Quand j’ai commencé ce roman, le ton a vite été donné. J’ai ressenti. En quelques phrases, la messe était dite. Je savais que j’allais être prise aux tripes.
L’histoire nous est racontée alternativement par Stan et Mia. Ils sont tombés amoureux il y a quelques années et à la suite d’une dispute, il est parti prendre l’air. Aucun ne savait que Stan ne reviendrait pas.
Au début, dans la tête de Mia, nous vivons le chagrin qui la terrasse. Ce qu’elle décrit ne suscite que trop notre empathie et j’en avais le ventre noué de la lire. Je me souviens d’une fin de chapitre en particulier, qui m’a carrément fait couler quelques larmes.
Il en est de même pour les premiers chapitres du point de vue de Stan. Ils parviennent à nous faire prendre conscience de la futilité qui peut trop facilement prendre le pas sur les choses les plus importantes et du fait qu’on perd, beaucoup trop souvent, du temps avec des choses qui n’en valent pas la peine. Quand je les lisais, ça me donnait une envie irrésistible de tout plaquer pour faire le tour du monde et profiter le plus possible de la vie.
Et puis, survient un évènement. Un incroyable évènement dont on devine très vite ce qui donnera la fin du roman.
Pourtant, même si c’est inéluctable et qu’il ne peut pas en être autrement, une partie de moi espérait se tromper. Tout le long de ma lecture, je croisais les doigts pour une happy end en pressentant qu’en réalité, je finirais en larmes. Alors, j’ai dévoré les pages.
Dans le même temps, on apprend à connaître les personnages. Rapidement, je dois dire que Mia m’a agacée. Autant je compatissais pour elle dans le chagrin, autant après, elle m’énervait. Elle a un caractère impulsif et passionné qui la rend irascible et incapable de raisonner quand elle se met une idée dans la tête. Autant parler à une huître quand elle est de mauvaise humeur car vraiment, niveau communication, elle ne brille pas.
En face, Stan m’a paru passif. Peut-être est-ce le fort caractère de Mia qui fait qu’il m’a paru effacé par rapport à l’histoire? Je ne sais pas mais le résultat est là. Je n’ai plus adhéré aux personnages.
Le truc qui a fait que je suis restée dans l’action, c’est la question qui me taraudait et qui n’a trouvé de réponse qu’à la fin, évidemment. Coralie Janne a su me tenir captive de sa plume et de son intrigue alors que ses héros ne me faisaient pas réagir plus que ça et c’est un grand point fort!
Le final m’a émue dans un premier temps. Mon esprit critique a fini par réagir et je reste donc sur un sentiment mitigé, partagé entre la déception et l’émotion. Bien que j’ai vu venir la fin, sans vouloir y croire car je suis une fleur bleue, j’ai trouvé qu’elle était amenée de façon abrupte. Comme si l’auteur n’avait plus eu le temps et qu’elle s’était dit: « allez, balec, j’en ai marre, je termine maintenant. »
En parallèle, l’on pourrait également suranalyser cette fin comme une symbolique en soi. Après tout, le thème de ce roman n’est-il pas la mort et la surprise de sa survenance?
En conclusion, Et si tu revenais retombe comme un soufflé pour la fin du récit. Il y avait quelque chose qui m’a émue dans la description des sentiments des héros et en passant à autre chose, j’ai eu l’impression que l’auteur a perdu son inspiration. Je ne garderai donc pas ce récit en tête mais il y avait un potentiel, c’est certain.