Remontez jusqu'à l'ère lointaine du Déluge, celle qu'évoquent à demi-mots tous les textes anciens de l'humanité... En ces temps de famine, Sans-Voix, un jeune singe orphelin, cherche à prouver sa valeur à son clan d'adoption en chassant le « longue-gueule », un vieil alligator blessé et vicieux. Manger ou être mangé : le cycle immuable de la nature. Mais en osant s'aventurer au coeur des terres interdites, celles des humains, Sans-Voix sera confronté au plus cruel des destins : voir les siens massacrés sous ses yeux avant d'être capturé puis dressé dans les arènes de l'Empire afin de devenir un « Dieu-Fauve », un guerrier sacré façonné pour la violence et l'art du combat. Mais ces longues années de souffrance auront surtout fait grandir en lui une brûlante obsession : se venger de ses bourreaux, quel qu'en soit le prix.
Récit de bruit et de fureur, empreint d'une poésie sauvage, Le Dieu-Fauve dresse le portrait d'une civilisation soudainement confrontée à la perspective de sa disparition. Mettant les nerfs à vif, cet album donne à voir et à ressentir la violence de la nature, la chaleur étouffante, le bourdonnement des insectes, les cris de rage et les larmes de désespoir des protagonistes, croquant avec force le ballet incessant qui fait s'entrelacer la vie et la mort, le règne animal et l'humanité. Car, au fond, qui est le réel héros de cette histoire ? L'homme ou... l'animal ?
Fabien Vehlmann est comme son héros : pétillant, engagé et plein d'humour.
Après avoir patiemment suivi les cours d'une école de commerce nantaise, Fabien Vehlmann réalise que sa voie est ailleurs. Bien décidé à se lancer dans la bande dessinée, il se consacre à l'écriture de manière intensive durant une année entière. Il empile les projets et inonde scrupuleusement la rédaction du journal Spirou. Sa ténacité est récompensée : il y fait ses débuts dans le courant de l'année 1998. Dans les pages du beau journal, il apprend son métier en scénarisant des animations, puis ses premières séries dont le fameux "Green Manor" avec Denis Bodart.
Curieux et enthousiaste, Vehlmann touche à tous les genres : humour, science-fiction, aventure, conte,... Il multiplie les collaborations avec des dessinateurs aux styles aussi divers que Matthieu Bonhomme ("Le Marquis d'Anaon"), Frantz Duchazeau ("Les Cinq conteurs de Bagdad") ou Bruno Gazzotti ("Seuls"). En 2006, il réalise une première aventure de Spirou et Fantasio avec Yoann : "Les Géants Pétrifiés". Quatre ans plus tard, les deux compères reprennent en main la destinée du plus célèbre héros des Editions Dupuis...
Les albums de Spirou qu'il emmènerait sur une île déserte : Le Nid des Marsupilamis, Le Voyageur du Mésozoïque et Virus.
PT Esta obra conduz-nos numa viagem ao nosso passado primitivo — um mundo regido pela lei do mais forte. Aqui não há heróis nem vilões: há apenas os que sobrevivem e os que sucumbem. Um universo moldado pela violência, onde a força determina o destino e os mais frágeis pouco espaço têm para existir.
É, em certa medida, um espelho do mundo que deixámos (parcialmente) para trás. O animal primitivo nunca desapareceu verdadeiramente; permanece latente, adormecido sob a fina camada de civilização que nos envolve — e resta-nos esperar que nunca volte a ser despertado.
Fico a questionar-me se a referência a “Altiantia” será um código para Atlântida. À luz dos acontecimentos narrados, a hipótese faz sentido e acrescenta uma camada simbólica interessante. Pelo menos, é uma ideia que permanece a ecoar depois da leitura.
Vejo nesta obra uma clara dimensão filosófica, tanto sobre a natureza humana como sobre a própria natureza enquanto força indiferente. A narrativa é simples e directa, mas não superficial. Flui com naturalidade, está bem segmentada em capítulos, revela uma estrutura sólida e apresenta uma arte a preto e branco expressiva e eficaz.
Não será uma leitura consensual; diria que encontrará maior ressonância junto de quem aprecia reflexões mais densas e temáticas existenciais.
E, naturalmente, conta com a qualidade editorial a que a Ala dos Livros já nos habituou.
--
EN This work takes us on a journey into our primitive past — a world ruled by the law of the strongest. There are no heroes or villains here: only those who survive and those who perish. A universe shaped by violence, where strength dictates fate and the weak have little room to exist.
In many ways, it mirrors the world we have (partially) left behind. The primitive animal within us never truly vanished; it remains latent, dormant beneath the thin layer of civilization that surrounds us — and we can only hope it never needs to be awakened again.
I find myself wondering whether the reference to “Altiantia” is a coded allusion to Atlantis. In light of the events portrayed, the idea makes sense and adds an intriguing symbolic layer. At the very least, it is a thought that lingers after finishing the book.
I see in this work a strong philosophical undercurrent, both regarding human nature and nature itself as an indifferent force. The narrative is simple and direct, but not superficial. It flows naturally, is well divided into chapters, structurally solid, and features expressive and effective black-and-white artwork.
It may not be a book for everyone; I would say it will resonate most with readers who appreciate denser reflections and existential themes.
And, of course, it comes with the editorial quality that Ala dos Livros has already accustomed us to.
Je suis mitigée. J’ai eu bcp de mal à suivre la narration, chaque chapitre est raconté par un personnage ce qui est très perturbant (en plus les dessins sont très sombres donc j’avais du mal à reconnaître qui était qui). Par contre l’histoire m’a beaucoup plu, et la fin vaut vraiment de lire cette BD
Más violento de los que me esperaba. El mundo que plantea es original y el dibujo bastante dinámico le siente genial. Siento que la historia podría haber dado más de sí, a lo mejor planteando más puntos de vista que expandieran el universo.
Août 2024. Une histoire difficile à suivre en raison de la découpe narrative, entre autre, mais c’était prenant. Violent et cruel aussi. Trop. La fin valait néanmoins le détour. Le plus intéressant était le personnage de « Sans-voix ». Le travail artistique n’avait pas ma préférence (trop sombre, trop touffu). Ça reste tout de même un roman graphique qui va me hanter pour plusieurs jours.
Dos artistas en plena efervescencia creativa. Por un lado Fabien Vehlmann demostrando -una vez más- que es uno de los guionistas más dotados de su generación y, por el otro un Roger Ibáñez tocando el cielo con los dedos con su arte. Un cómic exigente por ambiciones y resultados, que crea -en apenas 100 páginas, ojo- un mundo desde la nada, más que un mundo una cosmogonía que no olvida detalle: pueblos, lenguas, leyes, mitos, artes, costumbres... Una historia que se revuelve contra lo previsible, cambiando constantemente de narrador, pero, pese a ello, redonda en su conclusión. Una narración acerca de la libertad y la crueldad ejecutada a través de unos dibujos de un dinamismo y plasticidad difícilmente superables. De lo mejor publicado en España este 2024.
Originally written for Graphic Librarians bookstagram:
Welcome, fellow BD readers! I hope your travels through the endless lands of Instagram were comfortable and easy. Let me tell you the story of Sans-Voix (Voiceless), a young orphaned monkey who is trying to prove his worth to his adopted clan by hunting a massive and dangerous aligator called Longue-Gueule. It’s famine; nothing is growing in nature, and the only way to survive is to kill or be killed.
While chasing the aligator, the monkey clan entered the Forbidden lands, the human teritory, and Sans-Voix experiences a fate worse than death: his clan is massacred and eaten in front of his eyes, while he is enslaved and mercilessly trained to become a « Dieu-Fauve », an almost demonic, violent warrior, forced to fight in the arenas of the Empire for the pleasure of his masters.
Many years have passed, and Sans-Voix finally has a chance to express his rage and force his revenge on his masters after the cataclismic tsunami destroys the Empire’s civilisation, and he gets freed from the ship in which he was transported.
As the surviving imperial crew is marching towards the ruins of the Empire’s capital, Alti-Anthéa, we have a chance to observe the collapsing and savage world through the eyes of many different people: the imperial poet, the imperial warrior who trained Dieu-Fauve, and a slave girl who seeks revenge against her masters.
The old world is over. Everyone is hungry and scared, slaves are rebelling, and various savage tribes are also marching towards the Empire’s capital, all the while Dieu-Fauve is killing his old masters one by one.
Fabien Vehlmann created a world that is primordial, violent, dark, and gloomy, but Rogers artwork took it to the next level. Dark, heavy colours, no light, and shadows hiding everyone’s faces perfectly express the savage world in which it’s hard to understand who is good and who is bad. But maybe that doesn’t matter? What matters is: who will survive?
Les + : - Des dessins dynamiques et un bon choix des couleurs - Un monde intéressant qu'on découvre au fur et à mesure (rôles, politique, décors...) et qui fait rêver - Un rythme dans les combats et dans l'enchaînement des parties et des personnages très bon !!!
Les - : - Peu d'attachement aux personnages - La violence surprend et choque au début, mais à la fin elle devient convenue et ennuyante... - Quand il fait trop noir, on ne voit rien... Ici, gros manque de mesure, tout le monde ne désire que du sang et des larmes et de la vengeance, c'est sympa mais ça ne marche qu'un temps...
Comme il est difficile de mettre des mots sur ce livre ! C'est la mise en avant du destin d'un jeune singe blanc qui nous donne à voir toute la noirceur de l'humanité confrontée à sa propre fin. À mesure qu'on change de point de vue, et donc d'angle, l'histoire nous apparaît sous un autre jour : toujours terrible, toujours affreuse, mais toujours avec des enjeux qui cherchent à justifier l'ultraviolence. C'est sombre, c'est dur, mais c'est probablement ma lecture graphique la plus impactante depuis le début de cette année !
La famine menace, les singes doivent se restreindre et rester unis pour tenter de chasser le "longue-queue" blessé qu'ils ont repéré il y a quelques jours. Sans-Voix est l'un d'eux et il cherche à montrer qu'il en est capable mais la concurrence est rude en ces temps difficiles. Cette BD est dingue ! Les dessins sont superbes et l'histoire est très bien écrite et surprenante. Les chapitres s'enchaînent, semblent prévisibles et finalement surprennent ! Ce n'est pas très gai mais j'ai adoré ! En bref : superbe !
Excelente ejercicio de guión, capaz de desplegar en pocas páginas todo un universo mediante la información precisa a través de pinceladas procedentes de distintos narradores. El dibujo, dinámico y saturado, también me ha gustado mucho. Sin embargo, el exceso de violencia hace que el resto quede en segundo plano y se convierte en lo más destacado de la obra, lo que penaliza un poco su calificación global.
Pocas veces uso la palabra "extraordinario", pero este cuento la merece. Un mito contado con una elegancia sorprendente, sin detalles de más, tratando al lector con respeto y no contándonos todo, dejando que uno complete cosas. Un cómic muy original, que se siente fresco y clásico al mismo tiempo. Y, como si todo eso fuera poco, visualmente es una obra maestra.
Petit récit d’une brutalité inouïe. Dessin saisissant rempli d’ombres avec une histoire essentiellement tenue par des boîtes de narration. Le genre de truc qui me gosse, mais ici, avec la poésie de la violence, ça fonctionne. Récit de vengeance noir et sans issue.
Me gustó pero esperaba que explorarán más el mundo salvaje que se vio al inicio con la tribu de nueva madre que enfocarse totalmente en los humanos pero bueno. Tiene un buen dibujo y el diseño de dios salvaje y su proceso como el miedo que genera su presencia es muy genial
Si les premières planches sont d’abord « simples », un peu étranges, l’histoire se densifie et se complexifie. La violence des tribus, l’esclavage, le pouvoir… l’histoire cumule les couches et captive jusqu’au dénouement imparable et irréversible.
Les dessins sont beaux. Il y a un message caché à cette histoire, mais je n'ai pas saisi... On dirait que ça se déroule dans un monde post-apocalyptique, mais ce n'est pas clair... Je n'ai pas complètement suivi l'histoire qui avait des enjeux politiques et de vengeance... Je ne recommande pas.
Quelle claque ! La violence contenue dans les illustrations alliée à la puissance de l'histoire contribuent à faire de Dieu-Fauve un ouvrage percutant dont vous ne ressortirez pas indemnes.
le graphisme m'a laissé totalement insensible, difficile donc d'entrer dans la narration qui, si elle semble complexe, n'en est pas moins intéressante.
El Déu Salvatge: una novel·la il·lustrada violenta, primitiva i visceral, amb un final rodó. Tracta sobre la supervivència i els instints primaris. Els personatges són grisos. Al acabar-la, vaig sentir sensacions estranyes, però em deixa un regust a la boca i cada cop em sembla una obra millor. Molt original, no he llegit res semblant.
Un precioso álbum con una historia increíble. Mitología, venganza, conflictos tribales, revolución, catástrofes, crueldad animal, imperialismo… todo se mezcla con un gusto y unas ilustraciones exquisitas. Quizá lo que más me ha sorprendido es que aborda temas complejos de forma detallada, pero tremendamente sencilla. Además, tiene muchísimo potencial de relectura. Muy recomendable.