Paulette, Émilie, Alice, Jane, Cécile, Lucie et Andrée Nardal : sept sœurs, femmes de lettres et musiciennes, originaires de la Martinique. Paulette et Jane font partie des premières femmes noires à entrer à la Sorbonne dans les années 1920.. Elles créent le « salon littéraire de Clamart ». Paulette contribue à fonder La Revue du monde noir tandis que ses sœurs écrivent des articles engagés et universalistes. Pourquoi les sœurs Nardal ont-elles été gommées de l'histoire militante au profit d'Aimé Césaire et de Léopold Sédar Senghor ? Quelles dissensions les opposaient ? De Fort de-France à Paris, en passant par l'Angleterre et les États-Unis où Paulette fut députée à l'ONU, Léa Mormin-Chauvac retrace leur vie. Si leur rôle commence à être reconnu, un long chemin reste encore à parcourir pour leur réhabilitation. Ce livre y participe, rendant hommage à ces femmes, symboles des luttes féministes et antiracistes.
Petit panorama historique sur les sœurs Nardal (surtout autour de Paulette et Jane bien qu'on mentionne ça et là les accomplissements des autres sœurs) où on s'intéresse au contexte politique dans lequel elles émergent, leurs travaux et accomplissements (et bien entendu à la disparition ou l'invisibilisation de ceux-ci jusqu'à tout récemment), à ce qu'elles ont accompli dans la formation du mouvement de la négritude et du féminisme noir et on note aussi leurs accomplissement littéraires, académiques et culturels.
On touche vraiment un peu à tout, parfois on va parler longuement d'une période ou d'un moment historique avant de parler comment Paulette Nardal s'y inscrit, d'autres fois, on analyse comment telle ou telle figure parle des sœurs Nardal. On prend un peu de temps pour analyser les écrits qui ont survécu, juste assez pour mettre l'eau à la bouche de la lecture du texte en le replaçant historiquement et comment leur autrice a pu penser historiquement l'écriture du texte.
C'est 178 pages de textes (si on exclut la bibliographie), mais ça m'a paru presque très court, mais une lecture qui fait en sorte je pense que j'aurais beaucoup de plaisir à lire Écrire le monde noir: Premiers textes, 1928-1939 qui vient enfin d'arriver au Québec cette semaine [cet essai est arrivé la semaine dernière]. J'apprécie ces publications extrêmement rapprochées, j'espère que ça créera un petit moment Nardal.
Sujet très intéressant, qui donne envie de connaître l'œuvre des sœurs Nardal. Pourtant malgré mon grand intérêt pour le sujet j'ai eu beaucoup du mal à finir ce livre car je n'ai pas accroché au style d'écriture très prosaïque à mon goût, ni à la forme qui m'a parue un peu décousue avec des répétitions inutiles. J'ai souvent eu beaucoup de difficulté à savoir qui parle dans les citations (ou citations de citations) qui s'enchaînent. Mon appréciation négative n'enlève en rien le mérite de l'entreprise qui est de faire connaître ses femmes méconnues au grand public.
Bien qu’étant martiniquaise, je n’avais jamais entendu parler des sœurs Nardal avant 2024. La pédagogie de l’autrice m’a été précieuse. J’ai ainsi pu découvrir des pionnières de la défense de la cause noire, à l’œuvre prolifique, mais qui ont été invisibilisées au profit de leurs homologues masculins, comme Césaire et Senghor. Le parcours des sœurs, et surtout de Paulette Nardal, est inspirant. Ça fait du bien d’avoir un modèle de femme noire brillante, fière de ses racines africaines et revendiquant son identité noire. On voit que la famille Nardal était talentueuse, ambitieuse et déterminée.
Cependant, l’autrice ne met pas Paulette Nardal sur un piédestal et témoigne de sa complexité et de l’ambiguïté de ses prises de position, qui peuvent rendre difficile la compréhension de qui cette femme était vraiment et de ce qu’elle pensait. En effet, elle s’est parfois réfugiée dans un silence qui pourrait la rendre complice du colonialisme à certains égards. J’ai beaucoup aimé la démarche de l’autrice, dont on perçoit les questionnements alors qu’elle retrace les mille vies des sœurs Nardal. Au-delà de son remarquable travail de recherche, j’ai apprécié qu’elle nous laisse nous forger notre propre opinion, notamment en interrogeant des spécialistes qui défendent différents points de vue sur les sœurs Nardal et leur engagement. Les sources et les entretiens apportent un précieux éclairage sur ces figures qu’on a trop longtemps laissées dans l’ombre.
Bravo à Léa Mormin-Chauvac pour ce travail qui m’a permis un premier contact avec les sœurs Nardal. A ces dernières, j’adresse un grand merci pour s’être fait une place dans un milieu hostile, pour avoir défendu leurs idées, pour l’héritage qu’elles nous ont laissé et dont je compte me saisir en découvrant enfin leurs écrits !
J'ai adoré en apprendre plus sur le courant de la négritude et sur ses fondateurs.ices. Excellente preuve que derrière chaque exploit, les femmes qui y ont contribué sont constamment invisibilisées. J'ai tout de même trouvé le dernier chapitre un peu lassant car beaucoup d'énumérations de noms de personnalités.