Une réflexion sur le pouvoir salvateur de la littérature.
Antoine Charbonneau-Demers, en échouant à s’extraire des mains ratoureuses de l’écriture de soi, qui le tiennent en otage, signe donc encore une fois un livre fascinant, d’une vulnérabilité qui frôle la cruauté envers lui-même. Un livre possédant cette qualité trop rare, qui traverse toute son œuvre, de laisser ses lecteurs fabriquer leur propre sens.
–Dominic Tardif (La Presse)
Un livre profondément original, composé dans une tentative de l’auteur de repousser le plus possible sa nature et ses pulsions artistiques.
- Anne-Frédérique Hébert-Dolbec (Le Devoir)
(Antoine Charbonneau-Demers) fait partie d’une nouvelle vague de jeunes et passionnants auteurs québécois qui met le feu à la littérature canadienne et québécoise.
- Richard Burnett (Fugues)
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« Ce serait un livre de madame, un livre avec un verger sur la couverture, un livre d'été, un livre d'aéroport, un livre de chez Costco, un livre écrit comme une mauvaise traduction, un vieux livre poussiéreux qui emprunterait ses temps de verbes aux morts, à qui on ne reproche jamais rien. Tant qu'à essayer de plaire, il ferait un vrai livre ordinaire, un livre affreusement normal. »
Trahisons du roman et fourberie de l'art, violence du désir et ridicule des corps, et ce vide à remplir qui ne se comble jamais, et la famille, et la communauté, tout qui enracine et aliène en même temps. Roman sans rien parle de ça et de bien d'autres choses, avec une choquante légèreté.
Antoine Charbonneau-Demers est né en 1994 à Rouyn-Noranda. Après des études en création littéraire, il est maintenant diplômé du Conservatoire d'art dramatique de Montréal. Coco est son premier roman.
Après avoir dévoré ses précédents romans et m'être repu de son blogue, c'est peu dire que je ne suis pas déçu par ce nouvel opus. ACD nous offre une réflexion sur la fiction, sur son pouvoir et ses limites, ou sur ses relations avec le réel, plutôt. Mise en abyme, roman dans le roman, et réflexion de soi comme personnage principal, comme narrateur ("quel mot repoussant", p. 16) et comme auteur. Il y a du Marie-Sissi Labrèche, du Nelly Arcan, du Bret Easton Ellis et du Kafka en lui. Entre les scènes de sexe, les crises de folie et les péripéties délicieusement déjantées, ACD brosse un tableau inimitable de la vie d'un auteur homosexuel pour qui le plus important, au fond, c'est d'être le centre de l'attention (alors, que ça soit par la publication ou en devenant le point focal d'une orgie berlinoise...) Et en même temps, c'est le miroir de notre époque, de nos relations tordues, de notre irrépressible besoin d'amour, de notre superficialité, de notre individualisme et de notre édonisme sans limite. Miroir aux alouettes... Le piège tendu par l'auteur dans la première partie, alors qu'il se promet d'écrire un "roman sans rien", se referme sur lui-même dans la deuxième partie, pour notre plus grand plaisir. Est-ce que j'ai dit que j'avais adoré?
J’ai lu Roman sans rien, le p’tit nouveau d’Antoine Charbonneau-Demers.
Une lecture que j’ai trouvé remarquablement déstabilisante.
La façon dont le livre est écrit m’a sortie de ma zone de confort et honnêtement, j’ai pas haïs ça !
Divisé en deux livre, j’ai eu un faible pour la deuxième partie qui m’a carrément rentrée dedans.
L’histoire de Paris Dulove est d’une brutalité renversante. Rien n’est embellie. On plonge dans sa vie telle qu’elle est.
Les mots de l’auteur raconte avec une effrayante légèreté une réalité qui ne laisse pas indifférent.
J’ai été secoué devant la violence de certains passages.
J’ai bien aimé ma lecture.
Je ne peux faire autrement qu’espérer que ce soit entièrement une fiction mais je suis hantée par le fait qu’il y a probablement une trop grande part de vérité dans ce livre. ❤️🩹
Ce livre d'ACD témoigne une nouvelle fois de l'écriture simple mais bien ficellée de l'auteur. Ce roman autobiographie est bien réussi. Via son alter-ego, l'auteur fait sa propre introspection et nous partage ses multiples états d'âmes, qu'on accueille parfois avec joie, parfois avec tristesse, parfois avec pitié.
Avec tellement de soin et sobriété et dans une belle rencontre de grammaire fine et de vocabulaire vulgaire l’auteur offre des réflexions sur l’imagination, l’invention, le vécu à la page et la ligne fine entre le danger et la beauté d’écrire un texte dans lequel les lecteurices peuvent se voir réfléchi.es un peut trop clairement. Ça fait longtemps depuis la dernière fois que j’ai lu un véritable page turner en français, mais en voici un, surtout la deuxième partie.
Super première moitié. Un page-turner. De belles nuances. Antoine raconte et écrit très bien.
"En fait, écrire des romans sur lui-même, c'était un prétexte. C'était probablement un des gestes les plus homosexuels qui soit, faire de la littérature - l'ultime façon de se rendre intéressant. ... L'écrivain gai se présentait en héros, en victime victorieuse, survivant de toutes les agressions que les méchants mâles lui avaient fait subir."
Les thèmes récurants exploités par Antoine Charbonneau-Demers dans tous ses romans commencent à être redondants. De plus, le personnage principal est antipathique. Je n’ai pas été conquise non plus par l’écriture simpliste. Bref, Roman sans rien porte bien son titre : il n’y a pas grand chose à tirer de ce livre.
3,5 Jeu fiction-réalité intéressant, se lit comme on mange des chips, plusieurs scènes de sexe violentes et humiliantes qui ne semblent pas toujours nécessaires cependant
Avril 2024. C’est un page-turner, ça oui. Est-ce que c’est bon? Je sais pas trop. C’est bien écrit. J’ai beaucoup aimé les réflexions sur l’écriture que j’ai perçues. Est-ce qu’on écrit pour soi ou pour les autres? Est-ce que les faits restent des faits ou deviennent de l’imagination? Si c’était juste ça, probablement que j’aurais attribué un 4/5.
Cela dit, les descriptions de la sexualité gaie masculine de ce roman me semblaient toxiques au possible. Je suis qui moi pour me porter en juge de cette réalité? Mais ça m’a troublée de lire cette violence sexuelle qui était dépeinte comme normale dans la culture gaie. J’en ressors infiniment triste.
Malgré que je l’ai lu d’un trait (et ça se lit très bien et facilement), je n’ai pas été emballée. Je comprends la démarche et l’intention d’ACD, mais j’avais l’impression d’avoir déjà lu cette histoire au travers de plusieurs autres livres, y compris les siens. On suit l’auteur dans son introspection, dans son auto-critique, c’est intéressant, mais j’ai trouvé ma lecture peu surprenante et/ou déstabilisante.
Belle découverte pour moi que la plume d'Antoine Charbonneau-Demers, que je ne connaissais pas, mais qui a déjà une bibliographie impressionnante! Bien que le thème et l'intrigue de base de Roman sans rien ne m'aie pas personnellement rejoint, je salue le travail formel et le style trash, mais réfléchi de l'auteur.
Dans ce roman, on semble se questionner sur la place de l'auteur dans son art, de la fiction dans le réel, et l'impact que tout cet amalgame peut avoir sur une communauté. La réflexion est noble et franchement bien portée à l'écrit, mais le tout me semblait redondant, malgré un changement de ton abrupt au milieu du récit qui, au final, est une manière comme une autre de répéter la même réflexion, avec une autre saveur.
Somme toute, ça n'aura pas été un coup de coeur, mais je suis heureux d'avoir connu un autre auteur dont je suivrai la carrière avec intérêt!
J'ai trouvé ça dur à lire, quasi-torture et d'une tristesse! J'ai failli abandonné après la première partie très autobiographique, qui ne raconte en effet, rien, mis à part les relations malsaines, violentes et masochistes que s'impose l'auteur. Pourquoi la culture gay se limite si souvent, en littérature, à un étalage de sexe trash, comme si tous les très jeunes hommes étaient attirés vers des brutes quinquagénaires de pouvoir? On entre de plein fouet et "sans lubrifiant" dans cette réalité sordide. Et puis, la deuxième partie du roman, une espèce de mise en abîme fictionnelle de la première m'a invitée à poursuivre quand même. L'auteur pose un regard sur lui-même en s'inventant "Paris Dulove", se présentant en héros, victime victorieuse des méchants magnats. Pas convaincue non plus par cette écriture simpliste.
Wow. J'ai eu l'impression de lire un livre dans un livre à propos d'un livre. J'ai beaucoup aimé la complexité narrative, qui était à mon avis très bien ficelée. J'ai ri, vécu du malaise et de la tristesse, and all in between.
Mention spéciale pour la manière dont certains enjeux sociaux sont abordés de manière subtile et organique, complètement intégrés à l'histoire.
ok c’était cool!! 2 romans en 1. J’ai préféré le premier même si c’est parfois rough et cru, mais on est complètement plongé dans la vraie vie de l’auteur sans filtre et sans rien… après ça on a de la difficulté à différencier le vrai du faux, c’est bien joué👏🏻
Assez bizarre comme roman. Les 180 premières pages décrivent les péripéties sexuelles effrénées d'un écrivain homosexuel. Le reste du livre parle du personnage principal (qui a changé de nom) et des hauts et des bas de sa vie d'écrivain.
3.5 en fait. ( pas de demie possible) Pas tant la sexualité homosexuelle que la joute de pouvoir, la position de soumission et dénigrement...ouf! Ce jeune auteur écrit bien .