Dans cet essai écrit avec l’urgence affective du récit de soi, Benoit Jodoin sonde les causes sociales d’une anxiété personnelle et politique qui freine l’exploration des territoires de la création, tout en cherchant à dépasser ce qui gêne l’expression de soi. Ce faisant, il réfléchit à une certaine culture de la pauvreté qui, bien souvent, rejette la sensibilité, la passion et la vulnérabilité. En puisant dans l’histoire de l’art, les études littéraires, les cultural studies, la culture populaire et les livres de croissance personnelle, ainsi que dans ses expériences intimes, Jodoin décortique les croisements de la création littéraire et des classes sociales, pour mettre en mots une quête qui en encouragerait d’autres à risquer l’écriture. Du même souffle, il écrit un premier livre pour enfin cesser de dire qu’il n’écrit pas.
Benoit Jodoin est historien de l’art. Titulaire d’un doctorat de l’École des hautes études en sciences sociales et de l’Université du Québec à Montréal, il est spécialiste des rapports entre art contemporain et théorie qu’il aborde depuis une sensibilité queer. En plus de l’enseignement qui l’anime depuis plus d’une décennie, il collabore régulièrement à plusieurs revues d’art actuel à titre de critique d’art. Pourquoi je n’écris pas est son premier livre.
Au risque de me faire jeter des roches par les personnes qui ont apprécié le livre, je trouve que l’écriture de cet essai, bien que sensible et intelligente, est fortement empreinte de défaitisme et d’amertume. J’ai eu l’impression que le livre était une longue lamentation sur l’étanchéité des classes sociales et sur les occasions manquées par l’auteur, cette lamentation étant provoquée par l’impossibilité pour l’auteur de s’extirper de sa propre condition sociale. Ce livre saura forcément plaire à un certain public, puisque le raisonnement de l’auteur est, somme toute, cohérent. 2,5 / 5
J'ai trouvé qu'une grande amertume transparaissait de cet essai. Étudiant moi-même les lettres alors que j'ai grandis dans un foyer avec un seul parent, dépourvu de livres ou de conversations sur le monde enrichissantes, je m'attendais à une sorte d'apologie de la culture de la pauvreté (intellectuelle ou matérielle), c'est plutôt le contraire qui est présenté, comme quoi cette culture serait un frein dans la poursuite d'un intérêt pour le monde des lettres et nettement inférieure par exemple à la culture bourgeoise qu'il dit être nettement mieux. (p.48). J'ai ressenti une honte de ma culture à plusieurs moments dans ce texte, alors que je m'attendais à ce qu'on la glorifie ou du moins qu'on lui donne du mérite, qu'elle soit en quelque sorte une critique de son opposé, la culture bourgeoise.
L'essai souligne bien les difficultés et le sentiment d'infériorité qui peut découler d'études en lettres alors qu'on vient d'un milieu qui ne les promouvoit pas. Cependant j'ai la forte impression qu'il y a une sorte d'obsession avec le fait de vouloir être reconnu, que sa parole soit retenue. À mon avis il ne s'agît pas d'un idéal qu'il faut chercher à atteindre, je pense même que cette obsession avec le fait d'être reconnu provient un peu de cette "culture de la pauvreté", parce qu'il faut chercher a se démarquer pour sortir de sa situation, etc.
Tout cela pour dire, que ce repliement sur soi, cette victimisation me semble qu'être un amplificateur de cette logique dans laquelle plusieurs personnes issues de ces millieux sont coincés.
Il faut aussi se rappeler que plusieurs grands écrivains et écrivaines ne sont pas issus de ce milieu bourgeois et la passion qui les animaient n'étaient pas nécessairement non plus celle de chercher à être reconnu. Ce genre de logique devient un frein à mon avis à une création littéraire authentique. Le fait de concevoir la réalisation de soi que dans cette optique et non dans les actions de la vie quotidienne, actions posées et entretenues par les gens dans les milieux plus précaires est un problème aussi en soi.
Parole nécessaire qui fait tant de bien à lire pour toute personne se butant contre le mutisme, le silence, de façon cyclique alors que le désir d'écrire, de s'écrire, de se nommer, est si viscéral.
J’ai adoré cet essai. Ça ouvert une grande porte de réflexion et d’émotion que j’avais jamais vraiment pris en compte. Bref, pour moi, ça été vraiment une belle lecture importante qui laissera probablement ses traces.
« On ne parle pas assez du rôle des lecteurs-rices comme celui d'un-e écrivaine réduit-e au silence, qui n'est pas toujours un choix. Que fait-on d'une lecture non pas motivée par un désir d'évasion, mais par le besoin de trouver, à travers l'autre qui écrit, les mots pour le dire? »
Sentiment d'imposteur-trice, transfuges de classe, soif d'art en lutte contre soif de sécurité. Cette lecture est un bel hymne à tous ces talents cachés qui se sont fait convaincre qu'iels ne seraient jamais assez.
La fin m'a toutefois semblé un peu précipitée, comme si la gêne s'était emparée de l'auteur. Mais je le comprends.
Pour écrire ce compte rendu et rendre justice au plaisir que j'ai eu à lire ce livre, j'aurais eu besoin d'un meilleur espace, de plus de temps et d'un écran plus grand que celui d'un cellulaire. Malheureusement, me voici pogné un samedi matin à la table de la cuisine, avec les enfants qui se chicanent parce que la plus jeune considère que la plus vieille a eu plus de Nutella qu'elle sur sa toast (oui, je suis un mauvais parent). Suffira donc de dire que cet essai sur la culture de la pauvreté (R. Hoggart) aborde une panoplie de sujets passionnants, comme le privilège de l'écriture, les blessures des transfuges de classe, les marges de la littérature. Ça finit ben trop vite : l'écriture par fragments fait miroiter des dizaines de possibilités de futurs livres, ne serait-ce qu'en étoffant les épisodes autobiographiques que Jodoin dissémine un peu partout dans son texte pour illustrer son propos.
J'espère donc un beau succès à ce livre, assez en tout cas pour encourager l'auteur à en donner d'autres. Je serai au rendez-vous.
D'abord, pour un livre qui revendique l'accessibilité de l'écriture, certains passages me semblaient ironiquement peu accessibles. Ensuite, l'écriture me semblait représenter un but ultime un peu trop idéalisé, comme si c'était la seule manière d'exister pleinement, alors qu'il me semble que ce n'est qu'une manière parmi tant d'autres.
Mais surtout, en tant que personne ayant grandi dans une famille avec peu de moyens financiers, et ayant de la difficulté à me lancer dans des projets de création, notamment d'écriture, je pensais me retrouver dans ce livre, et finalement pas tellement. Dans la première moitié de l'essai, en lisant les descriptions de la littérature, je n'y reconnaissais pas ce que je lis ; et je n'ai pas tellement reconnu le milieu dont je viens non plus.
Et cette difficulté à me reconnaître, je pense qu'elle vient d'un manque de précision sur le plan « conceptuel ». Quand on dit que la littérature exclut les pauvres, de quelle littérature parle-t-on d'abord ? Pas de tout le champ littéraire... des « canons » ? De ce qui est reconnu comme de la « bonne » littérature par les universitaires ? Par les critiques ? Et quand on parle de culture de la pauvreté, il y a aussi beaucoup de choses à clarifier... Certains éléments, comme le mépris pour la sensibilité, ne me semblent pas relever directement d'une question de classe - mais plutôt du sexisme et de la misogynie, du néolibéralisme aussi qui (sur)valorise la rationalité et la productivité - et se retrouver par ailleurs dans de nombreux milieux riches ou bourgeois. L'auteur le reconnaît, mais se contente de nous dire que ça s'exprime de façon « particulière » dans la culture de la pauvreté, sans nous donner vraiment de détails. Ce n'était pas suffisant pour que j'accroche à la réflexion.
J'avais aussi l'impression, au final, que le livre s'adressait surtout à des personnes qui baignent comme l'auteur dans ce milieu de la « haute » littérature, ce qui n'est pas mon cas. Si ça avait été mieux cadré, j'aurais peut-être été moins déçue de ne pas arriver à me retrouver dans ce qui était avancé.
Ceci dit, dans la deuxième moitié de l'essai, il y a comme un shift dans le focus et j'ai trouvé ça pas mal plus intéressant ! J'ai beaucoup apprécié les réflexions autour de la pluralité du soi, de la croissance personnelle comme démocratisation de l'écriture, et du rôle politique de l'écriture.
C'est un récit personnel mais qui pourrait rejoindre plusieurs personnes (et je crois, pour des raisons différentes) que nous offre Benoit Jodoin, dans cet essai qui tente d'expliquer pourquoi il s'est longtemps tu alors qu'il avait des choses à dire. Il puise dans ses expériences (et ses études en sciences sociales et en histoire de l'art) pour dénoncer le manque de visibilité d'une classe sociale mise à part.
Quelque part dans le livre, il écrit qu'il apprend à se convaincre que la part de créativité en lui mérite d'être vue et entendue. Je dirais que cet essai, par son sujet mais également par la façon dont il est présenté aux lecteurices, mérite certainement d'être lu et son message entendu.
Honnêtement, je m’attendais à quelque chose de différent. J’ai eu l’impression de perdre mon temps à lire les lamentations de l’auteur, comme s’il était le seul à vivre des difficultés liées à la pauvreté ou à son identité queer. Oui, c’est difficile, mais je ne pense pas que cela justifie un livre entier. L’auteur écrit bien et on sent qu’il est intelligent, ce qui rend encore plus dommage que le ton reste si négatif. J’espère qu’il saura, à l’avenir, tirer parti de son vécu pour proposer une œuvre qui résonnera davantage avec moi et sera plus utile.
Le projet est pertinent et la question posée légitime, mais la réflexion contient à mon sens de nombreux angles morts qui m’ont souvent heurtée. Par souci d’honnêteté intellectuelle, je vais tenter de les décortiquer ici :
1/ L’auteur parle de mobilité sociale et de transfuge de classe sans vraiment questionner cette notion ni la mettre en contexte. Elle est bien à la mode depuis le livre de Jean-Philippe Pleau et j’avoue qu’elle me met les nerfs à vif car elle occulte une part de la réalité, c’est-à-dire que sa génération (la mienne), est héritière de la Révolution tranquille et a eu accès à l’éducation contrairement à nos parents, ce qui fait qu’on est nombreux et nombreuses à être des universitaires de première génération (on pourra lire « Pour en finir avec les transfuges de classe » de Marie-France Bazzo dans Le Presse). Sur le sujet, le Québec n’a rien à voir avec la France où les classes sociales sont véritablement étanches et ce, malgré la Révolution française. Benoît Jodoin en a conscience, il parle de cette différence, mais ne semble pas aller au bout du raisonnement et en prendre la mesure pour ancrer sa réflexion sur la question de la pauvreté matérielle et culturelle qui a son expression particulière au Québec. J’aurais aimé ici qu’il entre en dialogue avec d’autres personnes qui ont réfléchi à la question, comme Mathieu Bélisle et Yvon Rivard.
2/ La proposition repose d’abord sur une opposition entre les « pauvres » et « l’élite intellectuelle et artistique ». Or, qui est-ce, exactement, l’élite intellectuelle au Québec? S’il y en a une, je ne saurais nommer aucune des personnes qui la compose ni dire quelle sorte de pouvoir elle peut bien exercer dans notre société fondée quasi entièrement sur l’anti-intellectualisme et la valorisation du « gars du peuple » (voir justement l’essai de Mathieu Bélisle, Bienvenue au pays de la vie ordinaire). On a une élite politique, certes, une élite médicale, une élite médiatique menée par les chroniqueurs de Québécor (ces fameuses personnes qui « ne peuvent plus rien dire »), mais une élite intellectuelle, il faudrait m’en faire la démonstration concrète pour que j’en sois convaincue. Est-ce que c’est moi puisque j’enseigne à l’université? Il est vrai que je ne fréquente pas le milieu artistique, mais en ce qui concerne le milieu littéraire et intellectuel, ce que j’en connais me semble à mille lieux de ce qu’il raconte. Encore une fois : c’est qui, exactement, l’élite intellectuelle? Littéraire? Chantal Guy à La Presse? Quoi qu'on en dise, il me semble qu’on fonctionne encore essentiellement sur le mode communautaire (tout le monde finit par connaître tout le monde et, malgré quelques rancunes et l’esprit de compétition, c’est l’entraide qui règne le plus souvent).
3/ L’auteur parle d’une exclusion basée uniquement sur la classe sociale, mais fait l’impasse sur les autres formes de discriminations, notamment sexuelles et raciales qui, à mon sens, régissent bien plus la société québécoise que les différences de classe sociale. En tant que femme, je me suis totalement sentie écartée de sa réflexion sur ce que devrait être l’écriture de la pauvreté alors que, pourtant, j’en suis, comme bien de mes collègues.
4/ Finalement, j’ai été heurtée par la vision de la lecture proposée dans ce livre : la lecture « pour ne pas écrire », la lecture « comme écriture de l’effacement » et la nécessité de « se » trouver dans les livres… Parce que ma vision est diamétralement opposée : je lis pour aller à la rencontre de l’autre, pour m’ouvrir sur d’autres réalités, pour devenir un meilleur être humain, pas pour qu’on me parle de moi… Lire est une activité essentielle et ce n’est pas un pis-aller faute de pouvoir écrire. Imaginerait-on un musicien qui trouve que d’écouter de la musique est une façon de ne pas en faire?
Bref, je ne condamne pas le livre et encore moins l’auteur car ils m’ont fait beaucoup réfléchir et la plupart des enjeux sont pertinents. J’ai aussi été sensible à la réalité que Jodoin dépeint lorsqu’il se met en scène, mais je n’ai pas aimé qu’il fasse des généralisations à partir de son expérience unique. Je crois que, collectivement, la question qu'il faut se poser n'est pas tant "comment écrire la pauvreté" que :"Est-ce que les générations qui viennent après nous auront le même accès aux études que nous?". En tout cas, c'est pour ça que j'ai milité en 2012 et je suis convaincue qu'encore plus de transfuges de classe serait une bonne chose, dussé-je me taper les 1 000 livres qu'ils écriront. ;-)
À lire absolument! Un essai essentiel sur la création, sur la société québécoise et les conditions qui favorisent ou non la création. J'avais l'impression de lire, en live, le témoignage d'un transfuge de classe, d'avoir accès à ses réflexions. Ce livre est un vrai bijou, un projet original et digne du plus grand respect.
Je me suis vraiment senti interpellé. Ça fait du bien de parler aussi de cette espèce de censure patriarcale et homophobe dans les milieux plus pauvres.
2.5 ⭐️ J’avais hâte à cette lecture, mais j’ai malheureusement été déçue 😢 Tellllllemmmment répétitif et je trouvais le style faiseux. Selon moi, un livre écrit par un intellectuel, pour les intellectuels.
Le titre de ce livre a attiré mon oeil depuis des années. J'ai pas été déçu de ma lecture. Beaucoup de réflexions riches dans ce livre. Une belle invitation à l’empathie et à l’engagement solidaire. 1. Ce livre m'a permis de repenser mon rapport à la vulnérabilité et à la honte. je remercie l'auteur pour sa transparence . 2. Face à la montée du néoconservatisme et des réflexes xénophobes, l'auteur refuse de céder aux amalgames faciles qui associent pauvreté culturelle ou économique à des dérives idéologiques simplistes. 👏🏽👏🏽 3. Il appelle à une approche nuancée, qui prend en compte la complexité des réalités sociales sans sombrer dans le snobisme intellectuel ou moral. 4. Cette posture critique permet de mieux comprendre ce qui génère la violence et la laideur apparente de certains comportements. 5. Le style d'écrire demeure relativement académique...cela dit, ma seule critique.
Ce livre est un plaidoyer pour la réhabilitation de la vulnérabilité et pour une lecture / écriture qui tient en compte des subtilité des dynamiques sociales.
"Dans les milieux pauvres, c'est souvent cette écoute qui fait défaut. Nous apprenons à nous taire, parce qu'on nous l'ordonne, parce qu'on ne nous parle pas, parce qu'on ne nous entend pas, parce que nous n'avons pas appris à parler ou parce que nous n'avons plus rien à dire Il n'y a jamais de temps ni d'énergie pour écouter l'enfant, l'ami-e, le parent. Ce serait risquer de s'exposer à la souffrance d'un-e autre, alors que la nôtre est à peine supportable. Ce serait s'engager avec l'autre dans la vulnérabilité, alors qu'on a appris au contraire à s'en protéger. Pour écrire, il faut alors apprendre à s'écouter soi-même, puis s'entraîner à parler à l'extérieur de la cellule familiale.", p. 99
Malgré toute la rigueur intellectuelle de l'auteur et la pertinence du sujet, je ne peux m'empêcher de constater que certains faits rapportés dans cet essai ont été "modelés" pour servir le propos. Telle cette affirmation que la littérature française est priviligiée au détriment d'autres littératures à l'UQAM. Ce n'est pas mon expérience à moi. Aussi, l'accent mis sur les différences de classes sociales et économiques des personnes se fait au détriment d'autres formes de discriminations tout aussi importantes qui sont celles des diversités, qu'elles soient culturelles, sexuelles ou neurologiques (neurodiversités). J'ai quand même apprécié le propos.
Je demeure mitigé après la lecture de cet essai qui, bien que très bien imaginé et réfléchi, participe, à mon humble avis, à une certaine partie du problème dénoncé par l'auteur.
Jodoin y raconte les hauts et bas du milieu duquel il est issu, c'est-à-dire une famille modeste de banlieue typiquement québécoise, assez standard disons-le, racontant par la bande la culture de la pauvreté qui lui colle. Jusqu'ici, tout va bien. Or, ce qui me fatigue, et c'est peut-être la raison pour laquelle si peu de gens investissent les milieux intellectuels, c'est qu'on sent un mépris vis-à-vis des valeurs portées par la population qui ne gravite pas dans les sphères académiques.
Des premières pages jusqu'aux dernières, on sent véritablement l'amour de l'écrivain pour les siens, pour ceux et celles qui ont partagé sa vie depuis sa naissance. Cependant, à de trop nombreuses reprises, à mon sens, l'auteur les condamne, condamne leurs idéaux, les taxant de problématiques... Il me semble que ce n'est pas en voulant faire tabula rasa qu'on s'attire l'approbation...
L'auteur manie bien sa plume, et je trouve que ses prises de position, même si je ne suis pas entièrement d'accord avec tout, demeurent plus que pertinentes dans le débat social au Québec.
J’étais ouverte aux idées du livre, mais j’ai trouvé le style pompeux et les références théoriques peu expliquées. Le choix de placer certains éléments biographiques importants seulement à la fin m’a semblé peu payant pour le propos : ça soulève des questions sur ce qu’on appelle la pauvreté et ça donne parfois l’impression d’une posture plaintive. Au final, le livre aborde des enjeux intéressants pas assez souvent exploités, mais je n’ai pas accroché. Dommage.
J'ai beaucoup aimé, mais j'en aurais pris plus! :)
Bon petit essai qui contribue à une théorisation québécoise sur l'ascension sociale et les transfuges de classe. Les auteurs sur le sujet commencent à se multiplier, on aime ça.
Ce petit livre a piqué ma curiosité de par son titre à la négative versus le besoin de prendre la parole. La première partie est intéressante et pertinente. Il y a une intention d'écrire qui est similaire au besoin exprimé dans Rue Duplessis de Jean-Philippe Pleau : "Pour y arriver, j'avais compris qu'il fallait à tout prix combattre cette ignorance qui me gardait dans mon ancien monde, celui qui n'avait jamais voulu de moi". L'intention d'écrire se gâche malheureusement en deuxième partie : on y sent beaucoup d'amertume, des deuils qui ne semblent pas être faits, voire un peu de redondance dans le propos.