Comment défendre le respect pour tous les corps quand on a intégré la haine du sien ? Comment valoriser son corps gros quand la prise de poids est vue comme étant le pire cauchemar des femmes autour de soi ? Comment défendre des idéaux féministes quand on ressent de la jalousie vis-à-vis d'autres femmes aux corps plus conformes aux codes de beauté ? Les mécanismes d'oppression qui touchent tout ce qui ne rentre pas dans la « norme », nos rapports intimes aux corps et aux autres femmes, le body positive et l'afroféminisme , autant de sujets qui sont abordés dans cet ouvrage intime, militant et poétique, pour lutter contre le mythe de la perfection. Perfection que l'autrice, femme noire et grosse, s'efforce de détricoter afin de construire une société émancipée où chaque corps, aussi différent qu'il soit, aura sa place.
Super, incroyable lecture! Accessible, humain et touchant Kiyémis raconte si bien son histoire, son vécu et ses ressentis, tout en nous parlant à nous et à nos propres vécus. Et tout en étant très percutante et précise sur les sujets qu'elle aborde! Il y a des passages qui nous rappellent bien la qualité de poétesse de Kiyémis: les phrases sonnent si juste, c'est magnifique.
Je vais le conseiller à tout le monde, bisou
(ps: 1, ce titre est incroyable et 2, j'ai eu la chance de rencontrer et discuter avec Kiyémis lors d'une rencontre à la librairie de ma ville OHMONDIEU cette femme est si cool et si intelligente et si belle je compte lire son recueil de poésie soon.)
Je suis VOTRE pire cauchemar, je suis MON pire cauchemar. ELLE est votre pire cauchemar. NOUS sommes vos pire cauchemar
Pourquoi parlons nous de cauchemar ? Quels sujets sont abordés dans ce livre ?
La grossophobie et ses effets sont le plus gros thème abordé dans ce livre mais ça ne s’arrête pas là puisque sont abordés des sujets comme le racisme, le sexisme, le patriarcat, le féminisme, l’afro-féminisme des thématique intimement lié à la grossophobie.
> ***La grossophobie, c’est un ensemble de mécanisme qui marginalisent et excluent les personnes grosses du corps social en leur rendant impossible l’accès à certaines ressources, dans d’innombrables domaines : logement, emploi, accès au soins, accès aux position de pouvoir, visibilité…*** >
Dans ce livre, Kiyémis nous livre une grosse partie de ses ressentis, de son histoire et je me suis reconnu dans beaucoup de lignes.
Toute son expérience, de l’enfance, en passant par l’adolescence pour finir à l’âge adulte nous démontre ce par quoi elle est passée. Le regard des autres, sa façon de se voir une fois qu’elle a intégré comment la société la voyait.
Pourquoi ce titre ? Pourquoi “ Je suis votre pire cauchemar “ ? C’est simple. Elle s’est rendu vite rendu compte que son corps était le pire cauchemar de ceux qui sont dans “ la norme “ celle-là même que cette société raciste, sexiste, grossophobe a instauré. Une femme noire et grosse ? Elle était/est ce que certains avaient peur de devenir parce que c’est ce que cette société leur inculque. Elle les plonge dans cette peur de ne pas devenir comme ces filles cauchemar sous peine de représailles.
Cette société dans laquelle on apprend très tôt aux petites filles qu’elles doivent rester mince, qu’elles doivent rester jeune. Qu’elles doivent être sans défaut. Ne pas sortir du sentier tout tracé pour elles. Cette norme là. Tu ne veux pas souffrir ? Etre rejeté, détesté par tous ? Reste à ta place. Celle qu’on a créé et tout se passera “bien”.
De plus, on apprends à ces petits filles à perpétuer ce système et elles le transmettent à leur tour consciemment ou pas à la génération d’après. Combien de fois avons nous pointé du doigts “ ces femmes “ qui perpétuait cette infamie en oubliant qu’elles avaient été conditionné et que c’est très dur de se déconstruire et tout ça, en oubliant l’ennemi principal, l’ennemi commun.
Fille cauchemar parce qu’elle ne rentre pas dans la case, dans la norme mais pas que. Fille cauchemar pour celles qui n’ont pas peur, qui refuse de se plier aux “règles” de beauté et surtout qui n’ont pas peur de le dire haut et fort. Celles qui n’ont pas honte, celles qui ne se cachent pas alors que tout est fait pour qu’elle le fasse.
On parle dans ce récit de pretty privilège, la place de la beauté dans la société mais aussi du regard des hommes. Ce que les femmes doivent faire - ce qu’elles font pour être agréable aux yeux des XY et comment dès toute petite on leur apprend à le faire. On parle de sororité, de solidarité mais aussi de jalousie. Tout est fait pour créer ce fossé entre les femmes. Un fossé entre elles-mêmes mais aussi un fossé entre celles qui sortent du cadre et les privilèges auxquelles ont droit celles qui restent dans la voie - (voix).
On parle de jalousie, un sentiment tout à fait normal au vu des actions mis en place pour toujours mettre ces dites femmes en compétition sans cesse et tout est fait pour les empêcher de prendre conscience de leurs force, leurs valeurs. Et la parole des filles cauchemar ? Celles qui essayent de dévoiler le pot aux roses ? Tout est fait pour décrédibiliser ce qu’elles disent. Woke, féministe radicale, séparatiste. Tout est fait pour les silencier.
> ***“Beaucoup d’entre nous pensent ne pas mériter la joie, la sécurité et l’abondance parce qu’ils sont dans des corps que la société considère comme anormaux, parce que trop gros, non-valides, non-blanc ou considérés comme laids”.*** >
C’est ce que cette société fait. Elle nous fait croire qu’on ne mérite rien une fois qu’on ne rentre pas dans la case tout établie et c’est dur, dur d’en sortir.
Je suis MON pire cauchemar. C’est dans cette partie que je me suis reconnu le plus. On parle aussi de body-positive mais aussi de la façon dont qu’importe, on essaye d’instauré ce mantra, la honte demeure ainsi que cette haine de soi. J’ai pris beaucoup de poids ces dernières années suite à une - mauvaise - expérience fin lycée et mon regard vis à vis de moi a terriblement changé. Ma manière de me voir était catastrophique et aujourd’hui encore, même si ça va mieux, j’ai encore des pensées négatives qui n’ont pas lieu d’être. Quand quelqu’un me fait un compliment, je n’arrive pas à l’accepter tout simplement parce que je ne pense pas ça de moi même alors je me dis que c’est impossible que la personne en face pense ça de moi.
J’ai été confronté avec cette prise de poids à ce dont la société attendait de nous une fois que je me suis rendu compte que j’avais plus de mal à m’habillé. Que certains magasins où j’aimais faire mon petit shopping me lançait un gros stop au visage. Ma - nouvelle - taille ? Il n’y avait pas ça chez eux. Alors mon moral descendait encore plus. Si c’est ainsi c’est que le problème venait vraiment de moi ? Moi qui ai osé prendre du poids et c’est là que j’ai compris.
J’aimerais un peu plus être le pire cauchemar de cette société et moins être le mien et c’est pour ça qu’on a besoins de livres comme ça. Je me suis reconnu dans ces (ses) lignes et ça faisait du bien. Je ne suis pas seule. Je ne suis pas un cas isolé et surtout, déjà que je ne suis pas la plus à plaindre, il faut que tout ça change. On parle donc d’espoir. Cet espoir de renverser ces didacts.
Kiyémis nous parle aussi de santé mentale impacté par tous ces sujets mais aussi de la performance que certains attendent des militants et cette pression que ceux-ci s’imposent. Sa façon de se voir à travers le body-positive. Il est aussi parlé de colère et ça je l’ai ressenti parce que je suis souvent en colère moi aussi. Depuis que j’ai commencé à prendre la parole sur ce manque de diversité et que j’ai été confronté à ce mur en face de moi. Le mur représentant toute ces personnes participant à ce manque de représentation et qui n’ont en, apparemment, rien à faire, en colère à chaque fois que je me renseigne un peu plus sur ces sujets. Une colère légitime mais qui ne nous apporte rien sinon d’affecter notre santé mentale. Elle explique comment elle a transformé cette colère et s’est tourné vers autre chose. L’espoir. L’utopie.
Elle est votre pire cauchemar et franchement, moi aussi, j’aimerais l’être et j’aspire, tout comme elle, que d’autres filles sortent de ce rêve illusoire, cesse d’être LEUR pire cauchemar pour devenir celui des sexistes, racistes, grossophobes et autres personnes participant à toutes ces formes de discrimination.
Ce récit m’a vraiment parlé et a déjà changé ma perspective sur beaucoup de choses. Mon rapport avec mon corps mais aussi avec les autres.
Un essai hyper pertinent, où chacune se retrouvera à un moment donné et avec une fin flamboyante (comme son autrice). Parfaite lecture pour accompagner celle de Selfie de Jennifer Padjemi
Je me suis beaucoup projetée dans les mots de Kiyémis, puisque nous appartenons à la même génération et que nos enfances et la manière dont nous avons vécu/découvert la grossophobie se chevauchent beaucoup.
Mais Kiyémis développe dans son récit/témoignage une perspective afropéenne qui m'a beaucoup appris et qui est encore bien trop invisibilisée.
Si l'autrice développe à travers ce livre quelques aspects de l'afroféminisme, il s'agit essentiellement d'émotions, de franchise, de déconstruction de soi (et du dégoût de soi), plus qu'un ouvrage théorique.
Il y a énormément de vulnérabilité dans ce récit, beaucoup d'élans, de sororité, de recul. De colère aussi. Mais avant tout, de l'utopie. C'est très empouvoirant.
Un essai à la première personne bien construit et rapide à lire, par l'autrice afroféministe Kiyémis. Elle y déconstruit la grossophobie, la misogynoir et l'hétérosexualité obligatoire.
Mais je n'ai pas été emportée par son écriture. J'ai préféré son précédent recueil À nos humanités révoltées. Son propos politique est important et je suis sûre qu'il touchera de nombreuses personnes.
Personnellement, je me suis plutôt ennuyée pendant cette lecture et je n'ai pas appris grand chose. Un peu déçue, donc.
Essai féministe pertinent, JE SUIS VOTRE PIRE CAUCHEMAR aborde le thème de la grossophobie avec beaucoup de simplicité pour que chacun se sente touché, de près ou de loin, par la cause. Ayant subi des moqueries, du harcèlement, des regards de travers et autres jugements non dissimulés, Kiyémis nous explique avec ses mots de poétesse ce qu'elle a ressenti, ce qu'elle perçoit et ce qu'elle souhaiterait mettre en place pour que ça change.
D'où sort cette image glacée de femme parfaite qui devrait être blanche, grande, mince et riche ? Comment le patriarcat et la politique au sens large se sont-ils servi de l'insécurité des femmes pour régner ? Comment faire machine arrière pour revenir à un rapport sorore sain et sans compétition ?
Tous autant de sujets et de réflexions que vous pourrez découvrir ici. Si vous avez, comme moi, l'habitude de lire des essais ou d'écouter des podcasts sur le sujet, je pense que ce livre ne fera que réouvrir pour vous des portes déjà ouvertes en grand. Pour les autres, c'est une belle entrée en matière, pleine de belles réflexions et de bon sens, certes ouvertement militant de gauche, mais que, même si vous votez ailleurs, vous trouverez tout de même intéressant. J'ose l'espérer en tout cas.
Franchement, il y a 2 ou 3 trucs qui m’ont manqué pour mettre 5⭐️ Je crois que j’aurais aimé un peu plus de profondeur et d’apport théorique. Et même si l’essai est structuré en parties et sous-parties, je sors de ma lecture avec une impression de “fouillis”. Comme si c’étaient des pensées rassemblées ensemble mais un peu en vrac.
Ces bémols étant donnés, ce texte est absolument nécessaire. Il faut davantage parler de grossophobie systémique, et aussi de racisme et de sexisme.
J'ai trouvé certaines phrases bizarrement tournées et ai eu du mal à me concentrer sur la police mais c'était un excellent livre quand même.
L'équilibre témoignage/références était parfait. L'écriture de Kiyémis donne l'impression d'être avec elle. Elle décrit vraiment très bien l'ambivalence entre la théorie militante et la réalité de ce qu'on a intégré malgré soi.
Poignant, cet ouvrage pose les mots exacts sur ce qui a été et est le quotidien de nombreuses femmes, dont je fais partie. On a l’impression de lire un journal intime qui décrit précisément notre ressenti.
Une préférence pour le début du livre qui m’a subjuguée mais une fin qui reste tout de même excellente, et tout autant facile à lire.
le dernier chapitre m’a fait tellement de bien!! c’est un récit important à lire en plus l’écriture est accessible Kiyemis aborde la grossophobie mais aussi le racisme, le sexisme… et fait comprendre que ce sont des problématiques systémiques
j’ai détesté l’utilisation du mot bonnasse tout au long du livre… on parle de "body-positive" etc tout au long du livre mais on trouve quand même le moyen d’utiliser ce terme pour parler de femmes qui n’ont rien demandé… sinon pour le reste c’était assez interessant