4.5 ⭐️ Une lecture à la fois douce et touchante - qui a réussi à me tirer des larmes à quelques reprises. Un texte qui change la perspective sur la manière de voir son jardin et qui va faire écho en moi pendant longtemps j’ai l’impression.
J’en retiens plusieurs passages, tellement bien écrits :
« Je me dis parfois que chaque portrait que je capture, chaque moment partagé sera peut-être le seul témoignage qui attestera la présence dans ce monde d’une abeille en tant qu’individu. »
« Mes abeilles sauvages sont presque aussi invisible que Dieu, et leur pouvoir de création, presque aussi invraisemblable. »
« Quelle étrange conception de la beauté nous fait préférer l’uniformité d’une pelouse au foisonnement des friches? En quoi le stérile, l’ordonné, le monotone, l’artificiel est-il propre et le naturel, le désordonné, le sauvage, le nourricier, sale? »
« Je veux ma banlieue un paysage ou le sauvage m’ouvre ses engendrements. »
« Je me demande parfois si je ne suis pas devenue pour mes visiteurs les plus assidus un simple constituant de cet écosystème, sans réelle nature animale. Nous croyons toute forme de communication impossible entre les insectes et nous. Il m’arrive de me demander si nous n’avons pas tort. »
« Les bouts de rhizome préalablement séchés ont été mis en terre en pot, sur le rebord de la fenêtre, comme on formule un vœu, comme on jette une pièce dans une fontaine. »