Se loger est devenu un luxe. Des travailleurs et des familles vivent dans des camps de fortune. Des bombes explosent, des gens disparaissent. Sidonie, une journaliste frondeuse, braque les projecteurs sur ces zones d’ombre, jusqu’au jour où elle se retrouve de l’autre côté du miroir, dans un lieu où on héberge ceux qu’on appelle désormais « les inlogés ».
Hors du monde et hors du temps – que reste-t-il ? Il reste le stylo.
Dans une langue féroce et ardente, Catherine Leroux explore les notions de chez-soi et de survie, multiplie les couches narratives et les surprises, jouant avec ses lecteurs autant qu’avec son rôle d’autrice.
Catherine Leroux est née en 1979 non loin de Montréal, où elle vit aujourd’hui avec un chat et quelques humains. Elle a été caissière, téléphoniste, barmaid, commis de bibliothèque. Elle a enseigné, fait la grève, vendu du chocolat, étudié la philosophie et nourri des moutons puis elle est devenue journaliste avant, de publier La marche en forêt. Finaliste au Prix des libraires du Québec, ce roman d’une grande humanité a charmé le public et la critique. Le mur mitoyen est son second roman.
J’avais peur, connaissant la réputation de la plume onirique et descriptive de cette autrice. En même temps j’étais curieuse, parce que la dystopie et moi c’est un hit!
Les premières pages m’ont fait peur. Je sentais l’ultra descriptif, la froideur de l’écriture et la narration très éloignée. Dès que le premier dialogue est arrivé et que l’aspect “épistolaire” a embarqué, ma lecture a été beaucoup plus facile.
J’ai appris à aimer Sidonie. Je ne veux pas trop en dire, mais les dévoilements m’ont fait aimer cette protagoniste. Ça lui a donné de la personnalité, et beaucoup de mystère. Est-ce qu’ils sont résolus? Pas vraiment, mais bon. Ce n’était peut-être pas le but ultime n’ont plus.
J’ai bien aimé la dystopie. Je l’ai trouvé très réaliste. Bien réalisée. J’ai senti la prison telle que je l’ai lu dans certains ouvrages et vu, à la TV (unité 9).
J’ai complètement embarqué dans l’oppression, dans le jeu des pouvoirs et dans la manipulation de l’information.
Au final, j’ai bien aimé.
Y’a des phrases auxquelles je n’ai pas eu le choix de m’arrêter. Les voici :
“Sauf qu’après les pandémies et les désastres, on n’appelait plus ça des dystopies. On appelait ça la réalité. P44
“Son infidélité n’avait pas justifié une rupture à ses yeux, mais ma propre débâcle, oui. C’est le danger des power couple, quand l’un perd son pouvoir, l’autre le renie. C’est le danger de vivre avec un homme : deux poids, deux mesures.” P159
4,5 Un roman intelligent, qui parle certes de la crise du logement mais aussi de la vérité truquée, de la ligne parfois mince entre réalité et fiction. Un roman d'anticipation qui fait peur car ici, les inlogés, ils nous ressemblent. Disons que ça oblige à remettre nos perspectives en question. Réflexion aussi sur le chez soi, réflexion qui m'a pas mal occupée ces deux dernières années. On se rappelle que ma maison a été démolie suite à un glissement de terrain et que j'ai eu 30 minutes pour la vider...
Bref, j'ai adoré. Mais je suis vendue à la plume riche de l'autrice.
Dans ce livre, on suit des gens qui se retrouve sans logis suite à des évictions, des reprises de logement ou tout simplement, suite aux aléas de la vie. Incapable de se trouver un nouvel endroit où vivre, ils deviennent des inlogés et sont prit en charge par le gouvernement. Sidonie, une ancienne journaliste, en fait partie. Elle vit dans une HAPPI (Habitation Atelier pour personnes inlogées.) et elle est prête à tout pour quitter cet endroit..
Mais quelle lecture angoissante !
La crise du logement qui sévit actuellement rend ce roman dystopique encore plus terrifiant !
Les habitant de la HAPPI sont contrôlés, restraints, contraints et sous constante surveillance. Ils vivent dans une prison dissimulée derrière une facade rassurante. Les règles sont truquées et il est impossible d’en sortir !
« Il faut prouver qu’on a un bail valide pour pouvoir circuler dans les rues. »
Cette phrase là me hante depuis que je l’ai lu !
Effrayant, brillant.. c’est les mots qui me viennent en tête quand je pense à Peuple de verre.
C’était le premier roman que je lisais de cette autrice et ce ne sera certainement pas le dernier !!
Bon. J'aurais aimé faire partie de la majorité ici, mais ce ne fût pas le cas. Pourtant, le thème du logement, l'actualité en lien avec ce sujet présentement me touche. Je vis en appartement et savoir qu'un propriétaire malhonnête pourrait tenter de m'évincer (et ptêtre ben réussir), ça vient me chercher. Je ne suis pas tant matérialiste, je ne cherche pas à habiter dans une grosse baraque, mais savoir qu'il y a une pièce quelque part qui m'appartient et qui garde mes choses, un lieu que je peux appeler mon chez-soi, c'est très important pour moi.
Je vais être entièrement honnête, la plume n'est pas venue me chercher. J'ai de la difficulté avec les auteures qui mettent beaucoup trop de fioritures dans leur écriture, qui tentent de tourner leurs phrases d'une manière savante sans que cela fasse sens dans l'histoire. Les nombreuses analepses m'ont perdu et il m'a fallu du temps avant de comprendre que l'histoire se découpait entre l'avant (lorsque Sidonie avait un toit sur la tête) et le après (lorsque Sidonie était rendu une inlogée), le tout séparé par un dialogue entre Sidonie et une personne (je n'ai pas encore saisi totalement elle parle à qui dans chacun de ces dialogues). Sidonie m'a aussi fait ni chaud ni froid. La narration mettait une barrière entre moi et l'histoire, je la trouvais froide, antipathique, menteuse. Rien qui ne me donnait envie de la comprendre.
Bref, je crois que ce genre de roman contemporain, malgré son petit côté dystopique, ne vient pas me chercher. Malgré mes nombreux efforts à essayer de me plonger dans ce type de roman, j'en ressors toujours confuse ou juste indifférente. Je ne suis donc probablement pas le public cible pour ce genre d'histoire. Pourtant, les thèmes sont très actuels et ils ont quand même réussi à me faire réfléchir sur la notion de chez soi et de propriété. À vous de voir.
J'ai lu ce roman dans le cadre d'un club de lecture. Je crois très honnêtement qu'il ne serait autrement pas entré dans ma bibliothèque. Mea culpa, je néglige un peu trop la fiction québécoise contemporaine ces derniers temps et l'anticipation n'est pas un genre qui me titille habituellement. C'est pour ça que j'aime les clubs de lecture, ils mettent entre mes mains des pépites qui m'auraient autrement échappé, thanks to mes rigidités (et mon snobisme occasionnel).
C'est du lourd, du solide. La trame est à glacer le sang, seulement parce qu'elle nous apparait si proche de la réalité qui s'installe sournoisement depuis quelques années: un monde où l'accès au logement ne tient qu'à un fil (ou une poignée de privilèges). J'ai aimé le personnage principal, sa part d'abjection, de détestabilité qu'on voit si rarement chez les personnages féminins. Toutes les autres figures féminines sont intéressantes. L'ambiance glauque, suffocante des HAPPI, les centres de détention pour les personnes ''inlogées'' (quel néologisme glacial et habile), donne froid jusqu'aux os. Bref, j'ai tout aimé, le fond et la forme, même les petites pointes de réalisme magique (wow!).
À lire, un tour de force, un ouvrage qui se démarque remarquablement de ce que la fiction québécoise contemporaine a su nous offrir récemment.
Quel roman fâchant et anxiogène ! Le futur dystopique dépeint dans ce roman me semble tellement près et crédible que ça en est stressant. Et la plume de Catherine Leroux est sublime. Ce roman m'a définitivement donné l'envie de lire ses autres livres.
Je me demande encore si cette lecture était pour moi. Je l’ai terminé mais je sais pas pourquoi . Tout cela me rend , confuse , limite inconfortable.
Sidonie une « journaliste » dans les milieu des inlogés qu’on fini par douter absolument de tout. Elle se rend dans ses genre de prison, mener son enquête de vérité et de mensonge.
L’écriture est tellement bizarre que ça m’a pris beaucoup de temps pour le lire , parfois même je devais déposer le roman pour assimiler ce que je venais de lire.
Je pense que je recommande mais j’ai des doutes , comme le roman rempli de doute 🧐🧐🧐
J’ai vraiment apprécié cette dystopie pas si loin de la réalité aux airs de la COVID-19 et le sujet abordé. J’ai aimé qu’à un certain point tu remets en question le récit de la narratrice et te demandes ce qui est vrai. Comme d’autres, j’ai pas trop compris la valeur et l’emplacement des « notes 2016-2023 ».
Le sujet du livre est absolument pertinent et la dérive autoritaire associée à la crise du logement paraît tristement vraissemblable. J'aime aussi beaucoup le style d'écriture de Catherine Leroux, ça se lit super bien, c'est drôle et c'est même dur d'interrompre la lecture.
Mon bémol principal vient du fait que je n'ai pas trouvé la protagoniste attachante. Malgré sa situation difficile l'ayant menée à être inlogée, j'avais peu d'empathie pour elle. Aussi, c'est une préférence personnelle, mais ça m'agace lorsque certaines parties d'intrigues ne sont pas résolues (comme le sort des enfants).
QUESTION GÉNÉRALE CONCERNANT LES REPRÉSENTATIONS LESBIENNES/QUEER DANS LA FICTION: Pourquoi est-ce que, plus souvent qu'autrement, lorsque l'on met en scène un couple de femmes, il faut que l'une des deux trompe sa compagne, généralement avec un homme? Ça devient irritant, tellement c'est un narratif qui revient constamment.
Sidonie est une journaliste frondeuse qui enquête sur des disparitions qui ont lieu dans des campements de sans-abri. Elle ne sait pas qu'un jour ce sera elle qui ira rejoindre le rangs des inlogés dans un établissement qui ressemble à une prison.
Quelle lecture dérangeante que ce roman d'anticipation que nous présente Catherine Leroux! L'autrice réussit à ce qu'on se sente aussi angoissé que ces inlogés qui sont contrôlés et sous surveillance. Elle maîtrise aussi l'art de nous faire douter entre ce qui est vrai ou faux, on se questionne beaucoup en lisant cette histoire qui n'est pas si loin de la réalité.
La fin du roman m'a laissé perplexe, je n'ai pas tout compris, mais ça demeure un roman à découvrir!
Un roman intelligent, beau, engagé dans l’humanité nécessaire pour transformer le monde. Je me réserve un commentaire plus long ailleurs, parce que ce très très beau livre de Catherine Leroux m’a beaucoup fait réfléchir. ♥️
Belle charge pour le droit au logement et intéressante réflexion sur le flou entre vérité et mensonge, qui se répercute jusque dans la forme narrative - même si, à cause de ça, l'ensemble finit en queue de poisson. Le tout est très froid bien qu'on sente la colère sourdre à chaque page.
(Par contre c'est assez glaçant de lire ça au moment où le pays voisin organise littéralement des rafles de personnes vulnérables.)
4,5 ⭐ Puisque j’aime les dystopies, ce roman m’a captivé! Il est si proche de la réalité, il explore avec justesse la crise du logement et les sans-abris. J’ai trouvé l’ambiance des centres de détention glaçante. Le personnage principal est fascinante dans sa complexité, à la fois attachante et irritante. J’ai été mal à l’aise à plusieurs moment tant le récit fait écho à notre quotidien. Une lecture troublante, mais divertissante.
3.5 ⭐️ Le sujet des inlogé.es, de la crise du logement, des campements et des… centres pour inlogé.es est d’actualité, tellement que ça en fait peur. J’ai toutefois trouvé difficile de rester captivée à tout moment. Autant parfois je ne pouvais pas lâcher mon livre, autant j’ai trouvé qu’il y avait des longueurs, j’ai eu de la difficulté à rester investie de façon constante tout au long de ma lecture. Comme plusieurs, j’ai aussi peu d’intérêt envers les personnages. Une bonne lecture, mais inconstante.
4.5 ✨ | j'ai (full full!) aimé ça lire une dystopie québécoise! ce roman s'inscrit comme une critique des inégalités sociales et la triste réalité de la crise du logement.
Une semaine plus tard, j’y pense encore. Ce roman va me hanter pour longtemps. Cette dystopie ancrée dans le présent est terrifiante, on y retrouve les mêmes discours tenus par certaines classes politiques, les mêmes dangers de l’effritement du filet social et du capitalisme sauvage : la crise du logement décortiquée dans toute sa violence. Lisez-le!!!
Tout le monde semble crier au génie. Pour ma part, j'ai trouvé le tout assez ennuyeux! Une plume sans grands éclats non plus. Du surévalués comme on aime tant en faire au Québec!
Avec Peuple de verre, Catherine Leroux propose un roman résolument ancré dans l’actualité, qui s’attaque de front à la crise du logement et à ses répercussions sociales. Dans un futur à peine décalé du nôtre, la pénurie est telle qu’une partie importante de la population n’a tout simplement plus d’endroit où habiter. Ces personnes, appelées les « inlogés », se regroupent dans des camps improvisés qui dérangent autant le gouvernement qu’une frange plus privilégiée de la population, soucieuse de préserver une image lisse, propre et maîtrisée de la société.
L’intrigue s’amorce avec la disparition inquiétante de plusieurs inlogés. Sidonie, journaliste d’enquête au verbe acéré et au sarcasme bien affûté, décide de s’intéresser à ces disparitions que les autorités semblent vouloir passer sous silence. À travers son enquête, Leroux expose avec force la fracture entre les inlogés et ceux qui possèdent un toit, un emploi stable et une place reconnue dans l’ordre social. Cette dichotomie constitue le cœur politique du roman. Le gouvernement, obsédé par le maintien d’une façade de contrôle, instaure des mesures qui visent davantage à faire disparaître le problème qu’à y répondre réellement. L’autrice explore ainsi la manipulation de l’image publique, la violence institutionnelle et la manière dont certains corps deviennent invisibles dès lors qu’ils nuisent au récit officiel.
La forme du roman mérite également d’être soulignée. Peuple de verre se déploie en plusieurs segments — cahiers, passages se déroulant dans HAPPI, dialogues avec Régine — qui alimentent une réflexion stimulante sur le pouvoir de l’écriture. Une question traverse le texte de part en part : que signifie le fait de créer la réalité en l’écrivant ? Ici, l’écriture devient à la fois un acte de résistance, de mémoire et de transformation du réel.
Sidonie est sans contredit l’un des points forts du roman. Son ton frondeur, son langage cru et son regard lucide en font un personnage attachant, profondément humain. Elle porte une voix qui refuse le silence et l’indifférence, faisant écho au parcours de Catherine Leroux elle-même, qui a connu la précarité. Cette expérience se ressent dans la justesse avec laquelle l’autrice aborde l’errance, la fragilité et le besoin fondamental d’un lieu où se poser en sécurité.
Cela dit, malgré toutes ces qualités, Peuple de verre ne m’a pas entièrement transportée. Le propos est pertinent, le projet est ambitieux et indéniablement louable, mais la lecture m’a laissée à distance. J’en reconnais l’importance et la force intellectuelle, sans toutefois avoir ressenti l’élan ou l’émotion qui m’aurait fait basculer du côté du coup de cœur.
Un roman nécessaire, intelligent et engagé, qui saura sans doute marquer plusieurs lecteurs — même si, pour ma part, il est resté à la porte de l’enthousiasme.
« Être sans logis signifie ne plus avoir de mur, de voile sur soi, sur ses laideurs, ses abandons ou ses désirs, sur toutes les choses que l'on voudrait chuchotées, enfouies; cela signifie être nu. Ici ou dans la rue, on est tué par sa propre transparence, par le regard perpétuel des autres, l'incapacité de parer à cette exposition totale. »
Après ma lecture de The Handmaid’s tale, c’était une drôle de lecture pour enchaîner. La lourdeur du premier tiers du livre m’a pesé et un peu découragée, malgré la somptuosité de l’écriture. La personnage principale m’agaçait aussi avec son snobisme…
Pourtant, tout a fini par prendre son sens au courant de la lecture poignante, touchante, bouleversante.
Une dystopie dont le déclencheur est la crise du logement. En 2 temps on suit Sidonie, journaliste. Dans le présent, elle semble prisonnière d'un immeuble pour inlogés. Dans le passé, on suit sa carrière à couvrir la crise. Comment est-elle arrivé là? Que se passe-t-il dans cet immeuble?
J'ai adoré! Faut par contre dire que le sujet est un brin terrifiant... ce qui se passe dans le livre est plausible et c'est une force de ce livre, on y croit réellement. On croit au setting, mais au fur et à mesure de notre lecture, on se rend compte que notre narratrice n'est peut-être pas tout a fait fiable... j'aime beaucoup quand ça arrive!
L'écriture maintenant. J'ai beaucoup aimé. J'aime ce style, recherché et fluide sans être compliqué.
La seule chose qui me garde de mettre 5⭐️ c'est l'avant-dernier chapitre de notes. J'étais sur une lancée, la fin était excellente et là PAF avant la conclusion on a ce chapitre qui clash. C'est tu dans l'histoire? C'est tu des notes de l'autrice? C'est tu moi qui est stupide et qui comprend pas le lien? I dont know!? En plus yer vraiment long. J'ai détesté.
Ces quelques pages ont descendu à 4.5⭐️ mais c'est tout de même un coup de coeur pour le reste. Je le recommande fortement!
Excellente dystopie qui semble un peu trop réaliste malheureusement à la lumière de la crise du logement actuelle. La narratrice joue avec la vérité comme avec un élastique et ça se transpose dans tous les aspects du récit : son passé, son présent, les interactions avec les autres; après coup, je me rends compte à quel point c'était bien imbriqué dans l'histoire. J'ai adoré la superbe plume de l'autrice, j'ai été happée par ce roman.
Glacante dystopie. Éclairage de ce vers quoi on s'en va dans nos sociétés qui tassent de plus en plus les marginalisé.e.s dans nos villes qui semblent faites pour les riches, belle plume, j'ai vraiment aimé.