J’ai quitté Windsor et la maison familiale en 2003. J’avais dix-neuf ans. J’ai emménagé à Montréal, dans un vieux cinq et demie du quartier Centre-Sud, où j’ai fumé trop de drogue et écrit par milliers des pages d’un roman qui n’aboutirait jamais. Bientôt, plus rien n’a eu de sens. Ni mes études, ni mon travail, ni le fait d’être une personne. Immobile, engourdie, j’attendais de savoir comment agir, que croire, quoi devenir. J’ignorais combien de jours de ma vie je passerais seule, dans cet appartement puis d’autres, à chercher des phrases, à compter les minutes perdues, à anticiper des désastres dans l’espoir qu’ils ne se réalisent pas. J’ai le sentiment qu’à leur manière ces années ont été importantes, même si les moments signifiants se sont presque tous déroulés dans ma tête. J’essaie de les raconter – les raisonnements circulaires, les perceptions infinitésimales, les obsessions, l’insomnie et la découverte accidentelle du sublime, que j’ai parfois cru apercevoir dans un morceau d’indie rock, une main blessée ou l’étrange noblesse d’une épeire diadème. — Alexie Morin
Ça manque d’images et d’émotions peut-être pour que je considère cela comme de la poésie. Certains passages en sont carrément pas, peut-être plus des esquisses de notes. Ça aurait besoin de se déployer encore pour moi, le sentiment antérieur au projet et le projet lui-même me semble un peu « dit » et même de façon précipitée vers la fin. C’est dommage, j’avais adoré Chien de fusil.
Ouvrir son cœur fait partir des livres qui m’ont le plus marquée, j’avais donc certaines attentes et j’ai été déçue. Le texte, en plus d’être déprimant, ne m’a pas touchée. Je n’ai pas compris ce que je devais en retenir.
Malgré quelques bons passages, je ressors de ma lecture plutôt neutre. Il y avait certaines longueurs et inégalités qui ont rendu ma progression difficile par moment.
j’aimerais qu’alexie morin écrive ma vie en poésie
moi aussi j’ai peur des grosses araignées
* Précision
L’araignée ne représente ni la mort qui guette, ni l’idée vertigineuse que je réponde à l’appel de l’héroïne et aille rejoindre les junkies sous le pont, ni l’anévrisme au cerveau, ni la psychose que je croyais imminente, ni ce qui adviendrait de moi si un jour je cessais de me droguer, si je faisais fortune, si j’apprenais à vivre.
*
j’ai mis du temps à comprendre que j’avais le droit de penser à autre chose, que ça ne signifiait pas vivre dans le mensonge
*
J’aimais que mes vêtements se trouent et que mes cheveux s’emmêlent et, sans aucun doute, j’aimais que ça se voie. J’aurais voulu être plus folle, plus gelée, plus pauvre.
Ainsi le poème constituait un acte extrêmement délibéré en même temps qu’involontaire, imprévisible, compulsif, embarassant, nul. Je m’emportais puis je me braquais, je me relisais puis j’avais honte d’avoir cédé.
Février 2025. 3,5/5 Je suis mitigée. Je n’avais pas l’impression de lire de la poésie pour la majorité de ce recueil, mais plus des fragments, des pensées, des récits. Plein de moments ont quand même eu du sens, ont fait écho à mes propres pensées, alors j’hésite dans mon ressenti.
Alexie Morin signe ici un excellent recueil de poèmes autobiographiques, dans lequel elle raconte ses premiers pas à Montréal après son déménagement des Cantons-de-l’Est. Racontés du point de vue d’une mère dans la jeune trentaine, l’autrice revient sur des moments marquants mais difficiles de sa jeunesse. En effet, Alexie Morin laisse toute la place aux questionnements et aux réflexions sur ce qui se passe dans sa tête, mais aussi la place à l’anxiété, la consommation de drogue, le travail, l’école, la solitude ou l’insomnie.
J’ai bien aimé la lecture de ces moments de la vie montréalaise de l’autrice et j’ai trouvé que les poèmes se prêtaient bien à ce genre de courtes anecdotes ou de réflexions spontanées. L’écriture d’Alexie Morin est très maîtrisée, mais accessible également. Elle arrive à rendre sa narratrice attachante dans son anticipation constante des catastrophes qui vont lui arriver, perdue et seule dans son appartement. Au delà de la tristesse que l’on peut ressentir lorsqu’elle se blesse la main, par exemple, on en vient à s’identifier à l’autrice et à espérer qu’elle s’en sorte indemne. J’ai aussi aimé les références musicales (probablement parce que j’ai environ le même âge que l’autrice!)
La lecture de Scénarios catastrophes m’a donné l’envie de lire le reste de l’œuvre d’Alexie Morin. Un très bon livre.
Je suis mitigée, je me sens neutre face à cette lecture. Alexie Morin a une belle plume. Certains passages m'ont bien plus, mais dans l'ensemble je me sens neutre. C'était une lecture agréable qui mélange mélancolie et douceur, mais je n'ai pas eu l'impression de lire de la poésie, mais plutôt des fragments de pensées et de la description/narration de certains événements. (C'est ma première lecture d'une œuvre d'Alexie Morin, et je reste curieuse de lire plus de ses livres!)
Vraiment excellent. Dès la deuxième ligne on voit à quel point Alexie Morin maîtrise son écriture (en même temps, je m'attendais à rien de moins de la co-éditrice en cheffe du Quartanier.)
Si un jour j'ai la chance de travailler avec elle je vais pouvoir m'éteindre heureux comme un pissenlit!!
Moi aussi j'imagine une machine à broyer les enfants pis j'oubliais comment parler quand on faisait Trois-Rivières - *destination stressante*, t'inquiète!