanctifier la valeur de la Vie sans qu’on ne puisse plus la remettre en cause, à moins de plébisciter la fin du monde. Gaïa est une divinité face à laquelle aucun blasphème ne saurait être toléré. Le paradigme de la maternité toute-puissante voue au silence les athées comme les métaphysiciens : on a brûlé les idoles, la transcendance a fait long feu, mais prier la Terre Mère ne pose aucun problème, à condition de s’humilier comme être humain, cet orgueilleux qui s’est cru supérieur à la mangouste. Une nouvelle religion est née, et le marché en fait son miel. Désormais, nous mangerons sans viande, et pourquoi pas sans nourriture, nous roulerons sans voiture, et nous ferons l’amour sans nous toucher. Personne – excepté Trump – ne peut remettre en cause la crise climatique grosse de crises politiques et de tragédies humaines. Est-ce une raison pour tout avaler ? Et surtout du vent, qui nous est vendu comme s’il s’agissait du manteau du roi ? Mais le roi est nu.

... Mazarine Mitterrand-Pingeot entend rejouer l'histoire de la philosophie selon une nouvelle partition, celle du plein et du vide, du complet et du manque, proposant ainsi une philosophie du "Sans". S'ensuivent alors tous les défauts qu'on est en droit de relever dans une dissertation d'élève, les sourcils froncés, l'air embêté mais appliqué, le poignet las et le stylo impatient, souhaitant y trouver des choses qui n'y sont pas et secouant la tête confusément face à celles qui s'y trouvent malheureusement :

- accumulation de références qui confine au name-dropping,
- propos vague et si imprécis qu'il en est presque faux,
- exemples qui sortent de nulle part (*rires*), sont sans rapport (*rires bis*) avec le sujet et semblent en dire davantage des lubies de l'autrice que des références invoquées,
- structure confuse et mal assurée,
- style maniéré, confus et redondant (encore qu'on ne peut pas, à juste titre, reprocher cela à un élève).

L'exercice auquel je me livre si gaillardement a de quoi faire grincer des dents. Qui suis-je ? Et d'où parle-je ? Eh bien je parle d'une autre conception de la philosophie, celle d'une activité, et non pas d'un corpus ni d'une litanie logorrhéique. Une activité qui viserait à "rendre claires et délimiter nettement les propositions qui autrement sont pour ainsi dire troubles et confuses" ou encore qui serait "un combat contre l’ensorcellement de notre entendement par les ressources de notre langage" (pour les intéressé·e·s, Wittgenstein vous tend les bras), et qui s'accompagne d'une pratique enseignante s'efforçant de faire découvrir, faire lire, faire discuter et faire réfléchir. C'est-à-dire, avant tout : faire.

Au-delà de ces divergences, et taisant un instant mon propos sarcastique, je ne doute pas que certain·e·s fassent feu de tout bois et trouvent à boire et à manger chez MMP. Toutefois, même pour celleux-là, il se trouve que l'exécution est ratée. Les passages sur Platon, Hobbes, Nietzsche, Deleuze ou Spinoza semblent trop durs d'accès (car confus et désorganisés) pour des lycéens. Ils n'ont rien à apprendre à des collègues désireux de se former ni même de réviser, et ils paraissent atrocement barbants et déstructurés à celui ou celle, non-spécialiste, qui voudrait s'y intéresser.

Aux lycéen·ne·s qui découvriraient l'ouvrage de Mazarine Mitterrand-Pingeot : réjouissez-vous ! Vous tenez entre vos mains l'anti-guide de la dissertation de philosophie, le contre-modèle inégalé d'un propos vague et abscons qui ne parvient à articuler aucun problème.
Aux collègues qui le feraient lire à leurs élèves ou voudraient s'y frotter avant leur participation au prix : amusez-vous ! Il y a là de quoi s'interroger une énième fois sur la perception de notre discipline par les élèves, leurs parents et le monde, et sur ce que c'est vraiment que de philosopher - tout en glosant sur les raisons obscures pour lesquelles ce livre aura été sélectionné.
Aux lecteur·ice·s curieux·ses qui souhaiteraient lire de la philosophie et se demanderaient si cet ouvrage en vaut la chandelle, l'ampoule ou le mal de crâne : fuyez, pauvres fous! tournez-vous plutôt vers les autres ouvrages de la sélection 2025 ou des années précédentes. Ils sont bien plus intéressants et abordables.

À défaut d'une philosophie du manque, c'est un livre de philosophie manqué que ce "Vivre Sans".

Une chose à son sujet n'en est pas moins remarquable : on aurait pu vivre sans, c'est certain, et on s'en serait volontiers passé.
Profile Image for Lucas.mgll.
63 reviews
November 7, 2024
Raisonnement parfois sans réel sans, ex : « sans » x ou y chose dans un aliment / réalité = avec quelque chose de meilleur ou moins mauvais pour la santé, donc on ne paie pas pour rien, on paie pour un plus.
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