Bienvenue dans un monde parfait. Ici la vie heureuse s’étale quotidiennement sur le réseau HappyApp, où l’indice de bonheur individuel donne accès à ce que la société réserve aux meilleurs. Offres premiums, métier et logements hauts-de-gamme, et surtout parentalité, désormais réservée aux citoyens les plus épanouis.
Jeunes, beaux, amoureux, jusqu’où Juliette et Néo Lanhéry seront-ils prêts à aller pour y accéder ?
Christopher Bouix est né en 1982 et écrit pour la jeunesse. Il est l'auteur de "Socrate : un homme dangereux" (L'École des Loisirs, 2017) et de "La Théorie de l'iceberg" (Gallimard Jeunesse, 2018).
Il est également l'auteur de livres universitaires parus aux éditions Les Belles Lettres.
J'aime bien, parfois, me plonger dans une dystopie qui ne semble pas siiii éloignée de ce que pourrait devenir notre monde, et du coup, j'ai beaucoup aimé me plonger dans ce roman (visiblement très proche d'un épisode de Black Mirror mais je n'ai jamais regardé la série - à ce jour). J'ai bien aimé suivre les différents personnages, même s'il m'a semblé bien difficile de m'attacher à qui que ce soit (j'imagine que c'est voulu ?) et leur progression dans leur quête du bonheur (pour le dire simplement).
C'est assez cynique et le malaise s'intensifie au fil des pages, mais je dois dire que je n'avais pas vu venir cette issue...
Un bon roman dystopique, bien écrit, qui se lit à la manière d'un bon page-turner que je conseille à tous‧tes les amateurs‧ices du genre !
« Tout est sous contrôle » est le second roman de Christopher Bouix que j’ai l’occasion de lire. Le premier, « Alfie », présentait un robot d’assistance du quotidien doté d’une intelligence artificielle. L’écrivain continue sur sa lancée en proposant cette fois un roman plus adulte où l’injonction au bonheur deviendrait la norme et un idéal sur lequel est basée toute la société. Après tout, l’aspiration au bonheur n’est-elle pas le but de toute existence ? Nous sommes en 2084 dans une société où le bonheur est une norme obligatoire pour « évoluer ». En fonction de votre indice de bonheur, vous êtes engagés dans certaines sociétés ou pas, vous êtes autorisés à vivre dans certains quartiers, vous pouvez devenir parent, ou pas… Pour y parvenir, il vous suffit d’être heureux et de le faire savoir sur HappyApp en postant « le maximum de contenus heureux ». Par ricochet, vous gagnez ainsi des followers, vous multipliez vos interactions avec eux, et certains pourront même devenir « vos amis ». Votre indice de bonheur doit être haut, car de celui-ci, dépend votre vie entière. Chaque jour, l’application HappyApp vous informe de l’évolution de cet indice de bonheur depuis votre dernière connexion, du nombre d’amis en attente, et du nombre de messages reçus. Grâce à des lentilles implantées dans vos yeux, il vous suffit de cligner deux fois pour ouvrir l’application et savoir où vous en êtes.
#Happyme
« Profitez de chaque plaisir pour sublimer votre vie. »
Dans ce monde parfait où « Tout est sous contrôle », rien ne dépasse. Les habitants sont à la fois dans le contrôle et constamment sous surveillance. Cette injonction au bonheur et le faire savoir à tous est implicitement réglementaire. Chacun sait que toute évolution dans la sphère personnelle et professionnelle en dépend. Ainsi, Juliette et Néo, aux indices de bonheur respectivement de 7,2 et de 7,9 ont la chance de déménager dans un quartier à indice haut pour entamer une nouvelle étape de leur vie, un Grand Projet pour lequel Juliette travaille sans relâche : elle partage avec sa « communauté » ses moments de bonheur quotidiens, quitte à consommer quelques HappyPills quand son moral flanche ou qu’elle se met à avoir des crises d’angoisse. Dans ce monde tout en joie, positif et optimiste, où même manger constitue un risque non négligeable, Juliette s’évertue chaque jour à montrer la meilleure version d’elle-même et de son couple. Bonheur parfait, félicité communicative, bien-être contagieux, ravissement démonstratif. Être heureux est l’aboutissement d’une vie entière, la récompense ultime pour accéder aux rangs les plus enviables de la société.
#ForeverHappyLife
« Faites de chaque moment un instant exceptionnel. »
Dans cette dystopie positive, utopie fantasmée, Christopher Bouix navigue entre Intelligence artificielle, progrès scientifiques et médicaux, et omniprésence des réseaux sociaux. Fin observateur de notre société actuelle où les réseaux véhiculent déjà une vision altérée et déformée de ce que chacun choisit d’y projeter, il pousse simplement les curseurs en en faisant une « loi », un règlement accepté de tous. « Tout est sous contrôle », même les émotions. Nos pensées les plus intimes et les plus secrètes restent privées et ne sont partagées qu’avec soi. Le malheur, la souffrance, la peine et toutes les émotions négatives sont proscrits. Combien de temps peut-on vivre avec de telles injonctions ? Quels sont les renoncements consentis sur le grand autel du bonheur obligatoire ?
#LoveOfMyLife
Certains personnages de « Tout est sous contrôle » révèlent un côté plus sombre, et donc plus « objectif » de cette société fantasmée. Soit, ils ne bénéficient pas d’un indice de bonheur de « winner » et tout est donc plus compliqué pour eux, soit leur esprit critique n’a pas encore été totalement stérilisé. Ça va souffler fort sur cette société au bonheur indispensable… Les personnages secondaires ont autant de force que ce couple sur le chemin du Grand Projet et permettent d’équilibrer un peu la balance en laissant entrevoir quelques failles du système. Comme il est jubilatoire de voir s’écorner, petit à petit, cette image d’Épinal trop lisse ! Lorsque quelques individus commencent à éliminer ceux qui possèdent un indice de bonheur trop élevé, un curieux vent vient charrier cette communauté un peu trop parfaite. « Des citoyens dotés d’indices de bonheur au rabais se vengeaient sur ceux qui affichaient un chiffre un peu trop élevé au compteur. (…) Et la conclusion encore plus limpide : le bonheur pouvait rendre fou. (…) le bonheur est une pute, la vie est son mac. »
#BeGoodToYourself
Entre thriller et roman d’anticipation, « Tout est sous contrôle » foisonne d’idées ingénieuses sur « le monde d’après » et Christopher Bouix semble prendre un pied phénoménal à déployer cet univers. Le moins que l’on puisse dire c’est que cet enthousiasme est contagieux ! Caustique à souhait, l’écrivain tisse des concepts révolutionnaires avec une aisance déconcertante. Il déploie un tourbillon d’idées novatrices et des concepts inédits, comme s’il puisait son inspiration dans le réservoir de notre société actuelle.
Préparez-vous à embarquer dans un voyage époustouflant à travers l’esprit génial d’un auteur qui repousse les limites de l’imagination humaine ! « Tout est sous contrôle » ne se contente pas de raconter des histoires, il crée un autre monde, un univers parallèle où la réalité se plie à la volonté de l’imagination. La capacité de Christopher Bouix à explorer des territoires inconnus et à repousser les frontières du connu pour nous entraîner vers des horizons insoupçonnés est vertigineuse. Chaque page est une révélation, chaque chapitre est une invitation à repenser notre perception du monde qui nous entoure. Il ouvre de nouvelles voies et défie les conventions avec une audace et une ingéniosité hors du commun. Mais ce qui rend « Tout est sous contrôle » vraiment unique, c’est son bel esprit créatif et cette inventivité débordante qui captivent et émerveillent le lecteur.
#BeGoodToOthers
« Le bonheur se construit une seconde après l’autre. »
Attachez vos ceintures, Christopher Bouix nous transporte dans un tourbillon d’émotions et de réflexions. « Tout est sous contrôle » explore des questions de société en puisant son souffle créateur dans des voies que nous empruntons déjà. « Le conseil du jour : chaque matin, récitez trois fois à voix haute : “je suis heureux et ma vie est parfaite.” Cela renforcera votre sentiment intime de bonheur. N’hésitez pas à partager et publier des vidéos de ce moment heureux accompagnées des hashtags #HappyLife et #AnotherPerfectDay, cela vous permettra d’obtenir 10 crédits et d’augmenter votre indice de bonheur de 0,003 points ! » Il nous pousse à réfléchir sur notre utilisation des réseaux, sur ce que cela dit de nous, sur ce que nous cherchons à transmettre par ce biais, aux autres. Grâce à des illusions supposées influencer le bonheur des autres en exposant nos soi-disant #ForeverHappyLife, nos obsessions à montrer à quel point nos existences sont parfaites, Christopher Bouix s’offre une fabuleuse opportunité de démontrer que nul n’est dupe de ce petit jeu très malsain. Un passe-temps qui pourrait très bien devenir une réalité !
Un roman de sf dystopique très bien mené de bout en bout. On y retrouve la touche d’humour qu’il y avait déjà dans «Alfie», mais cette fois un humour noir qui fait grincer des dents.
J’étais totalement immergé dans l’ambiance de cette société régie par un indicateur de bonheur, plutôt effrayante mais pas si éloignée de notre réalité.
J’ai trouvé tout les personnages très bien construits et tous intéressants pour ce qu’ils apportaient à l’intrigue. J’aurais peut-être juste aimé que l’auteur développe plus ces personnages secondaires, car on reste beaucoup concentré sur le couple Néo et Juliette alors que je voulais en apprendre plus sur Tim et Mina, par exemple.
Je ne savais pas comment allait se terminer toute cette histoire, et je trouve la fin très réussie.
J’ai passé un très bon moment avec cette dystopie à la française, et Christopher Bouix est désormais un auteur que je suivrais de près !
Après mon coup de foudre pour Alfie il y a quelques mois, je ne pouvais pas en rester là, il me fallait poursuivre et découvrir l’univers de son auteur : Christopher Bouix qui semble prendre un malin plaisir à s’attaquer à une SF d’anticipation tellement proche de nous qu’elle pourrait être notre futur tout proche. Malaise assuré et coup de génie aussi !
Cependant, je vais de suite être franche : si j’ai adoré l’univers développé ici, l’auteur m’a déçue dans sa narration bien moins percutante et originale que celle d’Alfie. Il ne va pas au bout pour moi et c’est dommage parce qu’il avait de l’or ici. Mais il semble hésiter entre plusieurs ambiances et cela se sent.
Il m’a tout de même plongée pendant près de 400 dans une utopie malaisante au possible où les humains vivent désormais avec des lentilles indispensables à leur vie qui les fait pénétrer H24 dans le réseau HappyApp où le bonheur individuel est devenu la nouvelle monnaie et l’indice de celui-ci, ce qui conditionne tout, au point de leur faire commettre toutes les folies ! Pour cela, il nous propose toute une panoplie de personnages qui adhèrent chacun à un degré différent à cette offre : du couple en mal d’enfant, en passant par la rebelle, l’associale, le serial killer, le vieux flic à la Deckard, etc. Ils permettent tous de poser un regard critique et grinçant sur ce monde qui ne vit que pour montrer son bonheur, mais à quel prix !
C’est une critique de notre rapport aux réseaux, aux likes, aux posts, à la vie virtuelle passionnante et fascinante. L’auteur pousse le concept et le pousse très bien. Il en montre les dérives possibles, la folie, les chantages, les rébellions, les craquages. Il est astucieux et malin pour cela en greffant un volet policier à son thriller social. Mais il ne va pas aussi loin que dans Alfie pour cela et reste assez conventionnel dans sa narration à multiple voix avec des personnages aux portraits classiques et sans surprise. J’ai désespérément attendu un twist qui n’est pas venu et l’attaque finale m’a semblé assez prévisible vu les indices que nous avions. J’aurais voulu autre chose que cette plume fluide mais banale, sans accroche, toujours comparé à Alfie, ou ces regards névrosés attendus dans ces situations. Cela a manqué d’ambition.
L’univers était attirant, lui. J’ai aimé découvrir le fonctionnement d’HappyApp et ses multiples ramifications, de la banale application à la instagram, l’ia génératrice de musique »comme si », en passant par le stimulateur de sexe, le surveillant de probité (drogue, cachets, alcool, adultère !) ou le futur Minority Report. J’ai aimé découvrir la folie procréatrice du gouvernement avec son contrôle des naissances lié à des manipulations génétiques et des choix de candidats sur dossier en fonction de leur indice de bonheur apparent, du quartier où ils vivent, de leurs activités ou leurs fréquentations, etc, le tout en débloquant le contraceptif qu’ils sont obligés de porter, et après une expérimentation pas si lointaine de fécondation obligatoire des femmes de plus de 20 ans qui a bien échoué… Bref, ça sent bon la société où l’utopie dérape. Mais encore une fois, l’auteur donne plein d’idées, d’exemple, sans les faire autant vivre que dans Alfie, notamment pour le Grand Projet, j’attendais plus, mais le virage thriller a pris le dessus.
Je ressors donc convaincue que l’auteur a plein de riches idées pour imaginer les dérives futures de notre monde présent. Après la maison connectée, place aux réseaux sociaux dont il fait une sévère critique dans leur course au like et à la démonstration d’un bonheur parfait factice. Cependant, en introduisant le thriller cette fois, il crée une complication qui l’empêche d’aller au bout de sa démonstration et on reste sur notre faim aussi bien sur le volet SF que polar. Zut !
3,5 ⭐️ un Bon roman d'anticipation mais en demi-teinte. Un bon romann d'anticipation mais en demi-teinte. Pour la dernière fois pour son triptyque, j’ai retrouvé avec plaisir la plume de Christopher Bouix : toujours aussi fluide, tendue, et capable de monter une tension jusqu’à une fin percutante. Certaines idées dystopiques sont intéressantes, et les retournements très bien menés comme toujours avec lui ! Mais j’ai trouvé l’ensemble moins marquant que Alfie ou Le Mensonge Suffit. Le rythme est parfois trop lent, les personnages un peu caricaturaux, et les thématiques déjà vues façon Black Mirror. Le roman aurait gagné à être plus court ou plus dense, et creuser plus dans les idées originale par rapport à ce future (proche car on est en 2087). Une lecture agréable, mais un peu en dessous des 2 précédentes.
𝙍𝙞𝙨 𝙢𝙞𝙚𝙪𝙭 𝙦𝙪𝙚 𝙘̧𝙖 ! 𝘼𝙢𝙪𝙨𝙚 𝙩𝙤𝙞 𝙥𝙡𝙪𝙨 ! 𝙁𝙖𝙞𝙨 𝙪𝙣 𝙨𝙤𝙪𝙧𝙞𝙧𝙚 𝙥𝙤𝙪𝙧 𝙃𝙖𝙥𝙥𝙮𝘼𝙥𝙥 ! ⠀ Dans un futur où l’indice de bonheur de chaque individu régit sa vie et ses opportunités, Juliette et Néo ont lancé les procédures pour avoir le droit de désactiver la puce stérilisatrice de Juliette pour qu’elle puisse tomber enceinte. Le seul problème : très peu de femmes y sont autorisées chaque année, et il ne reste que quelques mois avant les trente ans de Juliette, l’âge limite pour une autorisation de grossesse. ⠀ J’ai vraiment beaucoup aimé ce roman qui se lit comme un épisode de Black Mirror. Présenté comme une satire sociale, ce roman est effectivement assez dérangeant par moments par son cynisme très présent. L’auteur y dénonce beaucoup de choses : l’injonction au bonheur, l’omniprésence des réseaux sociaux dans notre vie, la toxicité de vouloir toujours se comparer aux autres, et les inégalités sociales. ⠀ L’histoire commence assez tranquillement et on découvre petit à petit les différents personnages, dont certains parviennent à attirer notre sympathie, en tout cas au début. Mais très vite, l’auteur nous montre le pire de l’être humain à travers ses différents personnages et il devient assez difficile de s’attacher à qui que ce soit. Il y a bien un personne qui ne m’a jamais déçu, mais le moins qu’on puisse dire c’est que ça ne lui a pas réussi au bout du compte… ⠀ Dans l’idée, le pitch n’est pas forcément très novateur, en tout cas pas inédit, mais j’ai beaucoup aimé la façon dont l’auteur l’a traité et j’ai trouvé que ça fonctionnait très bien. Sans que ce soit une lecture difficile, il y a quand même un côté un peu malsain à regarder évoluer ces différents personnages, et on ne se sent pas toujours très à l’aise. C’est d’après moi tout l’intérêt de ce genre de romans !
4.5 Un page turner efficace qui se déroule dans un monde dystopique où l'indice du bonheur détermine la place de chacun ainsi que ses droits et ses devoirs. Jusqu'où est on prêt à aller pour évoluer dans cette société et s'accomplir ? Quels moyens cette société où l'IA et le métaverse s'invitent est-elle prête à utiliser pour tracker ses citoyens? Je ne mets pas 5 car certains passages auraient mérité davantage de développements, mais l'imaginaire a fait le reste.
L'idée est très bonne, même si complètement inspirée d'un épisode de Black Mirror. L'écriture en revanche manque de consistance. Certains personnages sont vraiment exagérés. Plaira à ceux qui ont aimé Panorama de Lili Hassaine.