À Clerdun, les enfants meurent sans raison. Virginie est infirmière en pédiatrie. Elle habite près de la Raffinerie, aux abords d’un marais. Elle observe les pieuvres qui y vivotent tandis que, dans son ventre, un autre genre de créature pointe le bout de son nez. On la tient pour folle mais elle en est persuadée : les pieuvres veillent au grain et pourraient nous sauver… Un roman aux allures d’anticipation qui aborde l’éco-anxiété sous un angle intime et sensoriel.
C'était si beau ! Certaines envolées sensibles m'ont laissée sans voix.
Sensible, c'est d'ailleurs ce que je retiendrai pour qualifier ce roman, toute en finesse (notamment lorsqu'il s'agit d'incarner des personnages), qui serre le cœur mais dont on ne ressort pas casser en deux.
« Elles sauront immiscer leurs tentacules là où personne ne va, faire remonter à la surface tout ce qu’on laisse tapi et qui nous asphyxie. »
Virginie est infirmière en pédiatrie et habite près d’une raffinerie où son mari travaille. Dans cette petite ville, les enfants meurent sans raison. Au bout de son jardin, elle observe les pieuvres qui vivent dans le marais. Leur présence n’est pas anodine. En elle grandit un bébé, et les inquiétudes de donner naissance à un enfant dans un monde où la mort semble s’immiscer de partout.
Un roman qui nous embarque dès les premières pages dans un semblant de folie, une sensation d’enlisement progressif, des évidences qui nous secouent et nous remuent au plus profond de nous-mêmes, sans savoir où tout cela va nous mener.
J’ai pu découvrir ce titre grâce à la masse critique de Babelio. Intriguée par ce résumé, ce côté thriller et parce que j’aime les pieuvres, j’ai tenté ma chance. Je suis très heureuse d’avoir eu l’occasion de lire ce livre qui rentre dans ma bibliothèque comme un ovni littéraire.
Nous plongeons dans cette petite ville française qui ne paye pas de mine. L’ambiance est assez morose avec Virginie qui travaille au service pédiatrique de l’hôpital, s’occupant principalement des enfants atteints de cancer. Ses journées ne sont pas très roses. Puis le soir, lorsque Virginie rentre chez elle, elle passe devant la Raffinerie, là où travaille son mari. Cela paraît anodin au départ, mais c’est pourtant un lieu qui prend tout son sens lorsque l’on comprend qu’il s’agit en réalité d’une centrale nucléaire. Le roman prend une autre tournure lorsque le festival de la ville se teinte d’une mort soudaine. Une adolescente décède alors qu’elle était en train de chanter avec sa chorale.
Je dis que c’est un ovni, car la plume de Pauline Parent rend le récit fantasmagorique. C’en est un peu perturbant au départ, en tant que lecteur, on a du mal à se représenter où est la réalité et où est l’imaginaire anxieux de Virginie. Le cours même de l’histoire en est perturbé. Le tout est porté par une plume tout en poésie qui gorge le récit de métaphores et de chimères. Une fois que l’on est habitué à cette particularité, le roman prend alors sa forme finale : nous ne sommes pas dans un thriller, mais dans le cauchemar de Virginie qui devient réalité. Un cauchemar écologique. En effet, l’anxiété de Virginie se décuple à la mort de cette première adolescente, puis de trois enfants de primaire, et lorsqu’elle apprend qu’elle est enceinte. Elle craint pour la vie de son enfant. La protagoniste tombe presque dans des crises psychotiques quand des alarmes alertent soudainement les habitants de Clerdun. Surtout, Virginie est attirée par le marais au fond de son jardin, un marais dans lequel elle voit des pieuvres qui semblent lui dicter la voie à suivre pour se protéger et protéger les autres. Elle vit à la fois les choses intensément, tout en étant très éloignée, les pensées dans le futur ou dans des scénarios irréalistes.
J’ai été prise dans cette histoire particulière qui mêle la question de la maternité et de l’éco-anxiété. Comment faire des enfants dans un monde aussi pollué ? Je ne m’attendais pas vraiment à ce que le récit tourne autour de cette maternité, et si j’étais sceptique au départ, Pauline Parent a réussi à me convaincre au fur et à mesure. Il y a des moments où je me suis dit que les scènes décrites relevaient plus de l’imaginaire que de la réalité, pourtant, lorsque la toute dernière page du livre nous révèle un témoignage sur Tchernobyl, l’œuvre prend une toute autre ampleur. Cependant, j’ai ressenti une légère déception, car le résumé me laissait croire que les pieuvres avaient un rôle important. Pas dans l’imaginaire de Virginie, mais dans la réalité. Ce sont des animaux intelligents que j’adore et que je m’attends à retrouver. Cependant, je ne blâme pas l’autrice, parce que la déception vient seulement de mes attentes subjectives et de l'idée que je me suis faite du roman à partir du résumé.
Une très belle découverte qui vaut la peine d'être lue, et qui donne surtout matière à réfléchir quant au futur que l'on veut donner à nos enfants ! Merci encore à Babelio et aux éditions La Singulière pour l'envoi !
Le Marais aux pieuvres est un premier roman audacieux et intrigant, mais aussi déroutant et parfois pesant. Si j’ai apprécié le grain de folie et la sensibilité du personnage principal au début, son basculement complet dans l’angoisse m’a semblé répétitif et peu engageant. Cela reste une lecture intéressante pour son approche sensorielle et sa réflexion sur l’éco-anxiété, mais qui ne m’a pas totalement convaincue. Une expérience à tenter si l’on aime les récits psychologiques denses et les atmosphères étouffantes.