En 1801, une jeune Bretonne de 30 ans dont on ne sait, aujourd’hui, presque rien, s’adresse aux femmes de son temps pour les prendre à témoin des interdits, servitudes et violences qu’il leur faut encore affronter, passé le grand souffle de la Révolution. « Esclave dans la famille et nulle au sein de la Patrie », mais aussi, et c’est alors impensé, encline, par la force des préjugés sociaux, à intérioriser sa propre domination, la femme, dit Fanny Raoul, n’a pas même accès à l’expression légitime de ses opinions. Elle n’en proclame pas moins la sienne avec force, et après 200 ans d’oubli, il est temps de découvrir enfin de joyau de précocité et de radicalité qu’est Opinion d’une femme.
Un bon essai féministe (1801) avec une belle répartie, de bons arguments à plusieurs moments et une "certaine" sensibilité à l'anti-esclavagisme des personnes Noires (bien qu'elle sert souvent plus de métaphore à la libération des femmes et à la comparaison qu'à un véritable manifeste de libération).
On aurait toutefois vraiment apprécié plus sans cette suprématie culturelle et intellectuelle française.