J’ai dû m’arrêter à plusieurs reprises pendant ma lecture — c’était trop dur, trop triste, trop vrai. Ce roman dit, entre les lignes, la violence sourde de l’hétéronormativité sur les amours entre femmes. Une violence insidieuse, qui ronge, qui finit par tout abîmer.
Ce que j’ai lu, c’est l’histoire d’un amour que la société n’a pas permis d'exister. L’homophobie intériorisée de E., sa détresse identitaire, son incapacité à s’aimer et à aimer librement, devient peu à peu destructrice, voir violente. Pour elle. Pour l’autre. Et pour tout ce qui aurait pu exister autrement.