Après une nuit passée à discuter avec Grégory sur le net, Sariah est convaincue d’avoir trouvé la perle rare. Jusqu’à ce qu’elle découvre que ce garçon s’est en réalité suicidé trois semaines plus tôt...
Avec l’aide de ses amis, elle finit par comprendre qu’il a subsisté sur l’application de rencontre grâce à un bot conversationnel programmé d’après sa personnalité. Cette fonctionnalité premium, censée permettre aux utilisateurs de gagner du temps, avait engendré de nombreuses controverses au moment de son déploiement. Curieusement, le compte de Grégory a réchappé à la désactivation qu’aurait dû entraîner son décès.
Bien que leur relation soit, de fait, sans espoir, Sariah est de plus en plus bouleversée par leur affinité croissante, et ne résiste pas à la tentation de poursuivre ses échanges avec le disparu. Peut-elle atteindre la Singularité de l’Amour ?
Professeur des écoles, Ange BEUQUE s’est lancé dans l’aventure de la littérature au format numérique sur l’application Vivlio Stories, avec notamment les séries « Le Dîner de complotistes », « Un Professeur imaginaire »... Féru de nouvelles, il a eu le plaisir de contribuer à de nombreuses anthologies de SF, fantasy et fantastique. Il collabore également en free-lance avec le webzine Écran Large, pour lequel il rédige des dossiers et des critiques cinématographiques.
Pour traiter des dérives de l’IA, beaucoup d'auteurs et de scénaristes choisissent l’angle de la dystopie grand spectacle (soulèvement des machines contre les hommes, ou des hommes contre les machines, selon le propos). Ange Beuque, lui, a choisi de nous mettre en garde d'une tout autre manière : à travers les prismes profondément touchants de l'amour, de l'obsession, et du deuil.
Ce récit est extrêmement bien pensé, et la plume de l’auteur alterne avec une fluidité rare entre humour et mélancolie. Ce qui m’a frappée, c’est à quel point, dès les premières pages, je me suis retrouvée profondément attachée aux personnages de Sariah et Gregory (fait assez rare en ce qui me concerne : j’ai souvent besoin de temps avant que cela n'arrive). Leurs conversations sonnent vrai : deux personnes (tristement) faites l’une pour l’autre. J’ai aimé être témoin de leur idylle naissante et, tout comme Sariah, j’ai souffert de son inéluctabilité. Car (on l’apprend dès le début) Grégory s’est donné la mort plusieurs semaines avant le début du roman, et c’est avec un bot conversationnel lui ressemblant en tout point que Sariah converse.
La prémisse met mal à l’aise tant elle nous paraît proche, notamment à travers les progrès ahurissants d’outils comme ChatGpt, que l’on ne présente désormais plus. L’auteur précise d’ailleurs en préface qu’entre la fin de l’écriture du roman et sa parution, ce futur s’est déjà dangereusement rapproché. Les questions éthiques soulevées par cette perspective donnent le vertige, et ce roman nous en offre un paquet à travers un récit fluide et addictif, qui s'enchaîne sans temps morts. J'ai aussi trouvé très satisfaisant de voir des thèmes d'habitude propre à l'horreur ou au fantastique (discuter avec un mort, se laisser happer par l'au-delà...) être ici repris avec le point de vue d'un roman de SF : le mélange des genres donne par nature naissance à des récits extrêmement riches.
Je pense très sincèrement que ce roman est un tour de force, car il est profondément original dans son traitement de la thématique de l’IA, tout en mettant en scène un duo de protagonistes aussi adorables qu'imparfaits. Je conseille cette lecture à tous ceux qui, comme moi, se sont retrouvés profondément ébranlés par de nombreux épisodes de Black Mirror, ou encore qui (toujours comme moi) aiment découvrir des récits capables d’offrir une vision singulière de l’amour.
Lorsque j’ai lu le résumé de Swipe Dead, j’ai tout de suite été intriguée. J’étais curieuse de voir comment les thèmes des relations virtuelles et de l’intelligence artificielle allaient être abordés. J’ai trouvé que cela a été traité avec subtilité, sans tomber dans un discours moralisateur.
Ange Beuque a choisi d’écrire une grande partie de son histoire sous forme de messagerie, comme on peut en trouver sur tous les téléphones, alternant rapidement les dialogues entre les deux personnages principaux. C’est un choix judicieux, selon moi, car il permet de suivre l’évolution de la relation tout en apportant beaucoup de rythme au récit. J’avais peur de m’ennuyer, mais ce ne fut pas du tout le cas.
L’auteur met en lumière le développement des nouvelles technologies et de l’intelligence artificielle, tout en soulignant l’impact que cela peut avoir sur certaines personnes et notre quotidien. Ce sont deux sujets qui m’intéressent particulièrement. J’ai toujours trouvé fascinant de voir jusqu’où l’être humain peut aller en termes d’innovation, mais ce genre de récit montre aussi que, bien que l’innovation soit une bonne chose, elle peut avoir ses limites. J’ai trouvé la relation entre Sariah et le bot de Gregory vraiment touchante. À sa place, je pense que je me serais laissée prendre au jeu de la même manière. C’était très réaliste.
Alors, pourquoi ce n’est pas un coup de cœur, me demanderez-vous ? C’est parce que l’histoire aborde la question de l’addiction, mais je trouve que ce point n’a pas été assez développé. Il est évoqué à plusieurs reprises, mais j’aurais aimé voir une réflexion plus poussée de la part de Sariah. Ses deux amis sont surtout présents pour remettre en question cet aspect, ce qui montre également la force des relations amicales.
C’est un roman assez court que je recommande à toutes les personnes en quête d’une romance un peu atypique sur un fond de science-fiction.
Sariah, c’est un peu nous tous après trop de déceptions amoureuses : blasée, désabusée et en quête d’un miracle sur une appli de rencontres. Alors elle s’inscrit sur Thunder (oui, j’entends Metallica, et alors ? 😂). Après des kilomètres de swipe left, elle tombe sur Grégory. Il est drôle, charmant, cultivé – bref, un profil qui la fait swiper à droite direct !
La conversation coule de (code) source, c’est fluide, naturel et plein d’humour. Sariah est sous le charme. Jusqu’à ce qu’elle décide de googler Grégory (on ferait toutes pareil, non ?). Et là, boum 💥 : Grégory est... mort. Oui, décédé. Depuis plusieurs semaines. 🫠
Après un bref moment de stupeur (est-elle dans un épisode de Black Mirror ?), elle comprend (avec un peu d’aide) qu’elle a passé sa soirée à discuter avec… un bot ! Une IA programmée pour "pré-filtrer" les matchs du malheureusement défunt Grégory. Là tu te dis, OK, the END, eehhh non, elle relance la conversation avec le bot. Curiosité ? Entêtement ? Folie douce ? Difficile à dire, mais elle veut comprendre (je ne luis jette pas la pierre) : qui était vraiment Grégory ? Et jusqu’où peut-elle aller dans cette relation ?
Les dialogues entre Sariah et le bot sont à la fois drôles, poignants et bourrés de références qui te donneront envie de noter des citations sur un Post-it (ne me dis pas que tu annotes tes livres ?😱). 📝✨ L’écriture en format messagerie rend le tout très rythmé et impossible à lâcher. Ange Beuque te plonge dans une réflexion (flippante) sur l'impact des IA dans nos vies, sur notre morale… et nos amours. J’ai adoré ce roman ! Il est addictif, malin et touchant. Et cette fin… sans spoiler, je te promets qu’elle est intelligente et satisfaisante (non, ça finit pas con, promis 🤷♀️).