Troisième roman du CVH qui me tombe entre les mains, Délires D’Orphée propose une rupture de ton des autres romans de la série: ici, point d’action, de haute voltige, de sang, de peau…
Toutefois, l’auteure, reconnue pour sa fantasy humoristique, mène, à l’aide d’une plume poétique et alerte, une histoire dérangeante et humaine, mettant en scène le marin Senoufo Amphis, qui doit retrouver une carapace de tortue qui a été volée à l’asile Bedlam. Van Helsing, en lui assignant sa mission, ne lui donne pas réellement de détails, seulement un petit dossier contenant d’étranges allusions mythologiques... et il lui confie que la carapace de tortue est en fait une lyre.
La lyre d’Orphée cause un désespoir profond, comme le prouvera le roman : Amphis suivra la piste grace à un informateur qui le mettra sur la piste d’un islamiste extrême puis sur celle d’une femme, dont le passé est intimement lié à celui du CVH…
Sur 156 pages, Dufour fouille la psychologie de son marin, qui se demande pourquoi Van Helsing l’a désigné et qui s’ennuie de la mer, et joue beaucoup sur les différences entre les « terriens » et les « marins ». Les liens de l’intrigue avec Van Helsing permettent d’avoir un aperçu du personnage (plus profondément que dans Mickey Monster ou Léviatown, par exemple)
Si une chose m’a ennuyée à la lecture, c’est le rythme, que j’aurais aimé plus rapide, et la passivité du « monstre ». La lyre qui enchante aurait pu être exploitée de façon plus vive et active. Reste que le roman se lit rapidement, et ne contient pas de longueurs, ce qui en fait une lecture fort agréable!