Un suicide. Une maison à vider. Un fils déchiré entre la haine et l’amour de son père. Au gré des objets trouvés dans la maison, les souvenirs surgissent et racontent la relation avec ce père violent, insaisissable, en proie à des démons qui auront eu raison de lui. Mais peut-on se débarrasser de son passé? Et si, en arpentant à rebours les chemins de la mémoire, on pouvait parvenir à toucher des vérités insoupçonnées?
Fermer les yeux ne suffit pas, c’est le portrait d’une vie marginale, d’un père qui n’a jamais su comment devenir père et d’une famille dysfonctionnelle qui se tient, malgré tout. À travers ce récit intimiste au style aussi épuré qu’efficace, huis clos dont on ne sort pas indemne, Danny Émond explore les thèmes de l’incommunicabilité, du refoulement et du deuil.
Danny Émond pratique plusieurs genres littéraires : poésie, chanson, nouvelle, roman. Il alimente un blogue pendant plusieurs années et s’engage dans différents collectifs, revues de création et groupes d’écriture. Après une maîtrise en création littéraire, il publie en 2015 aux Éditions du Boréal un recueil de nouvelles intitulé "Le Repaire des solitudes". Ce livre a reçu un accueil des plus favorables. En 2024 paraît son premier roman, "Fermer les yeux ne suffit pas", aux Éditions Hashtag. Outre ces publications, il compose en anglais l’ensemble des textes des groupes de musique Blinded by Faith et Born Divided. Pour partager sa passion de l’écriture, il organise et anime des ateliers et offre des services de mentorat.
J’ai lu Fermer les yeux ne suffit pas de Danny Émond.
On y suit un homme qui doit vider la maison de son père suite à son suicide. Au fil du tri, il est asséné par les souvenirs que lui évoque les objets qui l’entoure. Des souvenirs d’une vie difficile au côté d’un homme instable.
C’est un livre qui m’a particulièrement touché.
L’auteur nous plonge en plein coeur d’une relation complexe et difficile à décortiquer.
Les agissements et l’amour maladroit du père ont eu des répercussions sur la vie du fils.
« Il m’a demandé pourquoi je venais consulter. J’ai répondu que mon père était fou et que j’avais peur qu’il me rende cinglé à mon tour. »
Certaines blessures ne se sont jamais refermées et continue de suinter alors que d’autres ont été relégués au passé.
Les non-dits qui se sont accumulés et l’éloignement des dernières années lui ont laissé un goût amer en bouche. Mais la douleur suite au décès de son père n’en est pas moins vive..
Magnifique roman! Le style d’écriture de Danny Émond est sublime, l’émotion passe, la structure du récit, fragmenté certes, mais tenu par cette trame de souvenirs à travers les objets de la maison, simple, mais particulièrement efficace. Un roman touchant que je recommande à tous!
Après le suicide de son père, alors qu’il vide la maison de celui-ci, Danny est confronté à de nombreux souvenirs qui font surgir en lui des sentiments contradictoires. On est devant deux êtres qui n’arrivaient pas à se rejoindre. Au cours des années, les non-dits se sont accumulés pour ériger un mur entre les deux.
Les courts chapitres nous présentent des fragments de souvenirs, chacun lié à un objet qui tombe sur la main du fils. On découvre son père, Paulo. C’est un homme marginal qui tente tant bien que mal de se débrouiller dans la vie, malgré ses problèmes de santé mentale. Pris entre les crises de décompensation, les combines qui le mènent en prison et son rôle de père. Au fil des réminiscences, il est aisé de saisir que comme fils ça pouvait être difficile de grandir dans un climat d’instabilité constante.
Émouvant, Fermer les yeux ne suffit pas nous enjoint à assumer nos vulnérabilités et nous rappelle la nécessité de toucher, d’étreindre ce qu’on aime, de leur dire qu’on les aime. Car les opportunités de le faire sont limitées.
"Paulo me dirait que j'exagère, que ce n'était pas si pire, cette rage de démolition, que c'est arrivé juste une ou deux fois. Peut-être que je suis à moitié fou, comme lui. Mais lui n'est plus là pour tordre les histoires."
Un récit doux-amer sur la relation père-fils, dans un quotidien dysfontionnel où la masculinité toxique et la santé mentale laissent des traces.
Une enfilade de souvenirs qui déferlent dans l'esprit du narrateur à l'annonce du suicide de son paternel.
Il est dur de lire sur la vie d’un homme souffrant d’une rage infinie, qui s’est construit une carapace de métal. Mais, l’auteur a rempli d’amour chacun des mots qui raconte les démons qui hantaient son père.
Jeune homme qui doit vider la maison de son père décédé. Revit son enfance à travers les souvenirs. Très bien écrit. Dynamique J’ai beaucoup aimé. Court et touchant.