L’envers des forêts – Ariane Gélinas
Ariane Gélinas est fascinée par la nature. Son œuvre est surtout classée en fantastique, mais pour L’Envers des forêts, j’opterais plutôt pour le futurisme. Pour avoir lu d’autres parcelles de son œuvre, je la qualifierais d’auteure naturaliste car ses personnages évoluent le plus souvent grâce au pouvoir des forces mystérieuses de la nature.
C’est le cas des trois personnages principaux de L’Envers des forêts, Maurane, Einar et Tiéra, en pèlerinage dans le grand nord canadien du XXe siècle devenu trop chaud pour y être toujours confortable. Tiéra, qui souffre de thermophobie, est donc dépendante de sa veste climatisée. Einar, atteint de la phobie du noir, doit s’isoler dans un abri spécial lorsque le soleil disparaît. C’est à travers le personnage de Maurane que la nature s’exprimera d’une manière absolue et sans merci, qui dérange tant sa cruauté se révèle à la fois horrible et d’une beauté à couper le souffle.
L’Envers des forêts est un roman difficile d’accès parce que son univers est singulier et aride. La première partie, narrée du point de vue de Maurane, est aussi empreinte d’une certaine lourdeur dans l’écriture très poétique, très insistante qui agace un peu le flot naturel de la lecture. La seconde partie, où Einar raconte ce qu’il vit avec ses deux compagnes, est écrite plus naturellement et aide à apprécier la profondeur de l’histoire. Enfin, la dernière partie consacrée à Tiéra, la plus vivante et émotive, est celle qui m’a le plus touchée.
J’aime être dépaysée, si le tout en vaut la peine et c’est bien le cas avec L’Envers des forêts. Malgré ma réticence avec le style d’écriture, qui m’empêchait parfois d’apprécier le contenu, riche, dense et fascinant autant que la nature, j’apprécie d’avoir tenu bon car certaines des images proposées par Ariane Gélinas resteront gravées dans mon esprit pour toujours. Et ce n’est pas rien.