Le quotidien de Sabrina, c’est deux enfants, une mère, deux ex-maris et les quinze élèves de la classe de maternelle, petite section, où elle travaille comme ATSEM. Alors quand une réfugiée ukrainienne fait irruption dans sa vie, elle n’imagine pas à quel point son petit monde va être bouleversé. Car la jeune femme n’arrive pas seule; deux hommes inquiétants, à l’accent de l’Est, sont apparus dans le quartier et posent des questions aux habitants.
À quelques jours d’une élection présidentielle marquée par le désintérêt et la haine, alors que le pays se demande quelles seront les conséquences économiques de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, l’étau se resserre sur la place carrée.
Épaulée par ses amies Zineb et Mathilde, Sabrina devra affronter tous ses démons, et surtout ceux des autres.
Nous suivons cette fois Sabrina, AESH dans une école maternelle. J’ai aimé découvrir son quotidien avec les enfants, certains encore en couche pendant la sieste ; découvrir Nestor qui montre le plafond et disparait parfois sans que l’on s’en aperçoive.
Son fils aîné Esteban a été exclu de l’internat pour une semaine et revient donc chez sa mère avec son demi-frère Kylian.
Sabrina prend sous son toit une jeune ukrainienne en mauvaise état rencontré sur le parvis de la gare : Iryna.
Mais deux méchants sont à ses trousses : Alexei le russe et Viktor l’ukrainien, fils d’Olga la tenancière. Heureusement pour Iryna, Alexei est un coeur tendre.
J’ai aimé cet opus qui nous parle des réfugiés ukrainiens à travers la fuite d’Iryna, leur prise en charge par l’Etat français quand ils ne font pas partie de réseaux de trafiquants.
Un roman qui parle également de cette frontière floue entre Russes et Ukrainiens qui se revendiquent d’une nationalité sans être forcément d’accord avec ce qu’il se passe dans leur pays respectif.
Un roman qui parle des petits bourgeois de la Génération Z (comprenez celle qui a voté Eric Zemm… au présidentiel) et qui veut faire faire le travail sale par des prolétaires (coller des affiches, tracter…). J’ai aimé le bon tour que leur joue les deux fameux prolétaires ouvriers dans ces pages.
Un roman qui nous parle d’une jeune fille en fuite pour échapper à son beau-père concupiscent et dont on ne saura jamais la vraie identité.
Un roman qui nous parle un peu de l’autisme avec Nestor qui fixe le plafond en répétant « pousse ». Nous saurons dans les dernières pages pourquoi.
Un roman sur la vie française en 2022.
L’image que je retiendrai :
Celle des kilomètres parcouru par les deux voitures pour atteindre Nice depuis la Place Carrée : autoroute, routes de campagnes, sandwichs, hôtels…
Les épisodes précédents des Chroniques de la Place carrée n’étaient pas disponibles à la biblio, ce qui a sans doute affecté ma capacité à apprivoiser les personnages et à cerner le milieu où ils évoluent. Toutefois, le récit de ces femmes ordinaires qui se lancent tête première dans une poursuite irréfléchie m’a beaucoup plu, et j’ai été touchée par toutes leurs discussions et réflexions sur les enjeux sociaux de toutes sortes qui affectent le quotidien. Dans un contexte marqué par la guerre en Ukraine, l’histoire se révèle au final très humaine, à la fois un peu rigolote et un peu triste, avec des protagonistes en or que j’ai été heureuse de rencontrer.
Avec « Et puis on aura vu la mer », quatrième volet des Chroniques de la place carrée, Tristan Saule livre un roman solidement ancré dans la réalité sociale française contemporaine. L’auteur explore avec finesse les fractures et les tensions qui traversent la société, à travers le prisme d’une ville moyenne imaginaire, Monzelle, et plus particulièrement son quartier populaire de Sainte-Thérèse... La suite de ma chronique sur mon blog : https://lemondedupolar.com/quand-le-r...