J’ai beaucoup aimé ce livre et son approche quasi sociologique du cyberharcèlement, de la haine et de ses conséquences. J’ai aimé la démarche de l’autrice qui ne cherche pas à remuer le couteau dans la plaie mais à disséquer les mécanismes à l’œuvre pour les dénoncer. J’ai aimé l’implication de la narratrice, j’aime quand les personnages et les auteurs prennent position et ne se contentent pas d’être de simples observateurs. L’objectivité en littérature, j’ai souvent du mal à y croire.
Ce roman m’a parlé tout particulièrement parce que je suis de la génération Skyblog. Ici, la séquence nostalgie est entachée par les dérives de l’époque, la violence, l’inconscience, les gens bêtes et méchants. Le récit prend la forme d’une enquête et l’on perçoit que l’autrice est journaliste. J’ai apprécié sa méthode, ses recherches, ses précisions mais c’est peut-être une approche qui pourra rebuter certains, qu’on pourrait trouver factuelle ou scolaire. Cela n’a pas été mon cas et ça m’a permis de constater l’évolution d’Internet et des pratiques digitales. J’ai d’ailleurs été très intriguée par l’archéologie du web, qui reflète notre société et ses travers.
J’ai été convaincue par la plume, les personnages et le message. J’ai été touchée et je salue le respect que l’autrice a témoigné à Lovana du 1. Je suis tombée sur la vidéo qui a inspiré ce livre par ce faux hasard d’Internet. Grâce à la lecture ce roman, j’ai porté un regard différent, plus indulgent, sur cette jeune fille qui voulait simplement rapper.