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La Ruée minière au XXIe siècle: Enquête sur les métaux à l'ère de la transition

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Une nouvelle ruée minière d'une ampleur inédite a commencé. Au nom de la lutte contre le réchauffement climatique, il faudrait produire en vingt ans autant de métaux qu’on en a extrait au cours de toute l’histoire de l’humanité. Ruée sur le cuivre en Andalousie, extraction de cobalt au Maroc, guerre des ressources en Ukraine, cette enquête sur des sites miniers du monde entier révèle l’impasse et l'hypocrisie de cette « transition » extractiviste.
En analysant la nouvelle géopolitique minière, Celia Izoard met au jour un autre enjeu : répondre aux besoins en métaux colossaux du numérique, de l’aérospatiale ou de l’armement, dans un monde où les industries occidentales rivalisent avec les superpuissances des ressources que sont devenues la Chine et la Russie.
Sous la bannière de la « civilisation », du « développement », la mine a joué un rôle structurant dans l’expansion du capitalisme. À l'ère de la « transition », comment dépasser ce régime minier auquel les élites ont suspendu notre destin ?

Celia Izoard est journaliste et philosophe, spécialiste des nouvelles technologies au travers de leurs impacts sociaux et écologiques. Elle est l’autrice de Merci de changer de métier. Lettre aux humains qui robotisent le monde (Éditions de la Dernière lettre, 2020) et co-autrice de La machine est ton seigneur et ton maître (Agone, 2015). Elle a retraduit et postfacé 1984 de George Orwell (Agone, 2021).

314 pages, Kindle Edition

Published January 12, 2024

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About the author

Célia Izoard

12 books1 follower

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1 review
April 21, 2024
Accessible, très bien écrit, on sort de la lecture avec l'envie de détruire le capitalisme et d'avancer encore plus loin, plus fort dans la décroissance. En plus, le livre explique, documente et illustre ce que chacun devrait savoir sur la chimérique "transition énergétique". A lire !
Profile Image for Pierre.
35 reviews1 follower
November 1, 2024
Un des livres les plus importants sur le monde actuel parus cette année. Construit comme une enquête sur la ruée actuelle vers les ressources minérales, cet ouvrage démontre un certain nombre de faits, a travers un plan non linéaire mais très pédagogique.

Commençant au plus près des réalités du monde minier, elle démonte d’abord le mythe de la mine propre et responsable, puis l’idée que les ressources minières seraient nécessaires à la transition énergétique, alors qu’elles appuient aussi et surtout la croissance de secteurs numérique, de l’aéronautique et de l’armement. Elle élargit ensuite l’enquête aux origines du régime minier actuel, montrant qu’il est à l’origine du capitalisme occidental et de sa révolution industrielle, mais aussi de sa religion du progrès, dont la figure délirante d’Elon Musk est peut-être la meilleure incarnation présente.

Malgré l’aspect critique de la situation, le chapitre final de l’ouvrage évoque les cas de succès de la démocratie vers une décroissance minérale et trace quelques pistes d’actions individuelles et surtout collectives en ce sens.

Je sors de cette lecture éclairé sur cet enjeu capital pour le monde actuel, avec des pistes d’action.
Profile Image for Hypathie.
294 reviews20 followers
November 14, 2024
Après l'enfer numérique de Guillaume Pitron, la lecture de cet ouvrage de Célia Izoard s'imposait. Même thématique de l' "hallucination collective de la dématérialisation" et de la transition écologique, mais sous l'angle du minerais et des métaux, cette fois. Cette hallucination collective est due à la tertiarisation de l'économie que nous vivons dans les pays développés de l'hémisphère nord depuis la fin des années 80, où le fantasme de pays et économies sans usines a germé et prospéré. Sauf que les usines n'ont pas disparu, elles ont juste changé de pays et d'hémisphère. Or la réalité est en train de nous rattraper : nous n'avons jamais autant consommé de métaux, de minerais, de terres rares pour nos ordinateurs, nos serveurs, nos smartphones, nos éoliennes, nos panneaux solaires, l'industrie automobile et ses batteries bourrées de sels rares, tous nécessités par la "transition écologique". Pour la 5G, pour l'aviation, leurs équipements électroniques, et bien sûr, pour l'industrie de l'armement. Tous ces équipements sont-ils nécessaires ? La 5G et ses objets connectés n'est utile que pour l'industrie, les voitures électriques lourdes, monobloc, et leurs batteries de 200 KG, est-ce raisonnable ? Les smartphones qui servent moins à téléphoner qu'à envoyer des vidéos idiotes de soirées arrosées et de chat qui ronflent, et à regarder des vidéos pornographiques, valent-ils qu'on décapite des montagnes (mountain top removing), qu'on exploite et broie et rebroie des crassiers où ne restent des métaux qu'à l'état de traces, amalgamés au mercure et aux traitements à l'acide qui polluent l'environnement, détruisent la terre, rendant impossible les cultures vivrières des habitants du voisinage, et polluant leurs eaux ?
La mine a toujours été coloniale (exploitation d'esclaves dans la Rome antique, puis dans les colonies, déportation des populations puis destruction des cultures vivrières, suivies de vastes étendues désolées d'où il faut trouver un moyen de dissuader les oiseaux sauvages de venir se nourrir et s'abreuver. L'autrice décrit au début de l'ouvrage une visite dantesque à la mine Rio Tinto en Andalousie, mine visitable -quand la mine est fermée on peut encore en retirer des profits du tourisme, preuve que tout est mine et filon. Cette caractéristique coloniale dévoreuse de terres et de communautés, nous la retrouverons aussi bien dans l'Ardèche qu'en Bretagne, où des permis d'exploration minière ont été déposés, projets qui rencontrent déjà l'opposition des riverains malgré les promesses de mine propre de leurs promoteurs. La guerre en RDC, la mainmise sur l'Afrique de la milice Wagner ou ce qu'il en reste, même la guerre en Ukraine, sont motivées par des arrières pensées minières : le sous-sol de l'Ukraine regorge de minerais. La terre entière ne suffira pas pour notre goinfrerie d'artefacts, et l'autrice doute que la mystique du progrès technique résolve quoi que ce soit. La seule solution c'est la sobriété de l'hémisphère nord, voire sa décroissance, pour permettre aux gens du sud, moins développés, d'accéder à un niveau de vie décent et sobre également. Un livre à lire absolument : très documenté, érudit et convaincant.
Profile Image for Jean-Sébastien.
6 reviews
December 6, 2025
Une amie m’a fait cadeau d’un livre de Celia Izoard, philosophe et journaliste, qui publie notamment dans Reporterre et sur Mediapart. Spécialiste des mines et des chaînes d’approvisionnement du numérique, elle est l’autrice de La Ruée minière au XXIe siècle : Enquête sur les métaux à l’ère de la transition parue en 2024. Il s’agit d’un livre percutant.

Avec cet ouvrage remarquable, Celia Izoard met en lumière le paradoxe qui nous habite; « Pour régler le plus important problème écologique de tous les temps, on a recours à l’industrie la plus polluante que l’on connaisse ». Tel est le propos de l’autrice qui jette un éclairage nouveau sur les conditions de notre libération des énergies fossiles et de la transition énergétique, une transition qui nécessite des quantités colossales de terres rares et de minéraux aux noms imprononçables, mais qui ne sont pas moins essentiels au bon fonctionnement des éoliennes et panneaux photovoltaïques, mais également de nos cellulaires, écrans de télé, ordinateurs, voitures électriques, etc.

De fait, à y regarder de plus près, on constate rapidement que cette frénésie minière n’est pas sans conséquences pour l’environnement, car, afin de concentrer ces minéraux stratégiques, les minières doivent user de quantité faramineuse de produits dissolvant les impuretés, des produits qui pour la plupart souilleront une part toujours croissante de nos sols et cours d’eau. Et pourquoi? Dans quel but tirons-nous des entrailles de la Terre toujours plus de ces minerais? Qualifiés de stratégiques, nous nous empressons pourtant de les dilapider sur les marchés mondiaux où ils alimentent une industrie qui les gaspille sans état d’âme en produisant une panoplie d’appareils à l’obsolescence programmée.

Dans un tel contexte, la transition énergétique apparaît moins comme une planche de salut, qu’une entreprise de communication bien ficelée et orchestrée par l’industrie qui fait passer pour agneau le loup entré dans la bergerie. Or, ce retour en grâce de l’industrie minière aux yeux des décideurs ne doit pas faire illusion, puisque nous devons composer à nouveau avec ce que nous considérions il y a peu comme le reliquat « d’une société industrielle transcendée par la société de l’information ».

La transition énergétique a sa part d’ombre qu’il convient de ne pas ignorer. Cela est d’autant plus vrai que l’activité minière longtemps délocalisée revient chez nous. Elle revient par la grande porte pour des raisons de sécurité et de souveraineté certainement légitimes, mais dont le coût social et environnemental demeure élevé. Or, si nous souhaitons sortir des énergies fossiles sans détruire le peu qui nous reste, nous ne devrions pas mettre tous nos œufs dans le même panier et considérer d’autres avenues, comme la simplicité volontaire et la sobriété énergétique, par exemple. Elles sont peut-être les seuls véritables choix éclairés qui s’offrent encore à nous.
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