« Les mouvements féministes visent à transformer des rapports de genre inégaux, et non pas à les révolutionner. Pour y parvenir à une échelle mondiale, il faut théoriser à une échelle mondiale; et y parvenir requiert absolument une théorie postcoloniale, décoloniale et venue du Sud.
Le but n'est pas d'écrire une théorie unifiée du genre, même élaborée à partir de ces sources du Sud. Il s'agit de créer, au sein du contre-public mondial, des processus d'apprentissage mutuel et de pensée interactive touchant à des questions théoriques.
Pour employer une autre métaphore, le but est de créer des espaces de discussion théorique avec des voix beaucoup plus nombreuses et des visées plus larges et plus profondes.
Eu égard à l'état actuel de l'économie globale du savoir, il existe aujourd'hui un besoin vital d'accorder une reconnaissance, et même une centralité, au travail théorique du Sud.
À plus long terme, nous devons créer des processus démocratiques durables pour un travail intellectuel à l'échelle mondiale. »