Les problèmes de la création littéraire relèvent traditionnellement d’une conception mystique de l’intuition et du sentiment, voire de sensibilités particulières qui seraient propres aux écrivains. Longtemps, ces mystères ont été davantage cultivés qu’analysés.À l’heure où les notions d’émotion, de sentiment et d’empathie mobilisent l’attention des chercheurs, philosophes et scientifiques pénètrent dans un espace occupé depuis longtemps par les écrivains et les rares philosophes ayant théorisé l’acte d’écrire. Parmi les ouvrages de Mikhaïl Bakhtine, Paul Ricœur, Tristan Tzara, Valère Novarina, Philippe Forest et Annie Dillard, il existe des théories subjectives de la création littéraire, chacune façonnant un imaginaire du processus créateur. Mettant de l’avant une approche bioculturelle, cet essai explore ces imaginaires théoriques en unifiant les paradigmes culturel et biologique, considérant toute pensée comme étant le produit d’une culture modelée par le biologique, mais surtout, comme étant le résultat d’une biologie s’étant maintes fois adaptée aux pratiques culturelles. Ni déterministe ni mystique, Processus agora loge à l’enseigne d’un relativisme nécessaire, celui permettant le dialogisme transdisciplinaire qui cherche à voir au-delà et en deçà du postmo-dernisme.Dans ce dialogue entre littérature, sciences cognitives, philosophie et anthropologie, l’expérience sensible de toute forme résulte d’un acte de création, d’imagination, afin d’ouvrir la réalité de l’esprit sur les possibilités du réel. Et dans ce vaste réel qu’il cherche à éclairer, cet essai explore les perspectives littéraires de phénomènes qui rejoignent certains des moments charnières de notre évolution en tant qu’espèce.
Né à Montréal en 1976, Jean-Simon DesRochers favorise la création de projets littéraires à la fois complexes et accessibles. D'abord intéressé par la poésie (L'Obéissance impure, finaliste au prix Émile-Nelligan 2001; Parle seul, prix Émile-Nelligan 2003), il fonde la revue Dialogis en 2003. Dès lors, il publie un manifeste, divers essais ainsi que des nouvelles. À la fin du projet Dialogis, il se retire pour rédiger deux romans, dont La canicule des pauvres, paru en octobre 2009, aux éditions Les Herbes rouges. Il effectue présentement une recherche doctorale transdisciplinaire sur l'imagination cognitive et la création littéraire tout en poursuivant son oeuvre romanesque.