Sur cette île qui ne figure sur aucune carte, les morts sont rois.
Thanatea. Un nom qui sonne comme celui d'une femme ou d'une déesse. Un mot plutôt agréable, exotique, à condition de ne pas en connaître la racine grecque, thanatos, la mort. Le plus long des voyages. L'éternité.
Une autre qu'Esther aurait sûrement été refroidie, mais, durant ses années passées à la police judiciaire, elle a côtoyé la mort sous ses aspects les plus sombres, les plus violents. Un quotidien qui l'a usée, au point d'être prête à tout quitter pour rejoindre cette entreprise de pompes funèbres située au cœur du lac Léman. Et même si ce nouvel environnement s'annonce quelque peu macabre, au moins elle n'aura plus à voir les stigmates d'un meurtre sur la chair, les organes, les os. Là-bas, la mort sera un concept, du marketing, elle sera travaillée, pensée, enrobée dans du velours ou du satin. Là-bas, Esther espère trouver enfin la paix...
« Thanatea » de Sonja Delzongle fait penser au nom d’une île polynésienne. Même si les activités qui sont pratiquées sur cette île sont quelque peu « terre à terre », on y trouve tout de même des rites dédiés aux morts, et un respect certain pour les corps sans vie (comme sur les îles polynésiennes). Car oui, « Thanatea est le nom de l’entreprise et de l’île sur laquelle elle est implantée. » Pourquoi parler de cette entreprise ? Parce que Esther Azoulay, flic de son état, ne supporte plus son travail. Exaspérée par toutes les horreurs qu’elle voit au quotidien, elle démissionne pour prendre un poste très en dessous de ses compétences, barista à « Thanatea ». Cette décision peut sembler bien excessive, sauf que, après les années que nous venons de vivre, et le job anxiogène d’Ester, je n’ai aucune peine à imaginer que l’on puisse tout envoyer valser.
Esther travaillait avec ses deux meilleures amies, Layla et Hélène. La première est maman d’une petite Nour, qu’elle élève seule au début du roman. La seconde vit avec Gauthier, spécialisé en jeu vidéo, bière et consommation d’herbe. Ensemble, ils ont essayé d’avoir un enfant, quand un cancer du sein de stade deux a fait son apparition. Quant à Esther, on comprend très vite qu’elle a subi un drame personnel qui lui a, entre autres, coûté sa relation avec Romain. Ce drame n’est pas la seule raison pour laquelle elle souhaite changer de vie, et l’accumulation ne peut que l’encourager à partir. « Thanatea » s’ouvre sur un enterrement où les trois amies sont présentes, sauf que l’une est mise en terre. Laquelle ?
« Thanatea » va donc s’articuler autour de deux lieux : une île située au cœur du lac Léman, et la ville de Lyon. Sonja Delzongle va jongler entre les lieux et les personnages tout en naviguant autour d’une thématique centrale, focalisée sur la mort. Car, dans ce roman, c’est bien de la mort que l’écrivaine nous parle principalement. Elle le fait de manière plutôt habile, sous différents aspects. D’abord, et c’est une évidence, par le travail et le lieu de travail d’Esther. En effet, « À Thanatea, on aide les gens qui ne veulent plus de leur vie à réussir leur mort. » Elle l’amène intelligemment à travers le décès de Sara en abordant la douleur de la perte d’un enfant pour une mère. La mort est pour moi le personnage central du roman, elle en est aussi la thématique principale. Et, autour de cette thématique l’auteure aborde des sujets qui font débat, tels que l’euthanasie, le droit de mourir dans la dignité, la possibilité de décider du moment, les rites funéraires. « Que chaque tertre constituait une tombe et que les morts, ici, étaient enterrés sans cercueil, juste enveloppés d’un linceul, comme l’exigeait le règlement de l’île. »
La première partie de « Thanatea » est sans doute celle qui m’a le plus intéressée. Je trouve Sonja Delzongle excellente lorsqu’elle aborde des sujets de société, spécialement lorsqu’ils sont délicats, et pas forcément politiquement corrects. (Bravo pour avoir encore une fois mis en lumière les violences faites aux femmes) De plus, elle fait un excellent travail sur la présentation de ses personnages. Elle leur donne une vraie densité, une humanité très profonde, le réalisme d’existences difficiles où chacune doit régler ses propres problèmes, et une vraie sororité. Et pourtant, malgré la sororité qui les lie, chacune de ses femmes a un jardin secret qu’elle n’a pas partagé avec ses amies. Ce qui appuie le fait qu’on ne connaît jamais réellement l’autre, et que l’on n’est pas à l’abri de surprises… ce dont je suis convaincue à titre personnel. Au fil du roman, Layla et Hélène notamment, découvrent des choses totalement déconcertantes sur Esther, mais le lecteur, lui, est mis dans la confidence de petits secrets personnels qu’elles se sont bien gardées de révéler…. Chacune a quelque chose à cacher malgré l’affection énorme qu’elles se portent.
J’étais donc conquise par ce début de roman, très riche de précision, de sujets, de réflexions, de personnages à aimer et j’étais fort confiante pour la suite. À partir de la seconde moitié de « Thanatea », les choses se corsent. Il y a un changement psychologique chez Esther dont je ne m’explique pas les tenants et les aboutissants, et qui, pour moi, rend le récit difficile à suivre. Puis, il y a les diverses thématiques abordées dans la deuxième moitié qui ne sont pas assez développées à mon sens, et tous ces trop nombreux rebondissements qui arrivent en cascade… Le nombre de péripéties est impressionnant ! S’ils servent le rythme, ils ont cassé la proximité et l’affect que je pouvais avoir avec les personnages. C’est un avis tout à fait personnel, et cela ne doit pas vous empêcher de lire « Thanatea » ou de découvrir la plume de Sonja Delzongle, mais je pense très franchement qu’elle n’a absolument pas besoin de ces « artifices » pour que ses romans soient de bons romans ou de bons « page-turner ». Sa plume se suffit à elle-même. La manière dont elle installe l’atmosphère se suffit à elle-même. La densité qu’elle apporte à ses personnages se suffit à elle-même. Les thématiques de société qu’elle ose aborder se suffisent à elles-mêmes.
Alors, certains lecteurs aiment ce rythme effréné où chaque fin de chapitre se termine par une révélation. Cela a été mon cas pendant un certain de temps dans ma vie de lectrice. Aujourd’hui, je suis plus sensible à l’aspect « roman noir », qu’au « polar » pur et dur. J’ose même dire que ce qui m’intéresse vraiment est avant tout le contexte, l’atmosphère, la façon de poser les personnages et de les rendre attachants, les sujets de société, bien plus que l’enquête et sa résolution. C’est une question de point de vue, et non un jugement de valeur.
J’ai trouvé dans « Thanatea » de belles qualités par rapport à ce que je recherche actuellement dans mes lectures, et c’est cela que je veux retenir avant tout.
Je n’en attendais rien, le livre m’avait juste intriguée dans une librairie, mais je ne sais pas ce qu’il s’est passé, je l’ai dévoré et je ne pouvais pas m’en détacher. J’ai vraiment passé une journée complète dessus. Je ne me souviens même pas de la dernière fois qu’un livre m’a accrochée comme ça.
Thanatea est un monument aux morts. Les réels, les imaginés, les abusés, les cachés, etc. Notre policière devenue barrista sur une île étrange où les morts sont les seuls habitants autorisés est terrorisée par des éléments lui rappelant sa fille décédée. Illusion ou réalité? Quand d'autres disparitions de femmes avec un lien plus ou moins ténu avec la propriétaire de l'île éclate, les amies de l'inspectrice se mobilisent pour résoudre la situation et retrouver leur amie disparue. L'ambiance fait la moitié du boouquin, c'est glaçant, silencieux, presque glauque, ou alors très fort, choquant, de la violence psychologique subtilement introduite. La thématique de la famille et de la parentalité en particulier est très bien illustrée sous tous ces angles grâce aux trois protagonistes féminines. Un autre roman qui aborde les femmes sous des angles moins léchés, plus réalistes, dans toutes leurs complexités.
Histoire intéressante, malgré qqs gros clichés (l'auteure surfe allègrement sur toutes les vagues) mais c'est bien écrit, avec de belles phrases profondes et philosophiques en plus de l'intrigue. Les personnages sont intéressants, multiples mais par contre la fin est un peu décevante, impression de vite fait pour pas faire trop de pages, dommage.
Alors là, c'est une sacrée découverte. J'ai souvent été attirée par l'univers de Sonja Delzongle sans pour autant avoir passé le cap. Et, franchement, je ne suis pas déçue.
Tout me plaît, dans son univers. Les personnages, la profondeur du récit, les remises en questions, les chapitres courts et prenants, haletants, cette frénésie, cette envie de tourner les pages, encore et encore et encore. Ce que j'ai aimé dans "Thanatea" c'est l'histoire, le plot twist, la plume, mais surtout cette réflexion sur la mort, sur la vie, sur tout ce qui fait que l'une ne va pas sans l'autre.
On suit trois femmes, que tout oppose, ou presque. Toutes 3 flics à la PJ de Lyon, amies d'enfance. Esther quitte la "maison" comme on dit, pour se reconvertir. En quoi ? En "préposée au café". Où ? Sur Thanatea. Une île, sur Lac Leman, en Suisse. Une île pleine de mystère qui, on va vite le découvrir, n'est pas ce qu'elle laisse imaginer. C'est prenant, c'est bien ficelé, c'est calculé maîtrise : du pur génie.
Et puis il y a Hélène et Layla, les deux autres. Celles qui restent à la PJ, avec leurs différences, leur "rancœur", le fossé qui s'est créé entre elle, petit à petit. Mais le départ de leur point d'ancrage va les rapprocher. Encore. Enfin. Thanatea, c'est aussi l'amitié, l'amour, le "serrage de coudes" à côté des coups de poings de la vie. Cette vie assez sordide qu'elles ont toutes les trois, il faut bien se l'avouer.
Je pourrais en écrire, des lignes et des lignes, des pages et de pages, sur ce petit, ce majestueux coup de maître. Un réel coup de cœur de l'année 2025.
3 amies très liées, toutes 3 flics. L'une décide de partir pour un nouveau job dans un nouveau lieu pour un nouveau départ...
Il y a tellement d'intrigues différentes dans cette histoire que c'est difficile de la résumer. Mais ce qui est certain c'est qu'elle est vraiment sympa.
Le départ du livre laisse planer un doute qui va durer jusqu'au dernier chapitre... Et des passages qui vont laisser planer le doute, il va y en avoir plusieurs...
Rien à dire sur la plume de l'auteure, elle est juste sublime, fluide, aucun ennui, aucune longueur, pas de descriptions étouffantes. Juste ce qu'il faut là où il faut.
Et cette histoire est juste captivante, ballotté entre les 3 amies j'ai été happée dans chaque moment que j'ai partagé avec elles. Chaque passage m'a emmenée dans une intrigue à laquelle je ne m'attendais pas et à chaque fois un petit retournement de situation qui m'a relancé dans les indices, les questionnements, l'enquête... Cette structure m'a permis de ne pas m'ennuyer, le fil est toujours tendu, l'attention toujours sur le qui vive.
Vraiment j'ai adoré ce livre où le thème central est la mort, la perte d'un proche, le deuil... C'est plus un thriller/polar qu'un livre d'horreur mais le stress, l'angoisse et la tension était palpable.
Thanatea est un roman qui m’a transporté dès les premières pages par son atmosphère lourde et son intrigue ambitieuse. Plus j’avançais, plus la tension montait, avec une vraie envie de comprendre où tout cela allait mener. On est clairement au delà d’un simple thriller, les thèmes abordés, la mort, le deuil, l’amitié, la violence, les choix de vie, apportent une dimension psychologique forte et marquante. La lecture est fluide et immersive. L’ambiance est sombre toujours cohérente avec l’histoire. Cette noirceur ne m’a jamais semblé gratuite, elle participe pleinement à la tension et au malaise qui s’installent progressivement, et renforce l’impact du roman. En revanche, la richesse de l’intrigue demande une lecture attentive. Les nombreux éléments, personnages et rebondissements rendent le récit exigeant, et certains passages peuvent paraître complexes ou chargés. Le rythme n’est pas toujours parfaitement équilibré, avec des moments plus intenses que d’autres, et la fin un peu trop rapide, peut laisser une impression contrastée selon ce que l’on attend d’un dénouement…
Tout comme ma précédente lecture de l'autrice, Thanathéa de Sonja Delzongle se présentait comme un thriller prometteur, avec une intrigue complexe et des personnages fascinants. Au final e roman s'est avéré long et laborieux, plombé par une multitude d'intrigues secondaires qui ne mènent nulle part. L'autrice a indéniablement du talent pour créer des personnages profonds et complexes. Esther, Layla et Hélène sont toutes intrigantes à leur manière, et on a envie de percer leurs secrets. Mais le problème est que l'histoire s'enfonce dans des intrigues à tiroir sans fond, une enfilade infinie de révélations, jusqu'à la toute dernière page, qui nous assène un dénouement d'un ridicule consommé. Déception.
C’est le premier roman de Sonja Delzongle que je lis. J’ai beaucoup aimé le début, apprendre à connaître Esther, Layla et Hélène. J’ai aussi particulièrement apprécié que le roman se déroule à Lyon, Nyon et sur une île du Leman 😉 Connaissant Lyon et Nyon, cette promiscuité géographique a rythmé ma lecture. Il y a de nombreux rebondissements et l’histoire sombre est bien ficelée. Toutefois le milieu du roman manque un peu de rythme comparé aux derniers chapitres qui enchaînent les révélations surprenantes… J’ai eu beaucoup de plaisir à lire ce livre et je remercie la personne qui me l’a conseillé!
Esther, Layla et Hélène, des amies d'enfance avec des passés compliqués. Des femmes qui combattent leurs démons, tout en étant confrontées tous les jours aux facettes les plus sombres des hommes, le lot quotidien des policiers. Le départ soudain d'Esther vers Thanatéa, cette île mystérieuse au milieu du lac Léman, va propulser les trois femmes au centre d'une sombre affaire, où la mort est devenue un business lucratif. Secrets, mensonges et manipulations sont au coeur de ce nouveau roman passionnant de Sonja Delzongle.
C'est une histoire bien triste de 3 femmes, des âmes sœurs depuis toute petite. Il y a une longue mise en scène jusqu'à la disparition d'une d'elle. Elle est morte ? Ou veut elle refaire sa vie ? Qui est elle réellement ? Ses 2 amies vont être surpris. L'histoire est longue à démarrer mais ensuite il se passe beaucoup d'action inattendue.
J’ai aimé la vision féministe de ce polars où l’on sent bien ce « female gaze » dans l’écriture. Plutôt trash, qui je passe pas par 4 chemins. Manque de délicatesse parfois. Écriture ok mais non transcendante.
💜💜💜,5/5 J’ai passé un très bon moment en lisant ce livre qui se dévore ! On adore le côté psychologique très présent dans l’histoire et on s’attache forcément aux 3 héroïnes qui ont chacune une histoire propre. Très social et ancré dans son époque, il évoque des thématiques modernes dont on parle souvent aux informations. Ça se lit vite, il y a du suspense et on a hâte de savoir la fin ! Je continuerai à découvrir les romans de cette autrice qui sont vraiment divertissants.