Remercié par ses employeurs, Ghali Habchi est un jeune homme surdiplômé, hyper-motivé et prêt à tout pour reprendre du service. Taillé pour un poste en Multinatio- nale, il a le profil et l'expérience qu'il faut. Or, la crise finan- cière mondiale a fait ses ravages. Et dans son sillage des- tructeur, les opportunités deviennent rares, sinon inexis- tantes. En perte de repères, Ghali s'accroche à une possibi- lité d'embauche, une seule. Celle de la directrice d'un Cabi- net de Consulting Casablancais, qui promet de le rappeler à la suite d'un entretien. Ghalil voit en cette minuscule lueur d'espoir, son unique planche de salut. Criblé par le doute, sa quête le pousse à multiplier mésaventures et faux-pas. Contre toute logique, il accepte d'héberger et d'entretenir un couple d'amis en détresse. Cette décision accélère son appauvrissement. Témoin impuissant de son propre déclassement, Ghali tentera l'impossible, l'inavouable pour déjouer les pièges de la fatalité, et décrocher "Le Job". Y parviendra-t-il ? ...
Ce livre a obtenu le prix Mamounia, donc j'ai décidé de l'acheter (je sais, je sais, c'est mal de se fier aux prix littéraires, mais bon). Les première pages du livre m'ont happé, bien écrite, avec un soupçon d'intrigue, sans fautes (ce qui est une exception pour un livre marocain écrit en français). Cependant, la suite m'a fortement déplu, soit au niveau du style, soit au niveau de l'intrigue, et la fin a fini par me faire presque détester ce livre. Plein de clichés, plein de raccourcis, ce n'est pas le pire des livres marocains que j'ai lus, mais ce n'est certainement pas le meilleur.
Dans ce suprenant premier roman, Reda Dalil fait un portrait sans appel du cadre superieur a la derive. Licencie suite a la crise des subprimes, Ghali Habchi sombre dans la spirale de l'alcool, certes, mais aussi dans celle de la honte et du deni de soi. L'auteur en profite pour dresser un portrait severe (mais juste) de la violence capitaliste et des individus sans ame qui la composent.
Extrait: "Levant la tete, je note qu'un consultant fait la moue devant le spectacle de mon corps couche a meme le sol...Je le connais. Nous avons fait la meme fac...Aujourd'hui il fait partie de ces cadres superieurs arrogants qui portent des montres a plus de 5000 DH...Il aime le whisky, les filles faciles et les matchs du Barca. Intarissable sur la combinaison Messi, Neymar, Iniesta, il passe des weekends beuverie a Marrakech, vous les decrit une lueur a l'oeil, fait cirer ses mocassins trois fois par semaine, porte ses cheveux en pyramide degoulinante de gel a 300 DH le flacon (parce qu'il le vaut bien), ous flambe un salaire en dix jours mais ne demande jamais d'avance."
L'ecriture est vivace, melant habilement langage familier et francais chatie, et intransigeante. En lisant Dalil, j'ai un peu retrouve le Bret Easton Eallis de "Less than Zero". Voici un talent qui merite d'etre exporte par dela nos frontieres nationales, tant est grande sa capacite a saisir, d'un habile coup de plume, les tares de notre societe embourgeoisee et en panne d'ascenceur social.
Ghali Habchi est un cadre travaillant dans la finance au sein d'une multinationale. du jour au lendemain, il se retrouve licencié suite à la crise des subprimes. S'ensuit une lente descente aux enfers à la recherche d'un nouvel employeur qui durera vainement plusieurs mois. Entre temps, Ali, son ami de longue date, accepte son invitation à l'héberger chez lui, avec sa femme Sofia et sa fille Soukaina. Une situation qui compliquera encore plus les choses puisque Ghali tombe amoureux de Sofia, que Ali décide d'emmener avec sa fille contre son gré en Arabie Saoudite. Finalement, c'est un retour aux sources, c'est à dire auprès de sa grand-mère au quartier Oulfa de son enfance et adolescence, qui le sauvera.
Le style de Reda Dalil est très soigné, mais par endroits il semble vouloir en faire un peu trop avec un vocabulaire très recherché.