Le plateau du Larzac a été au coeur d'une lutte qui a mobilisé des centaines de milliers de personnes à partir de 1971. Tout a débuté lors de l'annonce de l'extension du camp militaire situé sur le plateau. Menacés d'expropriation, les agriculteurs s'engagèrent dans un combat qui, durant une décennie, mobilisa autour d'eux un large et hétéroclite mouvement, dynamisé par les comités sur tout le territoire. À travers cette lutte paysanne, le Larzac reste encore aujourd'hui un symbole de résistance, de mobilisation pour la défense de l'environnement, de l'aménagement du territoire et tout simplement du monde rural.
La préface de José Bové, ancien député européen et un des fondateurs de la Confédération paysanne, permet de circonstancier le mouvement qui a agité cette région, presque désertique, le Larzac, dans le centre de la France. Pendant dix ans, la résistance paysanne réussit à attirer l’attention autour de son combat : garder les terres pour l’exploitation agricole plutôt que les réquisitionner comme terrain de manœuvre pour l’armée. La sympathie des médias, et aussi des dessinateurs, avec son journal « Gardarem lo Larzac » si célèbre et sa radio qui assurait le relais des informations, ont permis de relayer le bras de fer engagé avec l’Etat.
Pierre-Marie Terral, professeur d’histoire géographie et historien des luttes, a fait paraître en 2011, Larzac : De la lutte paysanne à l’altermondialisme et en 2017, Larzac, terre de lutte, une contestation devenue référence. Autant dire que sa présence dans cette bande dessinée apporte une documentation fondée sur les faits historiques et les publications de l’époque. Sébastien Verdier, dessinateur au départ autodidacte, entre par hasard mais avec beaucoup d’envie dans l’équipe du magazine Pif. Sa bande dessinée Orwell, constituée avec Pierre Christin et parue en 2029, fut très remarquée. Son dessin, toujours en noir et blanc, est une signature.
Brins d’histoire Unilatéralement, l’Etat décide d’agrandir le camp militaire situé sur le Causse du Larzac en faisant passer sa superficie de 3000 hectares à 17 000 hectares. En 1971, Michel Debré en fait l’annonce à la télévision, froidement, un soir au journal télévisé. Situé entre Millau au nord et La Couvertoirade au Sud, ce plateau du Larzac est le royaume des brebis et grâce à elles, de la production du Roquefort.
Le mouvement naît avec le soutien des ouvriers des entreprises de production et les autorités religieuses locales. Mais, le véritable coup de pouce contestataire viendra du mouvement maoïste. En effet, le 17 février 1972, la police avait abattu un militant, Pierre Overney, devant les usines Renault de Boulogne Billancourt. De nombreux intellectuels, par engagement, s’étaient fait embaucher dans les usines pour faire vivre leur engagement. Ils savaient que leur contestation avait changé de ton. Ils décident de reprendre la route vers le Larzac et de se faire embaucher dans les fermes.
De plus, au sud du plateau, la communauté de l’Arche, avec à sa tête le philosophe Lanza Del Vasto, décide de poursuivre le mouvement mais de manière non violente. Avec sa grève de la faim, il attire les premiers journalistes et les premiers hippies.
Lorsque les paysans décident de fêter le 14 juillet 1972 en montant avec leurs tracteurs à la préfecture de Rodez, plus de 20 000 personnes les accueillent.
La lutte du Larzac est faite de ces axes fondateurs et commence véritablement par l’accord de paysans de ne pas vendre leurs terres à l’armée. Ainsi, cette bande dessinée Larzac, histoire d’une résistance paysanne est la première œuvre d’envergure à reprendre cette histoire de la seconde moitié du XXème siècle.
En conclusion, En incluant des documents de l’époque, la bande dessinée soutient son propos avec sérieux. Cette bande dessinée Larzac, histoire d’une résistance paysanne est le récit très documenté de cette lutte qui dura dix ans mais qui se conclura par une victoire, celle de la terre et des brebis sur l’armée. Un sujet d’actualité ! Chronique illustrée ici https://vagabondageautourdesoi.com/20...
En Octobre 1971, sous la présidence de Georges Pompidou, Michel Debré, alors ministre de la Défense nationale, annonce l'extension du camp militaire du Larzac, faisant passer sa superficie de 3000 à 17 000 hectares. Pour lui, le Larzac , aux confins de l’Aveyron et de l’Herault, est un Causse arriéré et désert et il suffira d’exproprier quelques éleveurs de chèvres ! En fait une centaine, qui découvrent, effarés, qu’ils vont être expropriés . Mais c’était sans compter la résistance de ces paysans , les « historiques » attachés depuis des générations à leurs terres mais aussi des plus jeunes et nouveaux venus, des « chevelus » , et cette lutte a priori sans espoir va durer ..10 ans !
Sous le signe de la non violence et de la désobéissance civile, comme le prône Lanza del Vasto qui soutient leur mouvement, s’enchaînent les manifestations pacifiques, dans la région mais aussi à Paris , tracteurs et brebis en tête , avec de multiples soutiens partout en France, et la fameuse « convergence des luttes » quand les ouvriers en grève de Lipp se joignent à eux.
Cette Bd raconte dans le détail ces dix années de lutte, avec un dessin en noir et blanc très réaliste de Sébastien Verdier, accompagné de vieilles photos de l’époque et même de quelques pages de Cabu , engagé dans le conflit. Un travail de cinq ans, nous dit la préface de José Bové (lui même partie prenante dans l’histoire) entre Verdier et Pierre Marie Terral « historien de la lutte ». Toute jeune étudiante à l’époque , j’avais des souvenirs de cette lutte historique mais pas dans les détails et cette BD m’a beaucoup appris. On ne peut qu’être touchés par la force de caractère et le combat de ces hommes et femmes du Larzac.
« Cet ouvrage va permettre à de nouvelles générations de lecteurs de s’emparer de ce moment de résistance civile non violente et pourquoi pas de s’en inspirer pour échapper à la fatalité » conclue José Bové. Une lecture que je conseille vivement en tous cas !
Il s’agit d’un combat de citoyens paysans pour garder leur terres qui ont été désignées dans un programme d’agrandissement d’un actuel site d’entraînement de l’armée française. Ce combat à duré 10 ans. Le projet d’annexion des terres a été abandonné par Mitterrand suivant son élection. Je ne connaissais pas cette histoire. J’y ai appris que la résistance non-violente bien réfléchi peut gagner. Je recommande la lecture qui peut quand même être un peu dure à suivre quand on ne connaît rien des gens et de la région et des faits. C’est bien écrit et bien informatif, juste que j’ E e suis quand même senti étranger à tout ça. Le dessin est très classique, très français de grande édition et j’aime bien ça.
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Dès que je vois une BD de DARGAUD, je sais que c'en est une bonne. Et comme promis, ça l'a été. Une histoire vraie, en plus, de lutte citoyenne: un récit de solidarités inéspérées ("C'est extraordinaire! On est défendus à la fois par les curés et par les seins nus!"), d'espoir, de désobéissance civile pacifique... Je suppose que comme tout ce qui est lu après coup, bien romacisé; ça n'a pas dû être beau à vivre ou à voir. Une belle région à découvrir, avec une histoire contemporaine très intéressante!
super bd retraçant l'histoire du combat pour la protection des terres du Larzac contre le projet étatique d'extension d'un camp militaire une lutte locale devenue un emblème heureux et inspirant de convergence des luttes et d'altermondialisme des images d'archives et extraits de journaux de l'époque sont insérés dans les dessins les quelques pages de textes à la fin sont un très bon résumé Gardarem Lo Larzac
Après avoir visité les Causses, je suis contente de connaître le détail de cette mobilisation contre l'expropriation des paysans pour l'extension d'un camp militaire. Dix ans de désobéissance civile et d'actions coup de poing mais non violentes pour faire date et interroger la France sur sa ruralité.
BD informative sur une lutte qui a marché en France mais pas passionante. Le ton est vraiment pas différent d'un livre didactique et à la limite j'aurais préféré, j'ai pas trouvé que dessiner l'histoire apportait au propos de quelqu'une manière et j'ai pas aimé le dessin.
L'une des plus belle BD que j'ai lue, captivante du début à la fin. Et qui remémmore une page de l'histoire de la résistance non violente d'une communauté de paysans pour la défense de leurs terres. Bellissima !! Sans parler des dessins aui sont d'un réalisme incroyable...
Historia sobre como un grupo de paisanos, obreros y hippies lucharon contra la extensión de un campo militar en el sur de Francia. ¡Viva la lucha antimilitarista!