J'ai abandonné ce roman après 94 pages. Je n'arrive pas à prendre ce livre au sérieux.
Le style, déjà - à croire que les éditeurs n'ont pas fait leur travail. J'ai l'impression de lire quelque chose tiré de wattpad ou de fanfiction.net tellement c'est lourd et maladroit. Pour tout dire, c'est le passage suivant qui m'a achevée :
"Un petit morceau blanc se sentit soulagé de pouvoir se déplier après tant d'années de contorsion. Son esprit affichait un encéphalogramme plat, et pourtant son corps faisait tinter toutes les sonnettes d'alarme. Son cœur joua le rôle du brigadier avant le lever du rideau, ses nerfs électrisant doucement son corps de la tête aux pieds lui faisant ressentir des frissons d'excitation, et ses yeux s'arrêtèrent de ciller pour être sûrs de ne rater aucune information."
Si j'avais soumis un tel passage à mes professeurs d'université, je pense qu'ils m'auraient ri au nez. Je ne sais même pas quoi dire, c'est juste mauvais. D'où vient cette manie de tout personnifier - comme si un bout de papier pouvait se sentir soulagé de quoi que ce soit, comme si des cadeaux de Noël pouvaient être 'impatients de se faire déshabiller" (page 90 encore), pardon mais WTF. Et c'est sans prendre en compte les changements de points de vue en plein milieu d'une scène, sans la moindre cohérence : en page 87, la narration est à la troisième personne avec quelques descriptions et le dialogue du prêtre, et immédiatement après - dans le MÊME paragraphe - on se retrouve avec une narration à la première personne.
J'ai beau feuilleter le livre de part et d'autres, je ne trouve rien d'autre que des effets de style embarrassants.
"[...] avant que la lame aiguisée entre en communication avec la chair de son cou." (p. 244 - la formulation est ridicule. Cessez de personnifier, une lame ne communique pas. On perd toute la violence du moment.)
"Après un coup d'eau fraîche et un gobage rapide de dentifrice à la menthe..." (p. 256 - 'gobage' ?? depuis quand avale-t-on le dentifrice ?)
"La frayeur d'être malmenée à l'aveugle a rapidement abouti à une coupure de courant mentale." (p. 307 - exemple classique de 'show, don't tell' : montrez-nous que le personnage est sous le choc via sa narration des événements, au lieu de nous l'expliquer aussi lourdement. J'ai l'impression moi aussi de subir une coupure de courant mentale en lisant ceci.)
Et l'intrigue ? Je ne sais pas, je m'attendais à mieux. Ces histoires de culte satanique me font penser à des films de série B, à la panique morale de la 'Satanic Panic' qui a déferlé à travers les États-Unis durant les années 80. C'est juste... trop gros pour être crédible, avec ces sacrifices humains, ce charnier d'enfants, ces expérimentations douteuses, ces maltraitances... Le style de l'autrice n'arrive pas à s'accorder avec la sévérité du sujet - au contraire, ça crée un effet presque parodique.
Les commentaires en quatrième de couverture m'auront vendu du rêve - non, je n'en suis pas ressortie bouleversée (sinon par le style cahoteux), et non, ce livre est loin d'être parfait en tout point. Angélina Delcroix, j'ai essayé je le jure, mais c'est non.