Quatre gosses errants sous un ciel d’encre,
Courent entre l'ombre et le vide,
Petits acrobates empressés
Portés par l'élan d'un larcin improvisé.
Fauve, brûlé d'orgueil et de blessures,
Son verbe tranchant comme une lame oubliée.
Marcello, ancré dans la terre,
Le ventre rond de rêves et de saveurs.
Mwandishé, au silence et aux secrets tissés d’or,
Catane, étoile rebelle, éclatant dans l'obscur.
Un coffre, une faute, quatre reliques volées,
Eclats maudits d’un théâtre consumé :
L’épée, le fleuret chantant les morts,
Le manteau lourd de froid et de présages,
Le masque tissé de vérités acides,
et la plume, douce et cruelle, aux mots remplis d'abîmes.
Le bruit retentit,
La fureur sonne.
Leur rire s’efface sous les ronces d’un enfant-monde.
Puis vient un pas suivi d’un autre, sur les routes du néant.
Brillanza n’est plus qu’un souvenir fané,
La roulotte devient alors abri, scène, foyer.
Dans les marchés bondés
Sous l’œil bienveillant d’un mégalodonte nain,
ils jouent et cuisinent.
L’une crie à l'amour, quand l’autre rit au feu,
Lui, pétrit la pâte des jours fragiles,
Elle, murmure des légendes d'antan
Mais les ombres rampent, tenaces,
Crachemort, spectre aux mille masques, les traque.
Derrière chaque sourire, chaque festin,
les artefacts vibrent, suintant d’une faim ancienne.
De foire en clairière, sous l'étoile glacée,
ils fuient.
Mais fuir est un cercle qui se referme.
En noces tragiques ou en moissons macabres,
Rires éclatants mêlés aux larmes muettes,
S’entame dans ce récit
Une danse entre le burlesque et le drame,
Commedia dell’arte poétique, pleine d’esprit, grivoise
et toujours cette plume qui griffe la vérité,
ce masque qui dévore l’âme.
Leur quête est un cri, une lutte insensée,
contre le poids du passé,
contre les chaînes de l'Art Sinistre.
Et quand vient la fin,
Car quand c’est fini, c’est fini
c’est un silence abrupt, sans éclat,
mais l’écho d’une liberté volée.
Tout cela servi dans un récit savoureux
Malgré la noirceur des enjeux.
Sous des feux éteints et des cœurs gelés,
Voici des voleurs devenus cuisiniers
Un Fou de Tereukh,
Une scène et des rêves qui fument :
Chantez pizzas, dansez ravioles