Cherchons-nous à élever nos enfants selon les standards de l’agriculture moderne, qui produit des fruits identiques et parfaitement calibrés ? C’est la question que soulève la pédopsychiatre Céline Lamy devant l’épidémie de diagnostics de trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (tdah) qu’elle observe autour d’elle.
Forte de ses 15 années de pratique tant au Québec qu’en Europe, la docteure Lamy livre ici un plaidoyer contre le surdiagnostic des troubles psychiatriques et la surmédicalisation chez les enfants. Elle fait part de son indignation face à une enfance écrasée par le discours pathologisant et propose de revenir à une approche bienveillante et respectueuse envers nos petites pousses vivantes et singulières.L’enfance n’est pas une maladie, nous rappelle-t-elle.
J'en aurais pris plus, mais tout est important là-dedans et une réflexion collective à ce sujet s'impose tellement. Nous devons trouver des solutions et changer les façons de faire.
Rappelons-nous que nous avons été enfants et que les enfants sont ce qu'ils sont : des enfants. 💗
Très rapide, un bref survol d'un sujet si important! Écrit avec empathie. Constats parfois tristes, entre autre les surdiagnostic et le besoin de placer tous les enfants dans le même moule. On y parle de revoir notre rapport au temps, notre besoin de norme, notre besoin d'être parfait, comme parent et comme enfant. Bref, je recommande!
« Définir l'individu (l'enfant) comme problématique, c'est permettre encore une fois aux systèmes déshumanisants d'échapper à leurs responsabilités et aux réformes qui s'imposent. »
« L'enfant ainsi objectivisé risque malheureusement le même sort que la nature, assujettie par l'humain. »
« Désobéir pour remettre en question, repenser, réinventer, et pour sortir des idées préconçues et des normes destructives. »
« Tous incapables de s'adapter au système? Ou serait-ce le contraire? »
« Avais-je choisi cette magnifique spécialité pour étiqueter des enfants en masse, leur prescrire des pilules qui les tranquillisent et les aident à supporter un système malade? Ma mission était-elle de créer des enfants compétitifs et performants à l'école, de futurs adultes productifs, potentiellement rentables, hypertechniques—et souriants, s'il vous plait? »
« L'ontosystème (l'ensemble des caractéristiques, des compétences et des déficits innés ou acquis d'un individu), le microsystème (la famille nucléaire et élargie, les ami•e-s, l'école) en passant par le macrosystème (la société avec ses croyances et ses valeurs, les idéologies, les références culturelles qui érigent les règles pour l'enfant). L'enfant ne peut se soustraire à aucun de ces systèmes. Comme une graine en germination qui réagit en fonction de son terreau, du soleil, de l'arrosage et de l'amour du jardinier, l'enfant répond à son environnement. »
« L'enfant devient done non pas un organisme génétiquement modifié, mais un organisme socialement homogénéisé. »
« Quel est l'intérêt de l'enfant, par exemple, dont les symptômes sont en lien avec une famille en souffrance, mais à qui on prescrit un antidépresseur pour qu'il puisse supporter l'insupportable? Nous nous targuons d'avoir enfin donné la parole à l'enfant. Mais à quoi sert cette parole si elle n'est pas entendue, écoutée et prise en compte? N'est-ce pas nier ses droits? N'est-ce pas le ramener au statut d'objet? »
« Chassez l'émotion par la porte, elle essaiera de revenir par la fenêtre, et ce, à coups de pied. Elle reviendra décuplée en force, en intensité, en rage d'être considérée. Réprimée et bâillonnée, l'émotion fera appel à tout le corps pour être enfin entendue, entrainant la somatisation, des symptômes physiques de plus en plus intenses qui surviennent lorsque le corps s'exprime. »
« L'expert en éducation Sir Ken Robinson a affirmé que l'école était responsable de tuer la créativité des enfants en incitant à la conformité, à la complaisance et à l'homogénéisation d'un système linéaire et standardisé. »
« Ce dont le bébé a le plus besoin, c'est d'un autre disponible, non pas pour le divertir, mais juste pour être là. Il a besoin de cette reconnaissance par l'autre, de cette mise au monde par le regard et la présence, qui, après l'avoir porté à la vie, va le hisser, par le lien, vers l'humanité. »
« L'enfant, lui, est dans le moment présent. Parents et enfants sont donc dans deux dimensions temporelles différentes et ne se rencontrent que très rarement. Finalement, le parent ne connait pas son enfant, ne l'observe pas et ne le voit pas, le laissant seul dans sa temporalité. »
« On a le sentiment que cet enfant, on ne le comprend pas, qu'il vient nous chercher, nous provoquer. Mais il faut au contraire le voir comme un cadeau, un miroir, un révélateur. Remercions-le, plutôt que de le bâillonner. Remercions-le pour tout ce qu'il nous pousse à réaliser sur nous-mêmes. Remercions-le de nous aider à grandir. »
« […] Hartmut Rosa propose la résonance, un principe qui consiste à nous laisser prendre et toucher, au sens affectif et émotionnel, par ce qui nous entoure. Il faut sortir du désir constant de posséder et de la déception de ne pas avoir assez; réapprendre à se laisser émouvoir par un paysage; être pleinement disponible à ce qui est, ne serait-ce que quelques secondes. »
« En ce qui a trait à la biodiversité à l'école, je ne crois pas en la pertinence de classes spécialisées qui rassemblent les enfants d'un même type. […] Il s'agit de se rencontrer, pas d'être parkées dans des groupes hermétiques qui augmentent le sentiment de différence et d'anormalité. »
« La permaculture a beaucoup à nous apprendre en matière de liens, d'interdépendance et de respect du rythme. »
« […] créons des ponts entre les enseignante•s et les professionnel-le•s de la santé de l'enfant pour générer des rencontres et sensibiliser le corps professoral aux questions neuropsychologiques et neuroscientifiques, entre autres choses. […] pour donner un portrait de l'enfant autre que diagnostique, et pour aider les médecins à avoir une vision systémique, globale et intégrative de leurs patient-e•s. »
« […] permettre aux enseignante-s d'avoir un coffre à outils varié, leur permettant de développer une classe plus dynamique, dans une pédagogie participative, horizontale. »
« Sortir du culte de la performance, c'est valoriser l'échec comme une expérience, un apprentissage. Sortir de la culture de la note, tant à l’école que sur les réseaux sociaux (avec le nombre de likes), c'est résister aux comparaisons et à la hiérarchisation. »
« Parce que si la compassion semble être inhérente à notre métier, le nombre de cas d'épuisement professionnel dans notre profession témoigne d'un manque d'empathie envers nous-même. »
« Par-dessus tout, c'est dans l'entraide et la coopération, dans la création d'un jardin communautaire de l'enfance, que nous avancerons dans l'intérêt fondamental de nos petit•e•s. Ainsi, nous passerons peut-être d'un sol dopé à l'engrais, voire épuisé, à un autre qui permettra le jaillissement du potentiel des enfants. Un terreau fertile qui leur permettra de déployer leurs ressources et leur résilience, et d'offrir leur singularité au monde. »
La crise de la médicalisation et celle de la santé mentale m’ont amené vers cette lecture. L’autrice nous explique comment, socialement, nous médicalisons nos enfants pour en faire des « enfants parfaits ». Excellente lecture
Même si je considère l'ensemble très très court et le propos quand même consensuel (c'est probablement dû à ma chambre d'écho), c'est bien formulé et ça se lit bien.
Une bonne critique des diagnostics trop rapides (selon elle, dû à la biomédicalisation du DSM) et de la surmédicalisation qui en résulte. Elle prône une approche plus personnalisée qui inclut plus de facteurs dont la situation familiale.
À mon avis, c'est surtout la situation économique qui nous force à prendre des situations suboptimales pour économiser des coûts en traitant plus d'élèves/patients plus rapidement. Elle en parle un peu, mais j'aurais apprécié plus de critique là-dessus.
Elle parle par contre assez bien du milieu scolaire qui veut un format assez rigide et qui s'accommode mal des élèves qui n'entrent pas tout à fait dans les cases, élément de plus qui amène des diagnostics un peu rapides qui ne prennent pas en compte l'élève dans ses particularités.
J'aurais peut-être apprécié un peu plus de détails sur sa vision de la "permaculture de l'enfance" à la fin.
tellement mais TELLEMENT un sujet pertinent, soit la surmédicalisation et le surdiagnostic du tdah (et autres) chez les jeunes enfants, qui n’est rapporté qu’en surface et tout en douceur, mais qui nécessite tellement beaucoup qu’un effort collectif se fasse afin de laisser le temps aux enfants d’être des enfants « Définir l’individu (l’enfant) comme problématique, c’est permettre encore une fois aux systèmes déshumanisants d’échapper à leurs responsabilités et aux réformes qui s’imposent. »
Comme plusieurs autres ouvrages d'atelier 10, j'en aurais pris plus. Cet essai est bref, percutant; c'est son but et on ne peut pas le critiquer pour sa brièveté. C'est une lecture qui est autant confrontante qu'apaisante. On la termine et on se dit "Bon, on fait quoi avec ça?". Ça nous pousse à agir et à refuser le productivisme de l'enfance. Je recommande.
Des belles réflexions sur l'enfance qui peuvent parfois être confrontantes, mais qui sont toujours justes.
Elle nous rappelle que nous avons beaucoup à apprendre des enfants et que la plus belle intervention que nous pouvons mettre en place est d'être là, tout simplement.
Une invitation à la "désobéissance créative " afin de penser autrement l'enfance.
Oh mais quel bel essai !!! Céline Lamy ne fait que survoler les problèmes de surdiagnostic et de surmédicalisation chez les enfants dans ce livre, mais je pense que c’est justement ce qui en fait sa force. Ça le rend accessible à tous, et les arguments sont formulés de façon claire, concise et bienveillante. C’est vraiment venu mettre en mots plusieurs réflexions que j’ai sur la pédopsychiatrie.
WOW, j'en aurais pris plus de cet essai ! Une lecture primordiale pour tous les acteurs en éducation ✨️ C'est essentiel, ça nous ouvre les yeux sur tellement d'aspects ! Je suggère cette lecture aussi aux parents !
Cet essai est tout à fait magnifique… réflexion d’actualité, qui, je l’espère, nous inspirera tous et toutes à faire les petits changements qui s’imposent pour le bien-être de nos enfants.
Comme étudiante en éducation, ce livre ouvre les yeux sur un sujet si important, mais malheureusement rarement abordé lors de la formation. Il m’a conscientisé sur des enjeux qui m’étaient inconnus et propose des pistes de solutions et terminant sur une note plus positive. Je suis extrêmement contente d’avoir lu ce livre!
Voici ce que dit la quatrième de couverture : "Cherchons-nous à élever nos enfants selon les standards de l’agriculture moderne, qui produit des fruits identiques et parfaitement calibrés? C’est la question que soulève la pédopsychiatre Céline Lamy devant l’épidémie de diagnostics de trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) qu’elle observe autour d’elle."
Voici ce que moi j'en ai pensé : Ce n'est pas nécessaire d'avoir des enfants pour apprécier cet essai ou pour se sentir concerné.e.s. On a toustes été des enfants un jour mais aussi parce que ce que la pédopsychiatre questionne dans cet ouvrage, c'est un problème de société.
J’ai beaucoup apprécié cet essai. J’y ai retrouvé plusieurs réflexions que j’ai moi même depuis quelques années puisque j’ai travaillé un peu dans le milieu scolaire mais aussi depuis que j’ai des enfants. Je crois aussi que certaines décisions familiales que nous avons prises font échos avec ce qui est écrit dans l’essai et c’est toujours un peu plaisant et rassurant même de se rappeler que ces décisions étaient et sont importantes pour nous. Tout ça est un peu brouillon alors je sais pas pourquoi je l’écris 🙃 mais je pense que finalement même si certains problèmes sont grands, des petites actions peuvent être prises et nous donner de l’espoir !
3.5⭐️ - Lecture plus scientifique et éducative; - C'était une lecture intéressante qui m'a montré un tout autre point de vue. Entre autre, l'auteure parle de la surmédicalisation et des diagnostics (plus particulièrement pour le TDAH et le trouble bipolaire) souvent trop rapides des enfants. Elle mentionne que pour rendre les parents et l'entourage (+ le monde scolaire) plus sécurisés quant à l'avenir et aux comportements que devraient avoir l'enfant selon les normes sociétales, on oublie souvent de laisser l'enfant être un enfant. Elle n'aime pas non plus l'idée des classes spécialisées, car, selon elle, c'est dans la différence qu'on s'épanouit. Ce sont les éléments qui m'ont le plus marquée; - Elle aborde aussi le côté plus familial qui pourrait davantage interpeller les parents; - Je n'adhère pas à toutes ces idées, mais cela porte à réfléchir (tant sur mon comportement que sur mes pratiques en tant qu'orthopédagogue puisque je côtoie quotidiennement des enfants); - Bref, intéressant afin de se questionner!
Encore un essai qui tombe à point dans ma vie de jeune maman et qui remet mon nouveau rôle en perspective. Oeuvre qui dresse un triste portrait de l'enfance au Québec. On y trouve un bon mélange d'informations efficaces qui donnent le goût de s'informer davantage sur certains enjeux assez alarmants (surdiagnostique, manque de ressources en pédopsychiatrie) qui sont abordés en surface accompagnées d'anecdotes issues de la pratique de l'autrice qui punchent et apportent un aspect plus émotionnel, plus authentique à cette petite plaquette pour nous inciter à changer nos façons de percevoir l'enfance et "ses problématiques".
Ce livre m'a rappelé une conversation avec une amie qui est dans le même domaine (pédopsychiatrie). Comme c'est un livre assez récent, ça aurait été intéressant d'intégrer plus de sources provenant du milieu de l'enseignement, qui étaient justement en revendications au sujet de la composition de la classe et de la charge de travail au moment de l'édition. Comme toujours avec les documents d'Atelier 10, ça commence la réflexion mais ça la termine pas. Je recommande aux parents qui pensent que leurs enfants sont TDAH