« J’ai oublié pourquoi je t’ai quitté. » Comment vivre quand on a le sentiment d’avoir éconduit l’amour de sa vie ? À quoi sommes-nous prêts pour le récupérer ? Anne étouffait dans son quotidien de mère et de femme. Elle n’avait pas compris qu’elle était comblée avant de tout envoyer valser pour vivre une passion avec un homme plus jeune qu’elle. Après le succès de L’homme que je ne devais pas aimer, le nouveau roman d’Agathe Ruga révèle les regrets et la désillusion après la fuite. Il raconte surtout une histoire d’amour, celle d’Anne et Joachim, que seule l’écriture éternisera.
J'ai ri SI FORT, si souvent. C'est la zinzin zone full time. Tout ce que la cishétérosexualité en régime patriarcal produit de plus déjanté. C'est complètement barré, et si vrai. Agathe Ruga pousse au max tous les pires fantasmes de harcèlement que l'on ait pu avoir, toutes les fois où nous avons trouvé que la fiction valait vraiment mieux que la médiocrité du réel, toutes ces fois où il est bien plus simple de réécrire l'histoire dans le silence de l'autre, parce que c'est mieux, parce que c'est intense, plutôt que de vivre des choses simples avec des gens simples. J'ai adoré et j'ai tellement, tellement ri.
L’histoire d’une jeune femme, Anne, qui débute le récit avec le regret d’avoir quitté son mari. Les émotions sont mises à nu dans ce récit, sous une plume poétique, puissante, avec de petites touches d’humour et à la fois emplie d’une certaine colère.
Une lecture émouvante, saisissante, marquante que j’ai apprécié découvrir.
💬 « Si on m’avait prévenue durant cette période d’épuisement maternel que je retrouverais le désir de nous, je n’aurai pas tout gâché. Je n’appartiens qu’à un seul corps. Tu es ma promesse de l’aube. Le regard des autres ne fait que réveiller douloureusement le souvenir du tien ».
J'avoue ne pas avoir accroché avec les romans précédents alors j’avais un peu des craintes en me lançant dans celui-ci, le dernier d’Agathe Ruga. J’avoue que le résumé et la couverture m’ont intrigué alors j’ai tenté ma chance et j’ai été agréablement surprise !
Je dois dire que ce roman a su m’entraîner aux côtés d’Anne, cette femme qui regrette d'avoir quitté son époux. C’est intéressant ce point de vue féminin, car souvent, la question est traité du point de vue masculin, ou plutôt c’est la femme que l’homme regrette que l’on suit. J’ai aimé cette modernité pour commencer et évidemment, la souffrance d’Anne ne m’a pas laissé indifférente. On sent qu’elle a mal, qu’elle regrette profondément et si parfois, on frôle le harcèlement, la folie dérangeante de cet amour qu'elle ressent à nouveau intensément pour Joachim qui frôle la toxicité, j’ai aimé lire ça. j’ai trouvé que le roman se lisait merveilleusement bien, que tout était fluide et que les lignes entre réalité et fiction pouvaient séduire certaines et certains. Anne est autrice, a trois filles... Bref beaucoup d'éléments faisant penser à l’autrice elle-même qui ne cache pas d'apprécier raconter sa vie au travers de ses récits.
Mais pour en revenir à cette histoire, le lien avec le titre se fait merveilleusement bien et j’ai trouvé la encore une originalité concernant la fameuse porte dorée qui représente tellement pour cette femme qui attend, qui chasse parfois, qui blesse et qui voudrait dévorer Joachim. C’est un personnage féminin à la fois attachant, blessé, monstrueux parfois et qui tente de trouver tout simplement qui elle est. Cela questionne aussi notre société sur le fait qu’une fois que l’on a coché le couple, les enfants, la maison et le travail, le succès donc social, que reste-t-il ? Est-ce qu’une femme amoureuse peut vraiment être si indépendante que cela ? Ne dépend-elle pas de l'amour ? De son égo ?
J’ai aimé découvrir ces amours, ce romantisme virtuel (et tromperie 2.0) ainsi que la force féminine, la solidarité aussi notamment entre Rose et sa mère.
C’est doux, amer. C’est plein d’émotions qui nous bercent jusqu’à la fin du roman ! Cela m’a vraiment réconcilié avec la plume d’Agathe Ruga. J’espère désormais que le prochain saura autant me charmer, me questionner après celui-ci sur le plaisir féminin, le temps qui passe, les regrets et la toxicité sous divers visages.
La première partie n'est qu'une longue litanie de clichés de la femme triste qui boit du rosé dans sa baignoire (servi par sa fille adolescente) et repense aux moments durant lesquels elle était à Venise (forcément) avec l'homme perdu. Le style est simple voire simpliste ce qui est sûrement voulu par l'autrice, l'utilisation du "Tu" à outrance est criard, probablement pour nous impliquer dans le récit dans lequel très franchement je n'avais aucune envie d'être impliquée.
La seconde partie avec le parallèle avec le Rendez-vous à la Porte Dorée était un peu plus intéressant sans réussir toutefois à faire de ce roman une bonne lecture.
Le sujet de fond moderne et contemporain du regret aurait mérité un traitement moins poncif. C'est un non.