Défiguré dans l’enfance par son père, le narrateur grandit dans l’ombre de cette blessure. Devenu cinéaste, il entreprend de tourner un film inspiré de sa propre vie. Le roman devient alors une mise en abyme où chaque scène de tournage résonne avec son passé.
Errant d’un corps à un autre, il cherche une manière de se dissocier, de se recomposer, d’exister, jusqu’à s’abandonner à des pratiques BDSM où s’entremêlent pouvoir et vulnérabilité. Encagoulé, il jouit d’une intimité aveugle qui ouvre un territoire d’où émergent des traumatismes et des jeux de l’enfance ; son désir devient alors un retour vers la matrice de ses premières fictions.
On ne peut mentir à sa propre chair explore l’appel irrépressible du désir, la force des impulsions de l’enfance et la persistance des mythes fondateurs. Il est une relecture inversée du mythe d’Œdipe : un fils cherchant, malgré lui, à conquérir le père.
Maxime Mongeon a commencé son œuvre littéraire en 2001 avec Une seconde d’achèvement, un premier roman salué par la critique, suivi de Petite en 2004 et de Magnitude 9,0 en 2006. Il poursuit ici son exploration des questions fondamentales et des supercheries de l’amour.
Cette lecture est comme la brûlure d’une flamme dans les doigts, une vérité que l’on protège du vent, avant de tout allumer. Cette douleur qui dure juste assez longtemps pour que ça pince, pour que la peau commence à crépiter, mais sans fondre.
Bouleversant livre qui happe et habite. Qui nous rappelle que nous gardons tous dans notre corps, cette chapel de chair, des blessures qui tentent de voir le jour pour guérir. Que le chemin vers cette lumière doit parfois traverser « le mur de la nuit. ».
« Il y a toujours chez la personne qu’on aime le fantôme de quelqu’un d’autre. »
« Quelles images aurait-il produite s’il avait pu, lui aussi, extraite un film de ses entrailles. »
Un roman percutant et difficile, qui aborde plusieurs traumatismes avec beaucoup de lucidité. Maxime Mongeon explore les traces que la violence, la honte et le désir laissent dans le corps et dans la mémoire. Une lecture dérangeante, mais profondément marquante.
Le passé du narrateur se révèle à nous par bribes, patiemment, alors qu'il navigue entre création et traumatismes enfouis. La construction singulière du récit laisse planer un mystère perpétuel, entre les séances encagoulées de BDSM à la cave d'un étranger et les journées de tournage éprouvantes.
Drame familial, réflexion sur le geste créatif, et l'influence de l'enfance sur le reste de notre vie, le dernier Mongeon ne laisse pas indifférent. Univers irrésistible malgré sa grande noirceur, le voyage au coeur (et au bout) de la nuit nous captive dès les premières lignes et nous laisse une impression durable. Rien de superflu, droit au plexus.
Excellent roman, très bien ficelé. Les termes utilisés, le choix des mots, ainsi que la manière dont l'intrigue est petit à petit dévoilée, notamment via la double trame narrative du film VS la vraie vie sont tant d'éléments qui rendent ce roman enivrant et captivant.