J'ai probablement lu des chroniques ou des papiers de Joël Martel à l'époque du Voir, mais comme je suis un peu un autiste culturel, je ne savais pas clairement qui il était quand je me suis plongé dans ma lecture de son premier roman, dont j'avais déjà entendu quelques échos majoritairement positifs.
Picture me surprised. La structure de ce livre est inusitée et étonnante, et m'a même rendu un peu jaloux en tant que "wannabe" auteur. On y parle de la mort, certes, mais sans que ça soit lourd ou répétitif. Pourtant, le "bodycount" y est plutôt élevé. Probablement que le parcours de tous les lecteurs et lectrices d'un certain âge sera, tout comme le mien et celui de Joël, parsemé d'être chers - et moins chers - disparus, d'individus de passage qui nous ont marqué, ou pas, pour ensuite se dissoudre lentement dans cette grande aventure qu'est la vie.
La mémoire de beaucoup de mes propres ami(e)s nous ayant quitté trop vite me remontaient à l'esprit à mesure que je tournais les pages de ce tout petit récit, pourtant si marquant.
C'est sobre, inventif, tendre, drôle, juste assez court vu le sujet, et l'auteur ne prétend pas à une profondeur mystique, seulement aux petits gestes du quotidien qui se gravent dans nos souvenirs, et qui façonnent, en quelque sorte, la personne en constante évolution que nous sommes.
JiCi, quel personnage inoubliable. Si j'avais à écrire un texte, un jour, sur mon père, j'aimerais qu'il soit aussi maîtrisé et évocateur que celui-ci (sans la criminalité, évidemment).