Spécialiste de l’histoire des femmes et de l’histoire du mouvement ouvrier au Québec, Andrée Lévesque a été professeure titulaire à l’Université McGill. Elle a fait paraître plusieurs ouvrages, dont la biographie Éva Circé-Côté, libre-penseuse, 1871-1949 (2010), Scènes de la vie en rouge: l’époque de Jeanne Corbin, 1906-1944 (1999) et dirigé le collectif Madeleine Parent, militante (2003), tous à l’enseigne des Éditions du remue-ménage.
(3,5) Une approche originale de l'histoire sociale du Québec, à savoir l'étude d'une lignée d'illustres inconnues appuyée sur des registres paroissiaux et des monographies, mais qui montre souvent les limites de son sujet au plan documentaire et qui aurait bénéficié d'une bonne synthèse en guise de conclusion.
Un peu trop de noms et de dates, qui alourdissent la lecture, mais une belle tentative de mettre en valeur la vie et le travail des femmes dans l'histoire du Québec.
Incroyable épopée historique qui suit le destin de 10 générations de femmes ordinaires depuis l'arrivée de Jeanne Perrin partie de La Rochelle en 1658. Fascinant.
Si on en apprend peu sur lesdites filles de Jeanne, dû généralement au fait de l’absence de traces écrites, l’auteure nous dépeint tout de même un Québec rural fort intrigant, qui a étonnamment peu évolué entre le 17 et le 19e siècle. Et il faut dire que le livre touche une corde sensible, parlant de la paroisse de Yamachiche voisine de la mienne (de naissance) et d’un certain David Lefebvre inspecteur des écoles!
3.5. Une approche intéressante de l'histoire sociale du Québec, car l'autrice, une historienne, tente de retracer la vie de plusieurs générations de femmes. Pourquoi a-t-elle choisi Jeanne plutôt qu'une autre? Sans doute parce que sa destinée semblait hors du commun; une femme mariée, de confession protestante, qui quitte la France pour venir travailler comme comme servante en Nouvelle-France. Les générations suivantes se feront cultivatrices, puis plus tard fileuses en Nouvelle-Angleterre avant d'aller coloniser l'Abitibi. Si on ne peut pas s'attacher aux diverses protagonistes qui nous filent entre les doigts parce qu'elles ont peu laissé de traces, on peut en revanche apprécier l'occasion qui nous est donnée de suivre l'histoire des divers moments qui ont marqué l'histoire sociale québécoise (la colonisation, l'émigration aux États-Unis, le retour à la colonisation pendant les crises économique.) Si le travail de l'historienne est impeccable, cela reste aussi un livre très accessible.
Très intéressant, mais j'ai remarqué quelques erreurs de date dès le premier chapitre. (Ex : l'arbre généalogique de la page 59 omet la date de naissance de Nicolas Leblanc, qu'on peut pourtant déduire en lisant la page 46 (1637, s'il avait 27 ans lors de son mariage en 1664). L'écart d'âge entre lui et sa femme est donc de 12 ans, et non 8 ans, comme indiqué à la page 47. Cet arbre généalogique est aussi en conflit avec le texte au niveau de l'année de décès de Marie Duteau (1677, alors que la page 56 dit 1675). Et enfin, cet arbre généalogique liste Marie Anne Leblanc (p.51) comme deux personnes distinctes, Marie ET Anne! Qui est à blâmer pour ces erreurs - l'autrice, ou la révision? Je n'ai pas poursuivi ma lecture.