Gisèle Pineau interroge la possibilité de vivre avec les ombres des ancêtres. Le roman vibrant de générations marquées par l'histoire commune de l'esclavage.
Margy et Yaëlle vivent en Guadeloupe. Pour ces amies-sœurs, tout se partage depuis l'école maternelle : les premières fois avec des garçons, les épreuves du bac ratées, les danses et sorties la nuit, les rêves d'une vie d'artiste, la violence des hommes et la foi en leur rédemption. Quand, à la demande de son petit ami Benja, Margy avale une trentaine de boulettes de cocaïne et réussit sans accident à débarquer en France, elle en déduit que c'est là de l'argent facile, l'espoir d'un avenir meilleur. Alors pourquoi ne pas enrôler son amie dans le business ? Yaëlle à son tour y voit une échappatoire. Mais en plein vol vers Paris, elle est prise de convulsions : les capsules se rompent, l'une après l'autre, répandant la cargaison dans son corps. D'autres femmes avant elle avaient rejoint Paris : Annette, sa tante, qui a fui très tôt dans l'espoir d'enterrer un secret honteux. Joycy, une jeune Nigériane, échappée des réseaux de prostitution, qui aspire à une seconde chance. Et Maya, étudiante métisse qui cherche à connaître les origines de son père, inconnu au bataillon. Y aurait-il un lien entre tous ces destins ? Roman magistral où se tissent les vies de femmes et d'hommes reliés par un héritage invisible de douleur, La vie privée d'oubli analyse les conséquences des traumatismes des générations précédentes sur les suivantes. En explorant la place de la mémoire intime et celle de la mémoire collective dans le déroulé de nos existences, Gisèle Pineau interroge : comment panser les plaies d'un autre âge ? En lire moins
Gisèle Pineau is a French novelist, writer and former psychiatric nurse. Although born in Paris, her origins are Guadeloupean and she has written several books on the difficulties and torments of her childhood as a Black person growing up in Parisian society.
During her youth, she divided her time between France and Guadeloupe due to her father's stationing in the military.[2] Pineau struggled with her identity as a Black immigrant due to the racism and xenophobia she experienced at her all-white school in the Kremlin-Bicotre suburb.[2] Pineau took to writing in order to console the difficulties of her French upbringing and Caribbean heritage, as her works would connect the two cultures rather than separating them.[3][4]
In her writings, she uses the oral tradition of storytelling in fictional works to reclaim the narratives of Caribbean culture.[4] She also focuses on racism and the effects it can have on a young girl trying to discover her own cultural identity. Her book L'Exil Selon Julia highlights this, as she relies on the memories and experiences of her aged grandmother to help her learn about her society's traditions and her own cultural background. In the book, she also mentions that the discrimination she felt as a youngster did not only apply to French society in Paris, but also to the people of Guadeloupe, who rejected her for being too cosmopolitan upon her return to the land of her ancestors.
She for many years lived in Paris and, whilst maintaining her writing career, has also returned to being a psychiatric nurse in order to balance out her life; but she recently has moved back to Guadeloupe.
Je suis bouche bée. J’ai adoré la plume de Gisèle Pineau que je ne connaissais pas et qui m’a conquise. Complètement. Pour moi ce livre est magistral et se rapproche de la perfection.
Il rejoint ma bibliothèque au rayon des ouvrages qui ne me quitteront plus.
Voilà, pas de spoilers, pas vraiment de détails non plus pour cette nouvelle critique. Juste deux mots de plus: lisez-le.
Un livre sur l’épigénétique des Antillais à recommander! Bémol : des personnages sans consistance qui nous échappent très vite dès qu’ils réapparaissent, et le rythme long et lent du récit ne nous donne pas envie de retourner en arrière pour savoir de nouveau qui ils sont…
La vie de plusieurs générations issue d'une même femme africaine enlevée au 19eme siècle et envoyée dans l'enfer de l'esclavage en Guadeloupe. Elle hante ou materne ses descendants - c'est selon. Tous sont marqués par la blessure de l'esclavage. J'ai trouvé le récit un peu long.
Gisèle Pineau est définitivement sous-cotée. Elle parle des ravages de l’esclavage et de la traite négrière sur les peuples afrodescendants tout en nuances et en douceur. C’était magique!
C’est un livre qui m’a beaucoup touchée, parce qu’il m’a parlé. J’ai parfois reconnu des bouts de mon histoire familiale et des questionnements identitaires qui peuvent nous traverser en tant qu’Antillais.e.s, nous qui avons trop de fois été condamné.e.s au déracinement. Il s’agit d’un récit très dense et qui peut sembler parfois complexe à cause de l’alternance des nombreux points de vue et des changements de temporalité. Mais cette richesse, cette densité reflète à mon sens la complexité des histoires des familles antillaises. Remonter jusqu’aux douloureux temps de l’esclavage permet de comprendre que tout est lié. Ce procédé narratif illustre les traumatismes transgénérationnels et les conséquences de l’esclavage, ce lourd héritage dont les générations actuelles font encore les frais. Cela se traduit par différents aspects, qu’il s’agisse de santé mentale, des dynamiques familiales ou des comportements toxiques. Il s’agit d’un constat et non d’une excuse. Prendre conscience de ces mécanismes permet justement de prendre du recul et de chercher des solutions. J’ai aimé suivre ces femmes aux trajectoires différentes. Ces femmes touchantes, brisées par la vie. La sororité fait plaisir à lire, au milieu des horreurs qu’elles traversent. La plume de l’autrice, que j’ai trouvé très moderne, rend la lecture fluide et nous immerge dans ce récit passionnant, pour tout ce qu’il contient ; des ressources historiques et des réflexions pertinentes. Ce n’est pas une lecture des plus faciles mais des plus nécessaires. Et même si notre cœur se serre souvent à la lecture de ces pages, les réponses que l’on y trouve permettent d’apaiser certaines de nos douleurs, profondes. Avertissement : violences physiques, sexuelles, contenu mature Reco : No home, de Yaa Gyasi (l’histoire de l’esclavage et de ses conséquences à travers une saga familiale s’étendant sur plusieurs générations)