Autour de ce sujet brûlant, le débat est devenu impossible. Certains se lamentent : on ne peut même plus s’habiller comme on le souhaite, et d’autres militeraient, selon les premiers, pour que l’on fasse attention à l’origine du moindre accessoire. Constamment invoqué par les journalistes et omniprésent sur les réseaux sociaux, le concept d’appropriation culturelle sature l’espace médiatique et enflamme les polémiques. Pourtant, personne ne s’accorde sur sa signification réelle, il n’en existe aucune définition nette, et il est difficile d’y voir clair parmi les controverses et les contradictions qui l’entourent. C’est de là que vient la nécessité de ce livre : un texte précis et accessible d’un chercheur spécialiste du sujet qui explique de manière pédagogique ce que désigne vraiment le concept d’appropriation culturelle afin que chacun puisse le comprendre et participer au débat en connaissance de cause. Notre auteur revient ainsi sur ses origines de ce « cannibalisme culturel » : la naissance de la Haute couture, l’industrialisation et les débuts du colonialisme, qui poussent les créateurs à chercher toujours plus d’inspiration en tournant leur regard vers l’Orient, puis sur son développement, entre outil scientifique et arme de revendication militante. Une fois la notion d’appropriation culturelle expliquée, on peut la dépasser et sortir enfin de l’impasse dans laquelle sa méconnaissance maintient aujourd’hui le débat. L’auteur nous encourage finalement à nous poser les bonnes questions et à soutenir les échanges entre les cultures sans ignorer les mécanismes de domination qui les sous-tendent.
Passionnant, synthétique, très bien écrit. Le sujet méritait un livre pareil, j'ai appris plein de choses, j'ai été révoltée, j'ai eu envie d'en savoir plus. Merci pour ce beau boulot de vulgarisation.
c’était super ! très agréable à lire et surtout très intéressant et clair sur le sujet. j’espère que l’auteur sortira d’autres essais prochainement, car sa pensée et la manière dont il l’expose est vraiment pertinente
Je m'attendais sincèrement à un livre un peu plus approfondi, ayant été impressionné par les interventions de l'auteur à une conférence. Cela dit, l'ouvrage reste une excellente introduction au concept d'appropriation culturelle, avec l'avantage de désenflammer un débat souvent générateur de tensions et de malentendus et, plutôt que de le brandir comme une fin de non-recevoir, de permettre l'ouverture d'un dialogue constructif, tout en invitant à prendre conscience des dynamiques de pillage et de marchandisation d'un Autre "exotisé" légitimée par le groupe dominant (en substance occidental, blanc et bourgeois). En outre, tout en reconnaissant la culture comme évolutive car poreuse aux échanges, il nous pousse à nous interroger sur la notion de culture (mais aussi d'Histoire) et ce qu'elles impliquent sur les populations marginalisées (et non racialisées blanches) face à la grande machine coloniale occidentale et ses conséquences.
Un essai hyper enrichissant, où l'auteur explique de manière très claire l'histoire et la création de l'appropriation culturelle, en rappelant qu'elle existe dans un contexte de colonialisme, de capitalisme et d'industrialisation. Il n'a pas pour objectif d'émettre un jugement sur ce qu'on a le droit de faire et de porter, mais plutôt d'ouvrir la discussion, et d'amener une réflexion sur les processus sous-jacents à cette appropriation, et sur la manière dont on peut dénoncer ce phénomène pour mieux le dépasser.
comment cerner le débat autour de la notion et son sens, de façon pédagogique et avec une écriture très fluide, en quelques pages (ça se lit très vite et très bien) superbe introduction au sujet, avec différentes pistes de réflexion et des références intéressantes
J'ai eu la chance d'écouter une conférence donnée par l'auteur, qui était passionnante. Le livre reste très proche des propos tenus par Khémaïs Ben Lakhdar à cette occasion, mais les développe et donne les fondements théoriques de sa réflexion. J'ai été heureuse de retrouver de vieilles connaissances, mais aussi des penseurs que je ne connaissais pas. J'aurais peut-être apprécié un peu plus de développement sur les alternatives plus saines que l'industrie de la mode pourrait mettre en place pour dialoguer avec les cultures et savoir-faire dans différents pays.