Chimie (synthèse du propergol liquide et solide), balistique, propulsion, sont les ingrédients de fusées qui furent d'abord des V2, bombes missiles des nazis à la fin de WWII (Deuxième guerre mondiale), dans des bases de recherches secrètes employant dans des conditions déplorables des internés des camps de concentration. Propulseurs destinés à transporter des charges létales sur des cibles villes, des infrastructures à des centaines de kilomètres du lieu de tir, développés par l'ingénieur Von Braun et quelques autres ingénieurs nazis, qui furent embauchés par les Etats-Unis à la fin de la guerre. Les mêmes travaillèrent donc sur les programmes de vols spatiaux orbitaux, puis ensuite sur les vols habités pour aboutir au programme Apollo qui fit alunir deux hommes (mâles, blancs, états-Uniens, mariés, pères de famille prétendument irréprochables) sur notre proche satellite. Aux frais des contribuables à qui furent demandés de gros efforts financiers, programme abandonné au vu de son coût à la fin des années 70.
S'ensuit l'histoire de la conquête spatiale, de 1944 à nos jours, son marketing / formatage des esprits, de l'idée (coloniale) de la "Nouvelle frontière", des stations orbitales géo-stationnaires (savoir-faire russe), puis le lancement vers et l'occupation de l'orbite basse (400 km environ) par toutes sortes de satellites de météorologie, d'observation des phénomènes terrestres, d'espionnage, de surveillance, et de télécommunications. Jusqu'à sa relance par le projet de terraformation de Mars par Elon Musk, son pas de tir au Texas, à Boca Chica, ses succès et ses nombreux ratages, les débris et pollution retombant dans le Golfe du Mexique ou sur les autochtones Peuples Premiers et sur leurs "terres sacrées". Dont d'ailleurs Elon Musk se fiche comme d'une guigne. On y démonte aussi la légende de l'entrepreneur de génie, créateurs d'entreprises (rachats et restructurations plutôt, au demeurant) privées mais largement financées par le contribuable états-unien. Quel avenir pour la conquête spatiale se demandent les deux auteurs ? Tout en en reconnaissant les apports théoriques et les bienfaits matériels des satellites d'observation de la Terre (météo, activité volcanique), ils la prédisent condamnée, illusoire : l'humanité n'ira pas dans les étoiles.
" Alors que notre planète A est bien malmenée, la projection martienne et l'idée loufoque de sa 'terraformation' illustrent avec une lugubre ironie l'aberration d'une conquête astrocapitaliste qui pointe littéralement vers un astre mort. Alors que de coûteuses recherches astronomiques nous régalent de planètes lointaines semblables à la nôtre (exoplanètes), et potentiellement situées dans les zones 'habitables" de leur étoile, des territoires entiers sur terre sont eux en état de 'martioformation', et parfois déjà inhabitables. A l'évidence, les conquérants de l'espace et les fossoyeurs de la vie sur Terre sont les mêmes. "