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Prière aux vivants pour leur pardonner d'être vivants: et autres poèmes

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De son retour des camps à sa disparition en 1985, Charlotte Delbo ne cesse d’écrire des poèmes, qu’elle compile dans des cahiers et insère dans la plupart de ses livres.

Ce volume rassemble pour la première fois ses poèmes complets, suivis de dix inédits et un entretien.


« Les poètes voient au-delà des choses. » écrit-elle dans Mesure de nos jours.

160 pages, Paperback

Published March 7, 2024

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94 people want to read

About the author

Charlotte Delbo

18 books40 followers
Charlotte Delbo was a French writer chiefly known for her haunting memoirs of her time as a prisoner in Auschwitz, where she was sent for her activities as a member of the French resistance.
Born in Vigneux-sur-Seine, Essonne near Paris, Delbo gravitated toward theater and politics in her youth, joining the French Young Communist Women's League in 1932. She met and married George Dudach two years later. Later in the decade she went to work for producer Louis Jouvet and was with his company in Buenos Aires when Wehrmacht forces invaded and occupied France in 1940.
She could have waited to return when Philippe Pétain, leader of the collaborationist Vichy regime, established special courts in 1941 to deal with members of the resistance. One sentenced a friend of hers, a young architect named Andre Woog, to death. "I can't stand being safe while others are guillotined", she told Jouvet. "I won't be able to look anyone in the eye."
Accordingly she returned to Paris and Dudach, who was already active in the resistance as the assigned courier for the internationally famous poet Louis Aragon. The couple spent much of that winter printing and distributing pamphlets and other anti-Nazi Germany reading material. They became part of the group around communist philosopher Georges Politzer, and took an active role in publishing the underground journal Lettres Françaises.
On March 2, 1942, police followed a careless courier to their apartment, and arrested George and Charlotte. The courier was able to escape from a back window.
Her memoir uses unconventional, almost experimental, narrative techniques to not only convey the experience of Auschwitz but how she and her fellow survivors coped in the years afterwards.

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Displaying 1 - 12 of 12 reviews
Profile Image for Loulou11.
159 reviews17 followers
Read
July 4, 2024
Impossible de noter un livre comme celui là …
A la différence beaucoup de récits écrits sur les camps concentrationnaires, Charlotte Delbo nous donne l’essence de son ressenti dans ce recueil inédit qui compile des poésies écrites à son retour des camps et d’autres écrits des dizaines d’années plus tard. La beauté du langage dénote avec la gravité des thématiques abordées. J’ai notamment pleuré en lisant le poème intitulé « les folles de mai »…
Je ne comprends pas que de tels textes ne soient pas étudiés en classe, et je comprends encore moins comment j’ai pu arriver jusque là sans avoir entendu parler de cette autrice qui mérite d’être lue.
Je vais me procurer rapidement sa trilogie « auschwitz et après » pour en découvrir plus.
Cette lecture n’a pas été un coup de coeur mais un coup au cœur.

« Pleurer un héros
plutôt qu'aimer un lâche
Sans doute avez-vous raison
vous qui avez des mots pour tout
Mais
il y en avait
ni forts ni faibles
qui n'ont été
ni jusqu'au sacrifice
ni jusqu'à la trahison
Il m'est arrivé de penser
qu'il aurait pu être de ceux-là
et d'avoir honte
Je voudrais être sûre
d'avoir eu honte
Il faut il faut
que vous ayez raison. »
Profile Image for Pikobooks.
469 reviews85 followers
March 1, 2025
Comment exprimer l'après ?
Comment exister ?
Profile Image for stasia.
607 reviews
July 28, 2025
[juillet 2025]

incroyaaaaable
ce texte c'est juste claque, on a l'impression de lire ses émotions à vifs...

ce que j’aime beaucoup, c’est que, contrairement aux textes un peu plus froids, objectifs et distants, qui s’attachent surtout à expliquer comment la machine fonctionnait, comment elle a été mise en place, quelle organisation a permis tout ça (et où, du coup, on finit par oublier l’individu et les vies derrière, au profit de cette mécanique qui broie les masses), je me rends compte que ce qui me touche le plus, ce sont les textes qui se concentrent sur les personnes, les individus, les vécus.

ce que j’aime, c’est cette subjectivité : non seulement raconter ce qu’il s’est passé dans les camps, mais surtout comment chaque personne l’a vécu, ressenti, pensé. parce qu’au final, ce qui m’intéresse vraiment, c’est de ne pas voir seulement une énorme machine impersonnelle qui écrase tout (cette image qu’on a souvent) mais de redonner un visage et une voix à ceux qui l’ont subie. sinon, on a presque l’impression que c’est un système tellement colossal et abstrait qu’il ne pourrait jamais se reproduire, alors qu’on sait bien que si.

oui, il y avait un système nazi hyper organisé, qui réduisait les gens à des numéros et leur ôtait toute individualité : ça faisait partie du processus de déshumanisation. c’est évidemment important de l’analyser. mais pour moi, il est tout aussi essentiel de montrer l’autre côté : rappeler que derrière, il y avait des humains, avec leurs vies, leurs familles, leurs routines, et que tout ça a été balayé, effacé. j’aime les textes qui remettent ces existences au centre, qui les redonnent au récit.

au début, ce qui m’attirait, c’était de comprendre : comment une telle organisation a pu se mettre en place ? comment est-ce possible que ça arrive ? et pourquoi on a laissé faire ? aujourd’hui, même si je n’ai pas toutes les réponses (et je pense qu’il n’y en a pas vraiment), j’ai déjà une idée plus claire de comment ça a pu se produire. mais maintenant, ce qui m’intéresse surtout, c’est de lire des récits qui reviennent à l’échelle humaine.

parce qu’au final, même si la faim, la peur et les conditions étaient communes à tous, chacun vivait ça différemment. c’étaient des expériences individuelles, très personnelles, parfois totalement opposées. et j’ai envie de lire tout ça : la tristesse, la colère, la rage, la désillusion, le désespoir, et aussi parfois juste des moments banals, normaux.

et ces poèmes que j’ai lus, c’est exactement ça. ce sont des cris d’appel à l’aide. c’est plein de détresse, d’émotions brutes : beaucoup d’incompréhension, de colère, contre elle-même parfois, surtout dans les poèmes où elle parle de son compagnon mort dans les camps. on sent qu’elle se reproche de ne pas avoir fait assez, qu’elle se demande si elle aurait pu faire plus. il y a même un poème où elle parle de cette idée qu’on répète souvent : « l’amour peut tout ». et elle, elle a l’impression de ne pas l’avoir assez aimé puisque son amour n’a pas suffi à le sauver.

et puis il y a la colère contre le système, évidemment, mais aussi contre tous ceux qui n’ont rien fait pour empêcher ça : l’état français, les collaborateurs, la population qui a laissé faire. et ce que j’aime aussi beaucoup, c’est comment elle dénonce cette hypocrisie : après coup, on célèbre ces déportés en les appelant des héros. mais dire « héros », ça permet de se dédouaner : ça sous-entend qu’ils étaient exceptionnels, que c’était leur destin, que tout le monde n’aurait pas pu survivre à ce qu’ils ont vécu. alors que si on les nomme simplement « victimes », on est obligés d’admettre qu’il y a eu un rapport de force, une injustice, et que nous (la société) n’avons rien fait pour eux.

et puis un héros, par définition, c’est quelqu’un qui agit, qui choisit, qui accomplit quelque chose. alors que ces gens n’avaient pas le choix. les appeler héros, ça fait comme si tout ça était un acte volontaire, alors qu’en réalité la majorité aurait préféré fuir, être traitée de lâche, plutôt que de vivre ce qu’ils ont vécu. il y a d’ailleurs un poème où elle raconte qu’on lui a dit à propos de son compagnon : « vaut mieux avoir aimé un mort qu’un lâche ». et à la fin, elle écrit qu’elle espère qu’ils ont raison, parce que sinon, au fond, elle aurait préféré qu’il soit lâche et vivant.

bref, c’est un texte très court que j’ai vraiment beaucoup aimé. c’est à la fois plein de rage, triste, en colère contre tout et tout le monde, mais derrière toute cette colère on sent surtout une énorme détresse et une profonde impuissance. et c’est ça qui rend le texte encore plus touchant.
ça m’a donné mille fois envie de lire tout ce qu’elle a pu écrire sur cet événement. vraiment, quelle grande dame ! chapeau.


c'est marrant d'ailleurs, après avoir réfléchi et écrit mon avis je suis tombée sur son interview à la fin du recueil et voilà ce qu'elle même en dit (et qui résonne 100% avec tout ce que j'ai dit au-dessus)

D'ailleurs c'était une détermination: je l'avais dit à mes camarades, quand j'étais encore à Ravensbrück (j'ai été transférée à Ravensbrück après Auschwitz) et que je pensais à ce livre.
Et puis, je ne voulais pas renseigner. Au retour des déportés, les gens étaient avides de détails. Ils voulaient savoir. Les journaux étaient remplis de comptes rendus, nombre de déportés ont écrit des livres informatifs : on se levait à telle heure, on se couchait à telle heure, on faisait tel ou tel travail, l'appel, la soupe, etc. Toutes ces informations étaient extrêmement utiles, mais moi je n'éprouvais pas le besoin d'y contribuer. Ce à quoi je voulais atteindre, c'est à une information plus haute, inactuelle, c'est-à-dire plus durable, celle qui ferait sentir la vérité de la tragédie en restituant l'émotion et l'horreur.
Profile Image for riris .
84 reviews6 followers
June 14, 2024
Coup de cœur <333
Une plume vraiment phénoménale qui donne à vivre une expérience plus personnelle et sensible des camps
Un nouveau favoris !!
Profile Image for Emma Draws.
160 reviews13 followers
April 2, 2025
La poésie comme seul moyen d’atteindre avec justesse au meilleur comme au pire. Ici au pire. À lire ! C’est beau et accessible
Profile Image for lauréna.
31 reviews1 follower
August 16, 2025
comme il a dit lu d’une traite en pleurant
69 reviews
August 9, 2025
Coup de cœur ♥️
De multiples poèmes (ci ce n’est tous) poignants, simplement magnifique !

Quelques extraits :

« Il est mort
Parce qu’il faut à une histoire d’amour
Pour qu’elle soit belle
Une fin tragique
La nôtre était magnifique
Pourquoi faut-il que vous l’emportiez toujours
À la fin
Avec vos lieux communs. »

« en enfer, on ne voit pas mourir ses camarades
En enfer, la mort n’est pas une menace
En enfer on a plus ni faim ni soif
En enfer on attend plus
En enfer il n’y a plus d’espoir et l’espoir est d’angoisse au cœur d’où le sang se retire.
Pourquoi dites-vous que c’est l’enfer, ici. »

« Qu’on revienne de guerre ou d’ailleurs
Quand c’est d’un ailleurs
Aux autres inimaginables
C’est difficile de revenir

Qu’on revienne de guerre ou d’ailleurs
Quand c’est d’un ailleurs
Qui n’est nulle part
C’est difficile de revenir
Tout est devenu étranger
Dans la maison
Pendant qu’on était dans l’ailleurs

Qu’on revienne de guerre ou d’ailleurs
Quand c’est d’un ailleurs
Où l’on a parlé avec la mort
C’est difficile de revenir
Et de reparler aux vivants.

Qu’on revienne de guerre ou d’ailleurs
Quand on revient de là-bas
Et qu’il faut réapprendre
C’est difficile de revenir
Quand on a regardé la mort
À prunelle nue
C’est difficile de réapprendre
À regarder les vivants
Aux prunelles opaques. »


This entire review has been hidden because of spoilers.
Profile Image for Cucuchette.
64 reviews3 followers
March 20, 2024
ce recueil m'a mis une grosse claque, je suis pas une fervente lectrice de poésie habituellement, mais là j'ai vraiment été emportée

il est à propos de la Shoah et plus particulièrement de Auschwitz (puisque Charlotte Delbo y a été envoyée et en est revenue)

le recueil n'est pas seulement à propos des horreurs vécues là-bas mais aussi de l'après, les traumatismes, les pertes, l'absurdité du retour à la vie banale quand on sort d'un camp de concentration

on entend souvent parler à propos de cette guerre des juifs comme d'un grand groupe, au point qu'on peut parfois ne pas concevoir correctement qu'on parle de vies humaines.
dans ce recueil justement, je trouve que l'individu est remis au centre grâce à la poésie et à l'intimité que Charlotte Delbo nous partage, et c'est ça qui m'a mis une claque justement

l'entretien avec le journaliste à la fin du recueil était aussi très intéressant et c'est un apport très pertinent pour mieux comprendre la démarche de Charlotte Delbo

Je recommande vivement
Profile Image for Loréna.
224 reviews11 followers
Read
May 1, 2024
"quand nous marchions enlacés
la forêt était toujours
la forêt de notre enfance
nous n'avions plus de souvenirs séparés
il embrassait mes doigts
ils avaient froid
il disait les mots que disent les amoureux du mois de mai
j'étais seule à entendre
on n'écoute pas ces mots-là
pourquoi"

"et je suis revenue
ainsi vous ne saviez pas,
vous,
qu'on revient de là-bas
on revient de là-bas
et même de plus loin"
Profile Image for Fanny.
35 reviews
January 9, 2025
Écrire de la poésie sur Auschwitz. Pour "faire sentir la vérité de la tragédie en restituant l'émotion et l'horreur".

Dur, très dur, et très triste. Impossible de noter un tel livre qui est d'une puissance évocatrice très forte.
Displaying 1 - 12 of 12 reviews

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