Le style est trash, vulgaire, au corps à corps avec la réalité urbaine et sociale du milieu décrit. François est lucide sur la misère de sa vie, il ne fait pas de promesses, pas de rêves, et pourtant on s’y attache. C’est presque attendrissant de lire ce récit brut, sans effets de style ni vocabulaire recherché parce qu’il n’en dispose pas.
Son histoire, pleine de désillusion, d’orgueil grossier et d’obscénités, a quelque chose d’obsédant car on se demande jusqu’où l’illégalité peut aller, quel niveau la dépravation atteindra avant que quelque chose de grave arrive ou que quelqu’un tende enfin la main pour aider ces jeunes de la rue. La misère est telle qu’ils ne peuvent que s’y vautrer, et pourtant on voudrait leur crier de lutter contre la fatalité, de s’en sortir, de trouver du travail.
Ainsi cette histoire singulière prend place dans des enjeux sociaux plus grands, importants et alarmants : la misère, la ségrégation, le manque de services publics, le chômage, la pollution et la dangerosité des bas-quartiers, face à une ville qui ne défend que les intérêts des plus riches.
C’est un roman original, fluide et incandescent, un roman qui a la rage, un appel à l’aide.