Un de ces jours j’arracherai la porte et me mettrai debout à sa place afin de m’interdire de sortir vers la fosse du monde Mazen Maarouf Cette anthologie pose un acte fort : réunir les plumes les plus prometteuses de la nouvelle poésie palestinienne, rompre le silence en redonnant une voix à celles et ceux qui vivent aujourd’hui dans la pénombre de l’impasse, presque invisibles, en tout cas inaudibles. S’y révèle un champ poétique entièrement renouvelé, espace sans limites où tout est encore possible : écrire, aimer, rêver, voyager loin, penser librement. « Jamais auparavant nous n’avions eu, venant de l’aire culturelle à laquelle ces femmes et hommes appartiennent, une poésie s’inscrivant avec autant de naturel dans ce qui se fait de plus pertinent, de plus percutant en matière de poésie contemporaine. » Abdellatif Laâbi Textes réunis par Yassin Adnan Choisis et traduits de l’arabe par Abdellatif Laâbi
Abdellatif Laâbi is a Moroccan poet, born in 1942 in Fes, Morocco.
Laâbi, then teaching French, founded with other poets the artistic journal Souffles, an important literary review in 1966. It was considered as a meeting point of some poets who felt the emergency of a poetic stand and revival, but which, very quickly, crystallized all Moroccan creative energies: painters, film-makers, men of theatre, researchers and thinkers. It was banned in 1972, but throughout its short life, it opened up to cultures from other countries of the Maghreb and those of the Third World.
Abdellatif Laâbi was imprisoned, tortured and sentenced to ten years in prison for "crimes of opinion" (for his political beliefs and his writings) and served a sentence from 1972-1980. He was, in 1985, forced into exile in France.[2]
« Pour écrire une poésie qui ne soit pas politique je dois écouter les oiseaux Et pour écouter les oiseaux il faut que le bruit du bombardier cesse. » Marwan Makhoul
Des voix uniques, importantes, à découvrir, lire, relire, faire vivre.
from the river to the sea Palestine will be free ❤️🩹🍉
⤳ cette anthologie pose un acte fort : réunir les plumes les plus prometteuses de la nouvelle poésie palestinienne, rompre le silence en redonnant une voix à celles et ceux qui vivent aujourd’hui dans la pénombre de l’impasse, presque invisibles, en tout cas inaudibles
⤳ bouleversant, difficile à lire mais d'utilité publique, quelques extraits qui m'ont percutés :
"être palestinien, (...) t'habituer à la mort ravaler aisément ta douleur tout perdre t'abstenir de pleurer devenir extensible, transparent et obscur (...) sentir que tu es rejeté par le monde entier que la revendication de tes droits humains est un grand luxe qui ne saurait t'être garanti (...) t'entraîner à toutes les formes de mort et pratiquer toutes les formes de vie t'attacher au ciel alors que le ciel te rejette à la terre alors qu'elle fait de même (...) te laisser tanner par le soleil, geler par la glace fondre dans l'eau t'évaporer et te reconstruire à nouveau"
"ici tous les endroits sont ombragés les trottoirs, les rues, les maisons parfois nous aspirons au soleil mais nous n'en parlons pas."
"pour écrire une poésie qui ne soit pas politique je dois écouter les oiseaux et pour écouter les oiseaux il faut que je bruit du bombardier cesse"
"les morts ne m'ont jamais quittée il n'y a que les vivants qui l'ont fait" ❤️🩹
cette impression d etre la plus woke du wagon quand je lis ce livre avec un marque page « BOYCOTT BOLLORÉ HACHETTE ! » et que j annote l anthologie de la poesie palestinienne avec le gros drapeau en couverture #Desolee #ProuveuseMaxxxx
Évidemment rien à redire sur les poèmes, c'est une belle sélection (presque un peu courte) par contre le travail éditorial (ou plutôt son absence) est aberrant. Il me semble que la moindre des choses quand on publie une anthologie, c'est d'indiquer la provenance des textes...
jss pas très sensible à la poésie en règle g pcq c parfois un peu trop perché pour moi mais y a de très beaux poèmes!!!! + free palestine tous les jours
Une alternance de douceur(s) et de tristesse(s), de contemplations de la nature et des bombes et de toute ce que cela peut provoquer mentalement et physiquement sur leur auteur.ice.s. Des parallèles entre le sexe et le deuil, entre les oiseaux et la religion, entre l'espoir fantasmé et la fatalité du quotidien. Une alternance de poètes.poétesses femmes et hommes, chacun.e.s introduit.e.s avec une courte biographie et leur œuvre. Prévalence de proses qui m'a beaucoup posé la question de la traduction, dans la frustration de ne pouvoir saisir la rythmique des intentions.
Je me suis vraiment prise une claque. Les poèmes sont durs, mélancoliques, macabres, ironiques, réels. En prenant en compte la situation palestinienne aujourd’hui, voyant qu’elle ne s’est pas améliorée, qu’elle s’empire, je ne peux que considérer avec le plus grand sérieux la force des mots qui sont employés dans ce recueil. La poésie palestinienne est autant belle qu’elle fait mal.
j’ai adoré la sélection du recueil qui est vraiment percutante; j’ai été particulièrement touchée par les poèmes écrits par des femmes (j’ai pleuré en lisant chacun de ceux écrits par colette abu husseïn)
comme d’hab quelques uns de mes vers préférés :
«nous mettions bas dans les champs nous fertilisions la terre avec le sang de l’accouchement nous y enterrions le cordon ombilical pour que notre progéniture lui reste liée et la terre recevait volontiers nos offrandes […] et ma grand mère continuait à dire «nous sommes celles qui ont initié la terre au goût du sang c’est nous les pécheresses.»
«déborde! notre époque n’est que restes de cendre dans un cendrier»
«si nous étions dans un monde virtuel j’aurais éteint la guerre comme si tu éteignais la télévision mais nous sommes nés dans un monde de fils de pute et quand les gens naissent dans un monde de fils de pute le temps se transforme en machine à écrire et les tués en poèmes»
«pour écrire une poésie qui ne soit pas politique je dois écouter les oiseaux et pour écouter les oiseaux il faut que le bruit du bombardier cesse»
«mon cœur : un météore maladroit se débattant dans un trou noir,insondable ma peau: une éponge qui n’absorbe plus rien mes poumons: un cendrier pleins à ras bord […] le regret : un virus dévorant ma mémoire […] mon crâne : un récipient rempli de mercure en ébullition mes nerfs : un circuit électrique en panne»
«les morts ne m'ont jamais quittée il n'y a que les vivants qui l'ont fait»
"Pour écrire une poésie qui ne soit pas politique je dois écouter les oiseaux et pour écouter les oiseaux il faut que le bruit du bombardier cesse" (Marwan Makhoul)