« J’ai un ami bipolaire. Il s’appelle Solal. Ce livre raconte son histoire. Du jour où je l’ai poussé vers la phase haute la plus terrible de sa vie à sa chute. De sa renaissance aux premières années de son tour du monde à pied. Il décrit la beauté fragile d’un être en proie à des hauts et des bas plus marqués que pour le commun des mortels. Et pourtant pas si différent de nous… »
Dans ce texte, tout est strictement vrai ; ni personnages inventés ni histoires imaginées. Pourtant, on le lit comme un pur roman, au plus proche du réel. Il y est question d’amitié, d’ivresse et de mouvement. Un récit magnifique, à la juste distance, qui émeut autant qu’il donne à réfléchir.
J'ai ressenti beaucoup d’amour et de bienveillance pendant la lecture de la part des proches de Solal tout comme leurs inquiétudes pendant que les effets de sa maladie retentissaient.
C'est un roman qui nous donne un aperçu de la vie d’un bipolaire et qui nous montre ce qu'éprouvent les proches de Solal souvent impuissants et spectateurs face à sa maladie. Mais qui restent présents et le soutiennent coûte que coûte.
Solal alterne les périodes de dépressions et de fortes exaltations durant lesquelles il met sa vie en danger et inquiète ses proches. Il ne sait pas quoi faire de sa vie mais veut accomplir quelque chose de grand, un projet démesuré. Un tour du monde à pieds.
Jusqu'au bout, je suis resté à distance de cette histoire, pas impliqué émotionnellement. Et ça ne tient pas qu'à la nature insaisissable du personnage. J'ai l'impression que l'amitié de l'auteur pour ce Solal (qui existe vraiment) l'a freiné dans son écriture. Il n'ose pas se glisser totalement dans sa peau, il n'ose pas parler à sa place, il n'ose pas le transformer complètement en personnage de roman. On sent qu'il a beaucoup discuté avec lui pour écrire son portrait, il raconte des moments solitaires de son errance comme s'il y était, mais il n'ose pas dire JE. Ca donne une narration extérieure, spectatrice, qui bride l'intériorité et limite notre empathie. Peut-être que l'auteur aurait dû laisser Solal écrire lui-même ce livre... On aurait besoin de sa voix pour comprendre vraiment les forces qui entrainent ses inéluctables chutes. Est-il malade, trop sensible, trop conscient de sa finitude...