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« Il a connu d’autres disparitions, des séparations douloureuses, mais aucune ne le ravage comme celle-ci. Aucune ne lui a ôté son âme.
Il lui faut apprendre à vivre sans. Vivre n’est pas le mot juste. Car une vie sans âme n’est plus une vie, c’est un désert. Elle doit être appelée autrement. Ce qui reste, par exemple. » *****
Ce qui reste d’Anthony Malo au début de ce roman, c’est un homme qui se prépare à mourir seul dans la neige, près de la bergerie dans laquelle il vit dans une solitude presque totale. Le lecteur découvre alors progressivement, au moyen d’une judicieuse construction à rebours, ce qui l’a mené là, à travers différents épisodes de sa vie et surtout, à travers les femmes qui ont traversé celle-ci : Victoria, l’infirmière, Jeanne, Katel, son grand amour, et sa mère. C’est le prologue qui parachève cet éclairage par petites touches d’une vie placée à la fois sous le signe de l’amour, de la douceur et de la violence.
J’ai beaucoup aimé ce livre, tant pour l’originalité de sa trame inversée et pour son style littéraire élégant que pour la beauté qui se dégage des descriptions de la nature. A l’image du Walden de Thoreau, auquel il est fait explicitement allusion, Anthony s’est retiré du monde, peut-être pour tenter d’échapper à cette nuit omniprésente :
« La citation d’une pièce de Shakespeare que Katel s’est appropriée lui revient, « Comment va la nuit ? ». <…> « Elle va mal, répond-il à voix haute dans ce désert nocturne. Elle va très mal. »
Un magnifique roman, empreint de violence et de poésie, que je vous recommande sans hésiter.