1959. Alors que les cercueils de jeunes appelés arrivent en nombre d’Algérie, les attentats se multiplient en métropole sous l’égide du FLN. Dans ce contexte politique délétère, le Général de Gaulle est rappelé au pouvoir afin de résoudre "la crise algérienne". Il devient alors l’un des dirigeants les plus menacés de la planète. Pour sa protection, il compte sur quatre hommes, qui resteront tout au long de son mandat ses seuls gardes du corps. On les surnomme les gorilles du Général. Mêlant l’intime à la grande Histoire, Xavier Dorison dresse ici le portrait de ces hommes, prêts à tout pour le garder en sécurité, qui forment aussi une bande de potes, unie, dans une France qui a bien du mal à accepter un grand tournant historique : la décolonisation. Un premier volume époustouflant, imaginé par le maestro du scénario Xavier Dorison et sublimé par le dessin virtuose de Julien Telo.
Xavier Dorison est né en 1972 à Paris et passe trois années en école de commerce, où il organise le festival BD des Grandes Écoles, puis travaille chez Barclays Corp. Dès 1997, il écrit le premier tome du Troisième Testament, série co-scénarisé et dessiné par Alex Alice qui remporte un succès immédiat. Il publie ensuite deux séries aux Humanoïdes Associés : Prophet avec Matthieu Lauffray et Sanctuaire avec Christophe Bec. Il co-scénarise, avec Fabien Nury, le film Brigades du Tigre, qui sera également adapté en bande dessinée aux éditions Glénat avec Jean-Yves Delitte au dessin. Il co-scénarise, toujours avec Fabien Nury, le western fantastique W.E.S.T. mis en image par Christian Rossi. Et lance début 2007 une fresque pirate : Long John Silver. En 2008, il crée la série Les Sentinelles et participe au projet XIII Mystery, en scénarisant l'album sur La Mangouste. En 2008 également, il écrit Le Syndrome d'Abel pour son comparse Marazano, de retour au dessin. En septembre 2010, il s’associe à nouveau avec Alex Alice et commence la publication de l’antésuite du Troisième Testament, intitulée Julius, toujours chez Glénat. En mars 2012, paraît chez Dargaud le premier tome d’Asgard, série dans l’univers des vikings, dessinée par Ralph Meyer. En 2013 paraîtra chez Glénat une série coécrite avec son frère Guillaume Dorison.
Un de mes collègues a vraiment beaucoup beaucoup beaucoup insisté pour que je lise cette bd (au point que ça en devienne une vanne) et mine de rien il a bien fait, ça me force à diversifier mes lectures pour mieux conseiller !
Une fiction historique DENSE qui rend hommage à un point pourtant bien réel : le travail de protection des gardes-du-corps de De Gaulle qui n’étaient que 4.
On sent que le travail de documentation derrière est colossal et je suis scotché du détail accordé au dessin !
(Bonne bd de darons pour Noël si vous voulez mon avis)
Tout à fait convaincu par cette fiction historique qui nous plonge dans la France de 1959 en pleine guerre d'Algérie avec le retour au pouvoir du général de Gaulle. Un point faible : je trouve qu'on est beaucoup dans le male gaze. C'est une histoire d'hommes héroïques, et de femmes reléguées au second plan, qui n'ont pas d'existence propre. Et cela ne me semble pas seulement être une conséquence du patriarcat de l'époque. Une fascination des auteurs pour les mecs héroïques, beaux, forts et charmeurs ? On a beaucoup regardé James Bond quand on était petit ?
Premier épisode d'une reconstitution minutieuse (et nostalgique) du travail des gardes du corps qui se vouèrent corps et âmes au Général de Gaulle pendant de longues années : un point de vue inédit sur la politique des années 50-60 et les débuts de la Ve République.
Xavier Dorison est un scénariste qui a connu le succès très jeune, dès ses 25 ans, avec Le troisième testament. Il a mis la main à la pâte pour de célèbres séries comme XIII ou Thorgal. Il écrit également pour la télé et le cinéma. Il est né en 1972 et n'a donc pas connu De Gaulle mais il avoue sa fascination pour les "mentors" et cette tranche d'Histoire, cette France un peu désuète, est un peu son passé fantasmé. L'idée de ces Gorilles du général lui est venue d'un reportage réalisé en 2010 par le journaliste Tony Comiti, le fils de l'un des fameux gorilles du général. Julien Telo est tombé très jeune dans la marmite du graphisme et s'est fait un nom du côté de l'heroic-fantasy. Il a réalisé ici un gros travail de documentation pour cet album immersif, en visionnant notamment de vieux films en noir et blanc pour s'approprier l'époque, ses costumes, sa gestuelle, ... La fin de l'album est augmentée d'un cahier qui justifie les "libertés historiques" que les auteurs ont prises pour bâtir leur fiction (et que je vous conseille de lire avant la BD car on y apprend plein de choses sur le contexte de l'histoire et sur leur travail). À noter que cet album ne couvre que septembre 1959 et n'est que le premier épisode d'une longue série prévue par Dorison et qu'il sort en deux formats, classique en couleurs et prestige en noir et blanc (c'est plus d'époque !). On a déjà hâte que le tome 2 nous emmène jusqu'en décembre 1959, à Colombey.
Les quatre mousquetaires, les quatre gorilles, ce sont les gardes du corps du Général De Gaulle recrutés après guerre pour l'accompagner dans ses déplacements et le protéger quoi qu'il arrive (en 1959, les attentats se multiplient et le Général est menacé de toutes parts). Le vrai Roger Tessier devient dans la BD Georges Bertier, mais toujours avec une vraie tronche de gorille. Il pratiquait la boxe. Le corse Paul Comiti, le patron des quatre gorilles est également président du sulfureux SAC. Il est incarné ici par Ange Santoni. Henri Hachmi, d'origine kabyle, sera Alain Zerf. Raymond Sasia, l'ancien du SDECE, diplômé de l'Académie du FBI, devient Max Milan. Son recrutement imprévu au sein des quatre mousquetaires fait des étincelles et lance cette histoire sur les chapeaux de roues. Jacques Foccart, l'éminence grise de De Gaulle à la réputation sulfureuse, se cache derrière Le Chanoine. Et puis bien sûr, il y a « Pépère », c'est avec ce (vrai) nom de code affectueux que ses gorilles appellent le Général De Gaulle. On croisera beaucoup de monde, du beau monde, du moins joli, des gens connus comme Malraux, d'autres moins et même quelques personnages fictifs pour le scénario. Allez hop, tout le monde est en place, c'est parti pour « une histoire de trahisons et d'espoirs, de grandeurs et de déceptions, de victoires et d'échecs ». Une histoire qui comme celle de la Ve République commence dans le guêpier de l'Algérie ...
Bien sûr, on ne peut éviter la référence à cette autre BD : Cher pays de notre enfance du bédéaste Etienne Davodeau et du journaliste Benoît Collombat. Un album qui allait fouiller dans les poubelles du SAC, sulfureuse organisation que l'on retrouve encore ici bien sûr. Mais le scénario de Dorison adopte un point de vue beaucoup moins journalistique. Bien sûr les questions politiques seront au cœur du récit mais ce qui intéresse les auteurs ici ce sont ces fameux gorilles dévoués corps et âmes (et ce n'est pas une formule) à leur Général au point d'y sacrifier famille et amis, leur vie donc. C'est ce qui rend ce récit humain, captivant, passionnant : parce qu'on ne nous demande pas de prendre fait et cause pour une personnalité publique légendaire, forcément un peu distante, mais plutôt de nous intéresser aux quatre bonshommes qui se déplaçaient partout avec lui.
Et puis il y a la reconstitution nostalgique de ces années passées, au charme sans doute un peu fantasmé, et teintées ici de cet humour sec et froid, façon Audiard, ambiance Lino Ventura. Comme dans : « [...] C'est un peu tôt pour déjeuner ... mets-nous trois bières, Marlène ... et un rillettes-cornichons pour moi, pour accompagner quoi ... »
Côté dessin, c'est un méticuleux travail de reconstitution que Julien Telo a entrepris, photos à l'appui. Le cahier explicatif en fin d'ouvrage montre même le parallèle entre des images d'époque et les planches que le dessinateur en a tirées. Un dessinateur qui laisse toute la place à ses nombreux personnages, cadrages en gros plans, vêtements et trognes caractéristiques, facilement reconnaissables. On passe de l'intime (un déjeuner champêtre en famille) au défilé officiel (motards et Simca) puis au thriller tendu (une rue noire sous la pluie). De temps à autre, une scène beaucoup plus dure fait taire la nostalgie, la politique et l'humour, comme celle où les gorilles doivent s'occuper du journaliste pro-FLN et « nettoyer la merde pour que le Général ait pas à patauger dedans ».
L’histoire commence lors de l’enterrement du Général De Gaulle et puis flashback en septembre 1959. La BD nous raconte la vie de ses quatre gardes du corps . Tous les chefs d’état ont des gardes du corps mais rarement raconte-t-on ce qui se passe réellement dans les coulisses du pouvoir. Santoni, Bertier et Zerf – les noms des vrais protagonistes ont été modifiés -forment une équipe bien soudée mais pas toujours efficace. Milan arrive dans l’équipe et on lui demande d’évaluer ses trois collègues et de faire son rapport. Inutile de dire qu’il sera difficile pour Milan de se faire accepter dans cette équipe. Le tout se passe sous fond de guerre d’Algérie, d’attaques terroristes et de la tâche du Général à mettre fin à ce conflit en trouvant un bon accord entre la France et l’Algérie.
Action, amitiés viriles sont au rendez-vous. Un style de dessin qui n’est pas sans rappeler les bonnes années de Pilote. Ceci est le premier tome. Le récit est complété par un dossier très intéressant sur les quatre vrais gardes du corps Une belle réussite !
C'était sympa, mais c'est pas du tout ma came. Mais j'aime bien tenter des genres de lectures qui ne me correspondent, parfois on a des belles surprises, ici c'est un peu mid mais sympa. Mais je me suis beaucoup perdu dans les personnages qui se ressemblent bcp physiquement. Le dossier a la fin c'est très cool.