Un homme, dans la dernière phase d'une maladie mortelle, est prostré sur un lit d'hôpital. Il ne doit cesser de penser, sous peine de mourir : « Un vide dans ma tête aurait l'effet d'une embolie. » Le père, la mère, des vieux dont il s'occupait, le personnel soignant se succèdent à son chevet ; les bruits du monde lui parviennent par la télévision, les bribes de conversation dans le couloir. Lui ne pense qu'à Muriel, sa femme. Un monde se reconstruit. Souvenirs, peurs, obsessions, délires remontent en désordre, là, devant nous, sur la page, sur l'écran d'une conscience bouleversée, portée à son point d'incandescence. L'homme parvenu à cet état limite est le maître d'un étrange ballet où les danseurs qu'il convoque sortent des coulisses de la mémoire, changent de partenaires et dansent avec les ombres. C'est l'instant où la vie et la mort se font face, se défient et s'enlacent, c'est l'instant où s'accouplent l'obscène et le sublime.
French novelist and playwright, she is perhaps best known for her 1999 novel L'Inceste (Incest) which recounts an incestuous relationship with her father. It is a subject which appears in several of her previous books, but it is unclear whether these works are autofiction and the events described true. Angot herself describes her work - a metafiction on society's fundamental prohibition of incest and her own writings on the subject - as a performative (cf Quitter la ville).
Angot is also literary director for French publishers Stock
Not to be n'est certainement pas son livre le plus engageant (est-ce que ce qualificatif peut s'appliquer à la démarche d'Angot?), ni son plus travaillé, mais on sent que quelque chose s'y dessine déjà. Quelque chose qui se situe aux niveaux de la phrase qui se fera de plus en plus circulaire et des thèmes qui resurgiront. La tentative de fiction (ou de l'écart avec le soi de l'écrivaine) est ici presque complète, même si les jeux de miroir paraissent évident en rétrospective, près de trente ans après la publication originale.
Le résumer ne rend absolument pas compte de la réalité. Le résumer donne envie, mais l’histoire a été une horreur pour moi, ce livre est une de mes pires lectures.
Not to be propose un protagoniste dont la situation le rend un procédé narratif au potentiel fou: étant en phase terminale d’une maladie mortelle, il ne peut ni parler ni bouger, mais entend tout. Malgré cette prémisse imaginative, je n’ai pas eu l’impression que le roman a pleinement exploité les thèmes auxquels il touche, ni que les relations entre ses personnages étaient suffisamment intéressantes pour que je me sente investi. Bien que la prose de certains passages m’ait plu, ce roman n’a pas été pour moi une lecture mémorable.