Après un orage, Irene et Mia découvrent par hasard L’Étoile de la Montagne. Tout a pourtant un goût sinistre de déjà-vu : la pile de serviettes posée négligemment dans l’herbe, le parterre de fleurs, la baie vitrée. Est-ce ici que commence le rêve ?
Avec une langue d’une impitoyable exactitude, qui reproduit le chaos de l’expérience humaine, Judy Quinn nous conduit tout naturellement dans la zone habitée de l’inhabitable.
D'abord, sa structure n'est en rien conventionnelle. Quinn y raconte à rebours les événements qui forment le périple d'Irene et de sa fille Mia, deux migrantes en quête de mieux. On se retrouve ainsi à lire la 3e partie en premier, et à terminer avec ce qui aurait pu faire office de prologue. La confusion initiale qui en découle reflète celle vécue par ces deux migrantes qui fuient leur pays fracturé.
Qui plus est, Quinn propose une narration qui n'offre aucun repère clair. Pas de ville ni de pays ou de date. Les personnes qui aiment les œuvres à la forme traditionnelle où tout est bien balisé risquent d'être déstabilisées.
Il faut certes faire un certain effort de lecture, mais cela en vaut la peine! L'étoile sur la montagne est une expérience littéraire qui vaut la peine d'être vécue. L'idée ici est de nous plonger dans l'état d'esprit des personnages. Leur désespoir, la violence qui les suit et le manque d'empathie des mains qui refusent de se tendre blessent encore plus.
Judy Quinn décrit avec précision l'horreur du monde dans tout son chaos. Vous perdrez pied à la lecture de ce livre, c'est certain. Et cela sera parfois inconfortable, oui.