C'est une biographie romancée de Mika Etchebéhère, née en Argentine d'immigrés juifs, qui va mener une vie de lutte anarchiste et antifasciste.
J'ai plusieurs remarques à faire, un peu en vrac parce que j'ai du mal à organiser de manière logique ce que j'ai envie de dire. Ce livre a passé beaucoup de temps à me dire "Regardez comme cette femme a vraiment été *au coeur de l'Histoire* en rencontrant telle figure importante et telle autre et telle autre", sans jamais explorer ce que ces rencontres auraient pu avoir d'intéressant. Comment telle rencontre a influencé le destin de Mika Etchebéhère, qu'est-ce qu'elle a pu retenir de cette rencontre. Comment s'entendaient-ils, quels étaient leur différends, en quoi elle-même a-t-elle influencé l'autre personne en question ? Il n'y a guère que 2 autres personnes/personnages pour lesquels l'autrice a exploré ces questions et, marrant, deux hommes amoureux de Mika Etchebéhère. A part ça on ne cesse de nous dire "elle a eu pleins d'échanges hyper intellectuel avec telle personne" et..... on ne nous donne aucune substance. Au final, à part les grandes lignes de l'antifascisme et de l'anarchisme, je n'ai aucune idée des idées et opinions que tenaient Etchebéhère, on n'a en rien affuté son portrait intellectuel/idéologique. Par contre pfiou, qu'est-ce qu'on passe comme temps à nous romancer sa relation avec son mari. Y'avait déjà ce truc dans l'autre roman de Elsa Osorio que j'ai lu, Luz ou le temps sauvage que, au contraire, j'avais adoré malgré cette idée que : l'amour (romantique) c'est ce qui fait que vivre dans un monde de merde (fasciste) ça vaut quand même le coup. Le sens de notre existence est sauvé si on a connu l'amour, au final. Enfin bref.
Je copie colle ce que j'avais écrit quand j'avais atteint la page 237 : A cent pages de la fin ça y est je viens de comprendre le propos du livre. Et j'suis concon, parce que c'est littéralement le titre. Je m'attendais à ce qu'on me dresse le portrait de cette militante anarchiste et je me frustrais que la narration du livre vide toute substance à l'engagement de cette femme, que finalement on ne sait rien du tout sur ses idées. En fait, l'aspect anar, ce livre s'en fout. Ce livre veut juste montrer "Regardez ! Cette femme a obtenu un grade au sein de l'armée ! Cette femme commandait des hommes !" Du féminisme vidé de sens en fait. Comme si obtenir des statuts traditionellement réservé aux hommes étaient une victoire et une fin et que le reste, c'est pas important. J'ai juste l'impression que c'est une façon pour le féminisme libéral de récupérer le destin de Mika Etchebéhère, militante anarchiste et antifasciste, et de ne surtout pas parler de son idéologie. D'en faire juste un exemple de "réussite au féminin dans un milieu masculin hihi". Au final, irrespectueux.