Tenter d'approcher ce qui reste d'une "grave maladie" qui vous arrache à vos jeunes années, cerner ce qui se noue, ce qui persiste, ce qui au contraire se détache après vingt ans de rémission, appelée alors guérison. Pister les traces de ces douleurs, de ces tensions et de ces espoirs. Un texte construit comme un fil parcouru par une vibration, comme une voix traversée par un tremblement ; comment la vie oscille, s’obscurcit et s’éclaire-t-elle ? Comment se concevoir après l’épreuve et au gré du temps qui passe ?
« Car, même sans volonté ni intention, oui, le malheur existe. La souffrance est une matière incarnée. Dans sa chair, dans son cœur, chacun la perçoit un jour ou l'autre, elle est tangible et inflexible. Son pieu nous plante et nous traverse sans une once de pitié. Je sais aussi que l'amour existe. L'un ne vainc pas l'autre. Il ne se trouve aucun remède pour congédier le malheur, aucun trou noir pour absorber l'amour. C'est un mouvement, un flux, par lequel nous passons et repassons sans cesse. Entre ces grandes forces, nos vies oscillent. »
Pas hyper convaincue, mais ça reste une lecture agréable. Je pense que ça m’a seulement un peu angoissée cet aspect du personnage (de l’auteur ?) à constamment devoir se rassurer à propos de sa maladie et d’une potentielle récidive.
Quelques incohérences aussi à l’intérieur du récit + du mal avec la temporalité. Mais ce sont des détails.